Les prix explosent lors de la vente aux enchères d’Oxfam !
![]() |
Aujourd’hui, tout le monde le sait, le secteur agricole va mal et le consommateur paye ses achats alimentaires au prix fort. La nourriture ne sera-t-elle à l’avenir accessible qu’au plus offrant ? Oxfam-Solidarité a fait le test. |
Pour le lancement de la campagne d’été “Le commerce du lait : un concentré d’injustices !”, Oxfam-Solidarité a organisé, en collaboration avec l’hôtel des ventes Bernaerts, une vente aux enchères exceptionnelle.
“Pour la vente aux enchères d’aujourd’hui - qui est une première pour moi - nous comptons sur votre solidarité" déclare le commissaire-priseur Mon Bernaerts à l’ouverture de la vente. "Nous vendons 4 produits agricoles : une bouteille de lait du Burkina Faso, un bocal d’huile de palme en provenance d’une plantation indonésienne, un sac de riz thaï importé d’Afrique et une ferme belge avec ses 35 vaches. Qui lance les enchères ? (Voyez le résultat des enchères ci-dessous)
Qui aura encore accès à la nourriture demain ?
Partout dans le Sud, des émeutes de la faim ont éclaté ces derniers mois suite à la flambée des prix alimentaires. Si ces émeutes n’ont pas encore gagné l’Europe, les consommateurs y sont eux aussi de plus en plus inquiets face à l’explosion de leur facture alimentaire. Jusqu’où iront les enchères ? La nourriture va-t-elle devenir une marchandise comme une autre ? Entre nourriture et agrocarburants, laisserons-nous choisir le marché ?
"En agriculture", explique Thierry Kesteloot, chercheur au sein d’Oxfam-Solidarité, "le libre-échange n’offre aucune solution pour assurer le droit à l’alimentation. Dans les pays où Oxfam est présente, nous voyons bien l’impact néfaste de la flambée des prix sur les plus pauvres. Ceux-ci consacraient déjà plus de la moitié de leurs revenus en nourriture auparavant. Avec les petits agriculteurs, ils sont les grandes victimes de la crise actuelle”.
L’agriculture paysanne, c’est pour quand ?
Entre-temps, en Europe, les producteurs laitiers ont mené des actions pour dénoncer le faible prix du lait. Ces initiatives ont commencé en Allemagne mais se sont vite répandues dans tous les pays voisins : Autriche, Pays-Bas, Suisse, Belgique... L’annonce faite par la Commission européenne de relever les quotas laitiers (afin d’accroître la production) a fait plonger le prix du lait. Mais les coûts de production, eux, ne cessent de grimper à cause de l’augmentation du prix du carburant et de la nourriture pour bétail.
La Commission annonce même un abandon total des quotas d’ici 2015 afin de produire davantage et à moindre prix dans le futur. Cette politique libérale constitue une menace directe pour la survie des petites exploitations européennes et pour la qualité de l’environnement. En outre, dans le Sud, les producteurs sont effrayés à l’idée de voir les excédents de lait européen se déverser sur les marchés locaux.
Une campagne pour une politique agricole durable
Oxfam-Solidarité se bat en faveur de l’agriculture paysanne. Cette activité vitale assure l’emploi dans les campagnes, protège l’environnement et défend un droit fondamental : le droit à l’alimentation.
Pendant que certains surproduisent de la nourriture, la faim et la sous-alimentation continuent d’affecter des centaines de millions de personnes sur terre. Paradoxalement, les paysans sont les premières victimes de cette injustice. La seule voie permettant aux producteurs du Nord et du Sud de (sur)vivre est que les États investissent dans des politiques agricoles solides, soutenant les productions locales et protégeant les marchés régionaux.
Les pays du Nord et du Sud doivent pouvoir mener des politiques agricoles durables, basées sur le développement de la production et de la consommation locales. Avec la campagne “Le commerce du lait : un concentré d’injustices !”, Oxfam-Solidarité souhaite informer le public sur ces questions et faire pression sur les responsables politiques afin qu’ils réforment les politiques agricoles et commerciales actuellement menées. Cette vente aux enchères exceptionnelle marque le lancement de notre seconde année de campagne.
Quels ont été les résultats des enchères ?
Un certain nombre d’artistes belges (Anne Pierlé, Marie Daulne (Zap Mama), Jan Hautekiet et Sustrastore), ainsi que des consommateurs et spécialistes agricoles présents dans la salle ont enchéri tant qu’ils le pouvaient. Malheureusement, Monsieur Dreezen, Directeur de la firme Specula, a systématiquement fini par remporter les enchères. Il a déboursé 60 euros pour une bouteille de lait du Burkina Faso, 170 euros pour un bocal d’huile de palme indonésien, 160 euros pour un sac de riz thaïlandais importé d’Afrique et 17 millions d’euros pour une ferme avec 35 vaches laitières.
“L’Europe veut que davantage de lait à bas prix soit produit à l’avenir. Je compte bien soutenir cette initiative et, par la même occasion, faire fructifier l’argent que j’ai investi dans le secteur agricole”, a déclaré le directeur Dreezen à la clôture des enchères.
Note à l’attention de la presse et du public : la vente aux enchères organisée par Oxfam-Solidarité était purement symbolique et destinée à lancer la campagne “Le commerce du lait : un concentré d’injustices !”, qui animera les festivals de l’été.
Cette vente aux enchère a été réalisée en partenariat avec FUGEA et VAC.
Plus d’informations sur la campagne “Le commerce du lait : un concentré d’injustices !”
Thierry Kesteloot, chercheur en charge de la souveraineté alimentaire pour Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 55 — gsm : 0475 543 723 — thierry.kesteloot(at)oxfamsol.be
Deborah Myaux, responsable des campagnes
Tél. 02 501 67 25 — deborah.myaux(at)oxfamsol.be
Le magazine Globo du mois de juin 2008
Actualités et analyses sur le sujet
Voir le reportage-télé sur RTL


FR | 




