social

Paix et sécurité

29 février 2008

Mobilisation pour la Colombie ce 6 mars

Ce jeudi 6 mars, un hommage international sera rendu aux victimes du conflit armé en Colombie. A Bruxelles, le rassemblement se tiendra au square de Meeûs à 13 heures. Membre de la Coordination belge pour la Colombie, Oxfam-Solidarité appelle à la mobilisation.

La Colombie vit l’un des drames humanitaires les plus graves de la planète. Ce pays est, avec le Soudan, celui qui connaît le plus grand nombre de déplacés au monde avec près de quatre millions de personnes déplacées de force à l’intérieur du pays. Ces déplacements forcés sont principalement causés par les groupes paramilitaires, mais résultent aussi des agissements de l’Etat et des groupes de guérilla.

En hommage aux disparus, aux déplacés, aux victimes de massacres, d’exécutions extrajudiciaires et pour toutes les personnes séquestrées, un hommage international sera rendu ce 6 mars un peu partout dans le monde. A Bruxelles, le rassemblement du 6 mars 2008 se tiendra à 13h au square de Meeûs.

Les droits de l’homme bafoués
En Colombie, les paramilitaires soutenus par l’Armée, sont les plus grands responsables des violations des droits de l’homme. Tous les acteurs armés, légaux et illégaux, violent le principe de distinction entre les combattants et les non combattants, au mépris de la vie et de la dignité de la population civile.

Les groupes paramilitaires, qui agissent seuls ou avec les forces armées, ont fait disparaître au moins 15.000 personnes, les ont enterrés dans plus de 3.000 fosses communes ou ont jeté leurs cadavres dans les fleuves. Ils ont assassiné plus de 1.700 indigènes, 2.550 syndicalistes et près de 5.000 membres de l’Union Patriotique. Régulièrement, ils torturent leurs victimes avant de les tuer.

Entre 1982 et 2005, les paramilitaires ont perpétré plus de 3.500 massacres et ont volé plus de six millions d’hectares de terres. Depuis 2002 et leur supposée "démobilisation", ils ont assassiné 600 personnes chaque année. Parallèlement à ces crimes, ils ont réussi à contrôler 35% du Parlement. De nombreux parapolitiques [1] ont des charges publiques ou diplomatiques. Cette situation exige le démantèlement effectif des structures paramilitaires.

On estime que la moitié des personnes séquestrées en Colombie sont aux mains de la guérilla, dont près de 700 seraient détenus par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Celles-ci détiennent également 44 personnes considérées comme "échangeables" parmi lesquelles des militaires et des policiers dont certains détenus depuis plus de 10 ans, ainsi que des otages civils.

Les revendications
Les organisations signataires de l’appel à la mobilisation du 6 mars exigent que le gouvernement colombien et les FARC acceptent sans délai de se rencontrer pour négocier un accord humanitaire. Cet accord doit permettre la libération des otages et l’échange de prisonniers détenus par les deux parties. Nous exigeons de la guérilla des FARC la libération immédiate et inconditionnelle de tous les civils qu’ils détiennent en otage.

Nous exigeons du gouvernement colombien qu’il remplisse son devoir de protection pour toutes les victimes de la violence dans le pays, qu’il reconnaisse l’existence du conflit armé et qu’il respecte le droit international humanitaire et les droits de l’homme.

- Parce que des millions de victimes réclament vérité, justice et réparation,
- Parce que les crimes contre l’humanité, les crimes de guerres (dont la séquestration de civils et les disparitions forcées) sont absolument inacceptables et condamnables,
- Parce que la société colombienne aspire majoritairement à la paix,
- Parce qu’il faut de manière urgente obtenir la libération des otages sans mettre leur vie en danger et parce que les récents événements et l’action diplomatique ouvrent un chemin réaliste pour l’échange humanitaire,

La communauté internationale doit montrer qu’elle entend cet appel et doit contribuer à construire une société véritablement démocratique en Colombie. Une société basée sur la paix, la justice sociale et le respect intégral des Droits Humains et de la dignité humaine.

Organisations signataires
Syndicol
Comités Ingrid Betancourt
Polo Democratico Alternativo (Bélgica)
CIDAL (Coordination contre l’impunité et pour la démocratie en Amérique latine)
Le Monde selon les Femmes
Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH )
Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB)
Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC)
Coordination belge pour la Colombie (CBC) [2]

Plus d’infos :
Katia Nouten, responsable des programmes Colombie et Equateur d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 46 — katia.nouten (at) oxfamsol.be — gsm : 0477 13 67 50

[1] Depuis 2006, de nombreux scandales ont démontrés que des dizaine de politiciens, incluant des parlementaires, des gouverneurs, des militaires ont des liens très étroits avec les groupes paramilitaires.

[2] Membres : CNCD-11 .11 .11 – Koepel van de Vlaamse Noord-Zuidbeweging 11.11.11 – Oxfam-Solidarité – Serpaj Europa – Red Europea de Comites "Oscar Romero" – FIAN Belgium – Fédération Unie de Groupements d’éleveurs et d’agriculteurs locaux (FUGEA) – Opération Monde Nouveau (OMN) – Comité pour le respect des droits humains "Daniel Gillard" - Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) – Commission Internationale pour les Droits des Peuples Indigènes (ICRA).
Observateurs : Amnesty International Belgique francophone – Amnesty International Vlaanderen – OIDHACO – Peace Brigades International.