lait

Lait

21 septembre 2007

Les vaches d’Oxfam en liberté à la journée sans voitures


Après quatre mois de tournée à travers toute la Belgique, la campagne d’Oxfam-Solidarité « Le commerce du lait : un concentré d’injustices » s’achèvera à Bruxelles Champêtre ce dimanche 23 septembre. A cette occasion, les 12 vaches de la campagne d’Oxfam-Solidarité partiront de la pelouse installée sur la Place des Palais pour sillonner les rues de la ville. L’objectif ? Défendre l’agriculture paysanne en Europe et en Afrique.


Un troupeau de vaches dans la ville ?
Croiser des vaches au beau milieu de la ville, voila qui n’est pas commun. C’est pourtant le drôle de spectacle auquel les Bruxellois auront l’occasion d’assister lors de la journée sans voitures !

« L’objectif est d’abord d’informer les Bruxellois des enjeux agricoles actuels en Belgique et en Afrique », précise Deborah Myaux, responsable des Campagnes d’Oxfam-Solidarité. « En quatre mois nous avons récolté près de 20.000 signatures pour notre pétition en faveur de l’agriculture paysanne. Nous espérons ainsi pousser les responsables politiques à agir. Mais la campagne vise aussi à encourager le public à consommer de manière réfléchie. Pour défendre l’agriculture paysanne, le premier acte passe par notre consommation quotidienne. »

Les nombreuses vaches, réalisées par le dessinateur Nix, déambuleront dans les rues de Bruxelles pour récolter des pétitions qu’Oxfam-Solidarité remettra par la suite aux autorités belges afin d’obtenir des changements politiques au niveau belge et européen

Pourquoi cette campagne ?
En 15 ans l’Union européenne a augmenté sa production de lait... avec deux fois moins d’agriculteurs. De fait, toutes les 60 secondes, une ferme disparaît en Europe. Et afin d’augmenter encore la compétitivité de la production laitière en Europe, la Commission envisage de favoriser la production de masse des grosses exploitations industrialisées, ce qui accélérera la disparition des petits producteurs. L’optique est claire : produire plus, au prix le plus bas et aux dépens de l’agriculture familiale du Nord... et du Sud. (voir cet article à ce propos)

Cette politique aura en effet un impact désastreux pour les paysans africains. L’exportation des excédents de lait européen vendus à bas prix (sous forme de lait en poudre) ont empêché le développement de la production locale. Aujourd’hui, à travers des négociations commerciales, l’Union européenne cherche à forcer les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à ouvrir davantage leurs frontières afin d’exporter encore plus facilement ses produits laitiers. Et ce au détriment des producteurs africains...

« Plutôt que d’appuyer le développement de la production laitière en Afrique, la suppression des quotas proposée par la Commission européenne risque au contraire d’aggraver la situation en augmentant la production d’excédents laitiers. Ces excédents viendront directement concurrencer la production africaine », explique Thierry Kesteloot d’Oxfam-Solidarité. « Pour que la production laitière européenne ne déstructure plus les filières laitières dans les pays du Sud, l’Europe doit plutôt s’engager à gérer sa production par les quotas et respecter le droit des pays africains à protéger leurs producteurs laitiers d’importations bon marché. »

Sensibiliser par le théâtre
Pour illustrer le propos de sa campagne et dénoncer le “concentré d’injustices” observé autour de la filière du lait, Oxfam-Solidarité s’est associé à la troupe de théâtre de rue des Passeurs de rêves. Avec le spectacle Leila 2541, les acteurs racontent l’histoire de Leila, une jeune vache victime de la logique économique et contrainte d’aller travailler dans une usine à lait. Entre l’absurde et le réel, les misères et déboires de Leila font rire... jaune. Les visiteurs de Bruxelles Champêtre pourront entrer dans l’univers magique du théâtre forain. A l’intérieur d’une laiterie, ils découvriront – ou redécouvriront – les absurdités d’un système qui ne laisse aucune place à l’être humain ou à la nature... De quoi faire réagir et agir !

Nos revendications ? Au Nord comme au Sud, l’agriculture est une activité vitale. Oxfam-Solidarité demande au gouvernement belge de promouvoir une politique agricole qui :
- assure un revenu digne aux producteurs,
- évite les exportations d’excédents bon marché vers les pays africains
- préserve l’environnement et offre des produits de qualité aux consommateurs
- permettre au pays africains de protéger et soutenir leur agriculture

A travers l’exemple du lait, Oxfam-Solidarité veut défendre l’agriculture paysanne dans le monde.

Plus d’informations et interviews
- Le site de campagne www.oxfamsol.be/lait
- Thierry Kesteloot, chercheur à Oxfam-Solidarité (agriculture et souveraineté alimentaire)
tél. 02 501 67 55 — gsm : 0475 543 723 — e-mail : thierry.kesteloot (at) oxfamsol.be
- Deborah Myaux, responsable des campagnes
tél. : 02 501 67 25 — gsm : 0479 499 146 — e-mail:deborah.myaux (at) oxfamsol.be

Photos
Tineke D’haese
tél : 02 50167 23 – email : tdh@oxfamsol.be