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Forums sociaux

21 février 2007

Les voix africaines s’élèvent au Forum Social Mondial

"C’est un moment unique pour l’Afrique, déclare Wahu Kaara, l’organisatrice du Forum Social Mondial. Ici, nous abordons les enjeux globaux à travers le prisme africain. Le continent fourmille d’idées. C’est sûr : une autre Afrique est possible !"

C’est avec un grand enthousiasme et une énergie débordante que le Forum Social Mondial (FSM) s’est ouvert ce samedi 20 janvier 2007 à Nairobi, au Kenya. Chantant et manifestant ses espoirs, le cortège des organisations, participants et habitants des bidonvilles s’est rendu vers le Parc Uhuru pour célébrer l’ouverture du Forum. Debouts sur le podium, les organisateurs accueillent les milliers de participants comme de vieux amis, heureux se revoir une fois de plus pour ce grand rendez-vous de l’altermondialisme global.

Tous dans le même bateau
Chaque banderole, chaque affiche raconte une histoire en soi. "Travail digne pour une vie digne", "Nous sommes pauvres et sans abris, mais nous sommes ensemble. Telle est notre force !", "La jeunesse est l’avenir", "Les gens d’abord, pas les brevets", "Davantage de terres pour les femmes !"... "Nous sommes tous dans le même bateau" résument quant à eux les vendeurs de rue, unis derrière la banière de leur association.

Du monde dans le parc de la liberté
Uhuru signifie "liberté" en swahili. Et c’est clairement le sentiment qui se dégage dans le parc qui porte ce nom. Sur les rythmes "One World" de Bob Marley, des milliers de personnes déambulent. Les appels retentissent. "Solidarité avec les Palestiniens qui endurent l’apartheid !", "Bienvenue aux syndicats des quatre coins de la planète !", "Un autre monde est possible !", "Chacun a droit à la justice sociale, à l’enseignement et à la santé !"...

Le FSM, énergie renouvelable
"Bienvenue à Wahu Kaara, la révolutionnaire Africaine !" lance le présentateur. Wahu Kaara est une battante. Et elle a une vision. L’injustice, elle connaît. Et elle croit fermement dans les réponses populaires à y apporter. En ouvrant solennellement cette 7ième édition du Forum Social Mondial, elle transmet à la foule tout le feu et l’énergie qui l’habitent. C’est l’enthousiasme dans le public.

"L’ironie de cet événement, c’est que beaucoup de membres du Forum Social Kenyan viennent de la communauté de sans-abris de Kibera. Ils ne peuvent pas payer les 5 dollars d’accès au forum. "Pas de problème, c’est l’Afrique", soulignent alors quelques participants.

Assez est assez !
Wahu Kaara : "Nous considérerons ce Forum comme une réussite quand il aura réussi à nous donner une autre identité. Nous, Africains, nous sommes des partenaires égaux et nous sommes capables de participer aux décisions. Ce Forum peut corriger l’image que l’on donne souvent de l’Afrique. Nous ne sommes pas condamnés à l’insécurité, à l’impasse. L’Afrique n’est pas un continent "échoué". Grâce au FSM, la voix des Africains et des Africaines peut se faire entendre et exprimer nos propositions d’alternatives au néolibéralisme. Nous en avons assez de l’exclusion, de l’inégalité, de l’oppression et des abus. Nous en avons assez de cette course effrénée pour toujours plus de richesse au profit d’une petite minorité."

"Mes paroles sont celles d’une femme africaine. L’Afrique est là, et elle restera bien présente. Qu’importe ce que décident d’autres (elle fait référence au Forum Economique Mondial de Davos), nous luttons pour un monde où nous pourrons tous vivre ensemble. Nous disons non au remboursement de la dette, non à la guerre chez nous, non à la course au profit à tout prix, non aux politiques économiques qui privatisent l’eau, qui accentuent encore la pauvreté et les inégalités. C’est un non du peuple. Nous, femmes africaines, nous pouvons changer le monde. Nous pouvons donner naissance au monde auquel nous aspirons. Les portes sont ouvertes. Le monde va changer. Ce monde ne sera plus jamais le même !"

Chantal Nijssen, depuis le Forum Social Mondial de Nairobi.

Pour toute interview ou photographies :

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