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Organisation Mondiale du Commerce

25 juillet 2008

OMC : le développement absent des négociations

Depuis le 21 juillet, des ministres et représentants issus de 35 pays ont relancé le processus des négociations commerciales du Cycle de Doha à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). L’objectif est de parvenir, dans les prochains jours, à un accord général sur le commerce des produits agricoles, des biens industriels et des services.

Cela fait déjà longtemps que les pays en développement dénoncent le caractère inéquitable des règles commerciales internationales et appellent à leur révision. En 2001, le « cycle du développement » de Doha était ainsi lancé, ayant comme ambition de mettre les effets positifs du commerce et de la globalisation au service du développement et des habitants des pays pauvres.

Maintien de règles inéquitables
En dépit de cela, les dernières propositions apparues à l’OMC s’avèrent bien éloignées d’un tel objectif. « Les négociations sont encore et toujours dominées par les seuls intérêts des pays riches » déplore Myriam Gistelinck, d’Oxfam-Solidarité. « Un accord basé sur les propositions actuellement sur la table aggraverait la situation des pays les plus pauvres et mettrait en péril leur potentiel de développement. »

De nouveaux éléments – tels que la crise alimentaire ou énergétique – accentuent la nécessité d’obtenir un accord équitable et équilibré à l’OMC. Poursuivre la libéralisation sans prévoir de mécanismes de flexibilité ôte de fait toute possibilité aux pays pauvres d’utiliser les instruments à leur disposition pour protéger les populations les plus vulnérables. Cela aggravera la pauvreté et renforcera la crise en exposant encore plus les pays pauvres aux chocs à venir.

« Cela fait des décennies que les règles commerciales inéquitables minent le développement économique des pays pauvres » poursuit Gistelinck. « Et les propositions actuelles suivent le même chemin : l’agriculture du Sud devra encore faire face à la concurrence des exportations subsidiées des pays riches, et les conditions d’un développement industriel dans de nombreux pays en développement ne seront pas réunies. L’industrie y restera cantonnée aux secteurs traditionnels comme le textile. Les pays les plus pauvres risquent d’être les grands perdants de ce cycle du développement. C’est tout simplement inacceptable. »

Créer les conditions pour un développent durable
Certains voient dans ce sommet ministériel une « dernière chance » pour le cycle de Doha. Mais en l’état actuel des choses, conclure en accord ne répondra pas au besoin et aux promesses de réformer les règles commerciales dans une perspective de développement. Pour Oxfam, s’empresser de conclure les négociations n’est donc pas des plus recommandés.

Tout accord conclu à l’OMC doit permettre aux pays du Sud de mener les politiques de développement qu’ils estiment les plus appropriées, en fonction de leurs besoins. Ils doivent pouvoir se protéger des flambées et des chutes des prix alimentaires, et garantir le caractère durable de leur développement économique.

C’est pourquoi Oxfam estime que les points suivants doivent absolument se retrouver dans tout accord conclu :
- réformer le système de subsides agricoles ayant des effets de distorsion commerciale, et contribuer à la souveraineté alimentaire en permettant aux pays de mettre en oeuvre des mécanismes de protection adaptés pour leurs paysans ;
- résoudre le conflit latent sur la question du coton ;
- permettre aux pays en développement de conserver les instruments relatifs aux politiques industrielles – et singulièrement l’instrument des tarifs – afin de renforcer leur croissance économique ;
- respecter la possibilité offerte aux membres de l’OMC de déterminer les services qu’ils souhaitent libéraliser ;
- ne pas troquer une amélioration des règles commerciales en agriculture contre un accès accru aux marchés des biens et services des pays en développement.

Les négociateurs ne doivent pas considérer l’accord comme un but en soi : ils doivent surtout viser un résultat favorable au développement durable et à la lutte contre la pauvreté, sur base d’un processus participatif et transparent. Pour Oxfam, mettre la pression pour conclure un accord néfaste pour le développement est une attitude irresponsable.

Pour plus d’informations :

> Oxfam-Solidarité  :
- Myriam Gistelinck, tél. 02 501 67 78 — gsm : 0486 733 278 — myriam.gistelinck(at)oxfamsol.be
- Thierry Kesteloot, 02 501 67 55 — gsm : 0475 543 723 — thierry.kesteloot(at)oxfamsol.be

> Oxfam-Magasins du monde :
- Stéphane Parmentier, tél. 010 43 79 50 — stephane.parmentier(atmdmoxfam.be