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26 juin 2005

Oxfam : Les plus pauvres ont souffert le plus du tsunami

Les personnes les plus démunies ont souffert le plus des conséquences du tsunami et doivent être aidées davantage durant la phase de reconstruction affirme un rapport publié aujourd’hui par Oxfam.

Le rapport, Cibler les pauvres, qui sort la veille des 6 mois après le tsunami montre que son impact sur les pauvres a été composé de 3 facteurs :

- Les communautés pauvres étaient plus vulnérables : leurs fragiles habitations ont été emportées tandis que les maisons de brique des gens plus riches ont résisté davantage à la force ; des villages situés dans des secteurs éloignés ont également dû attendre plus longtemps pour recevoir l’aide et n’avaient aucun docteur dans le voisinage.

- Par un coïncidence géographique,le tsunami a touché certaines personnes parmi les plus pauvres dans chacun des trois pays les plus affectés.

- Bien que l’effort de reconstruction dans de nombreux cas aide efficacement les pauvres gens, dans certains cas, il y a eu une tendance à se concentrer sur les propriétaires terriens, des hommes d’affaires et les personnes importantes plutôt que donner la priorité aux communautés pauvres.

Stefaan Declercq, secrétaire général d’Oxfam-Solidarité a déclaré : "le tsunami a frappé les pauvres de manière beaucoup plus forte et les a laissés avec les plus grands problèmes. Cependant la réponse généreuse du public nous a mis dans une position forte pour nous attaquer à ces problèmes. Nous devons utiliser ceci comme une occasion d’aider la population à sortir de la pauvreté et s’assurer qu’elle sera mieux placée pour faire face à des désastres naturels si -et quand- ils se reproduisent."

Oxfam et ses partenaires travaillent pour aider plus d’un million de personnes affectées par le tsunami en Inde, au Sri Lanka et en Indonésie. L’effort d’urgence a été un grand succès, empêchant l’apparition de maladies et apportant aux gens les éléments de base comme des abris et de l’eau. Oxfam se concentre désormais sur les femmes et les groupes marginalisés pour s’assurer que personne n’est laissé en marge de l’effort d’aide et dépensera l’excédent de $250 millions au cours des cinq années à venir.

Par exemple, en Inde Oxfam aide à reconstruire les salines qui fournissent du travail à des milliers de pauvres travailleurs, dont certaines qui sont des communautés Dalit (intouchables). Ceux qui travaillent dans les salines sont extrêmement pauvres et marginalisés. Mais parce que leurs maisons n’ont pas été détruites, on n’a pas accordé à leurs besoins une priorité officielle.

Les données d’une nouvelle enquête montrent que dans un village au Sri Lanka, les villageois qui ont perdu leurs maisons ont souffert d’une chute de revenu moyenne de 94% passant de 64 cents (USA) par personne et par jour à 4 cents par jour. Une partie de ceci est due à l’inaccessibilité des pauvres qui sont souvent isolés et plus difficiles à identifier et à atteindre par les structures existantes dans la société.

Au Sri Lanka une grande part de l’aide gouvernementale a jusqu’ici été consacrée aux entreprises enregistrées et reconnues. Ceci signifie que, par exemple, les propriétaires des moulins de fibre de coco (fibre de noix de coco) ont été dédommagés mais les pauvres ouvriers de fibre de coco qui luttent pour survivre n’ont encore bénéficié de rien jusqu’à présent. En Inde il y a eu une tendance à concentrer l’aide sur les marins-pêcheurs tandis que d’autres ouvriers, comme les agriculteurs, les petits paysans et ouvriers des salières (dont nombreux sont des femmes ou provenant de castes inférieures) ont reçu moins d’aide.

La fourniture de logements pour les pauvres présente également des difficultés. Avant le tsunami, la plupart des personnes les plus marginalisées n’étaient pas propriétaires terriens. Même ceux qui avaient des terres sont aujourd’hui incapables de le prouver puisqu’ils ils ont perdu les documents officiels ou parce que les droits sur la terre appartenaient aux hommes, là où les femmes sont aujourd’hui les chefs de ménages.

Sans titre de propriété, ces familles risquent d’être dépossédées de leur terre, ce qui les marginaliserait encore plus. En Indonésie le tsunami a déplacé jusqu’à 500.000 personnes.

Des familles mieux loties, qui pouvaient avoir un peu d’épargne ou des parents plus “riches” qui ont été capables de les aider ont déjà pu quitter les camps, mais des milliers de pauvres y restent encore.

"Des personnes désespérément pauvres ont été rendues encore plus pauvres par le tsunami. L’effort d’aide doit maintenant augmenter son emphase sur cibler les pauvres, les groupes marginalisés et les femmes afin de s’assurer qu’ils ne soient pas exclus des efforts de reconstruction" a ajouté Stefaan Declercq.

Oxfam recommande que les gouvernements et les agences internationales cherchent proactivement à satisfaire les besoins particuliers des personnes les plus pauvres affectées par le Tsunami. C’est essentiel si ces pays veulent réaliser les Objectifs de Développement du Millénaire internationalement convenus qui visent à réduire de moitié la pauvreté mondiale d’ici 2015.

Même avant le tsunami la région était pauvre :

A Aceh, des années du conflit armé avaient déjà réduit la prospérité. En 2002 la moitié de la population n’avait pas accès à de l’eau potable et presque un tiers vivait dans une pauvreté absolue.

En Inde, les états côtiers méridionaux les plus touchés, le Kerala et le Tamil Nadu, étaient relativement riche mais les habitants des côtes sont parmi les plus pauvres de tout le pays. Dans chacune des trois zones les plus affectées (Nagapattinam, Cuddalore et Kannaykumari) une personne moyenne vit avec moins d’un dollar par jour.

Au Sri Lanka, plus d’un tiers de la population des régionss touchées par le tsunami vit en dessous du seuil de pauvreté, avec une situation rendue particulièrement mauvaise par le conflit qui touche le Nord et l’Est.

En savoir plus

Pour interview : Thibault Hanquet, gestionnaire de projet Tsunami, 02/501 67 72

Téléchargez le rapport "Cibler les pauvres. Reconstruire leurs vies après le tsunami"