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Partenariat sud

23 août 2011

Les paysans palestiniens sont à sec

Les changements climatiques et la sécheresse menacent des centaines de milliers de personnes qui vivent de l’agriculture et de l’élevage au Moyen-Orient et dans le Nord et l’Est de l’Afrique. Dans le Territoire palestinien occupé, les pluies irrégulières ne sont qu’une partie du problème.

La politique israélienne exercée sur la Cisjordanie limite fortement l’accès des Palestiniens à l’eau et rend le quotidien des paysans plus difficile encore. En outre, la récente déclaration des autorités israéliennes annonçant qu’elles allaient redoubler le nombre de colonies agricoles illégales en zone C et dans la vallée du Jourdain va avoir pour effet d’augmenter le contrôle des colonies sur les ressources naturelles.

Accès inégal à l’eau
Sur le marché du bétail à Naplouse (Cisjordanie), Mohammed -éleveur et commerçant- explique pourquoi il n’a pas semé d’orge cette saison. « La situation est très difficile cette année. Nous vendons nos chèvres moins cher que la somme que nous avons du investir pour les nourrir. Il n’a pas plu, donc personne n’a planté d’orge. À présent, nous devons acheter de la nourriture pour nous nourrir, mais elle est de plus en plus chère. Et le prix de l’eau augmente également. Cette situation nous oblige à vendre nos animaux à n’importe quel prix. »

S’il avait davantage accès à l’eau, Mohammed pourrait s’en sortir face à la sécheresse. Mais, comme la plupart des autres Palestiniens, il vit dans la zone C en Cisjordanie, une zone totalement sous contrôle israélien. L’accès à l’eau y est très fortement limité pour les Palestiniens. Des régions entières de cette zone sont aujourd’hui inaccessibles à cause des colonies israéliennes illégales et des zones militaires qui les entourent.

Colons israéliens vs. paysans palestiniens
Les colonies agricoles israéliennes fleurissent dans la zone C. Elles sont directement reliées au réseau de distribution d’eau et travaillent souvent avec des systèmes d’irrigation ingénieux. Le détournement de l’eau des villages palestiniens vers les colonies israéliennes a facilité le développement de cultures intensives en eau. Dans la vallée du Jourdain -en grande partie située dans la zone C-, on retrouve des plantations de bananes, de dattes et de concombres essentiellement destinées à l’exportation. Les Palestiniens ne peuvent pas construire d’infrastructures (réservoirs, puits ou encore réseau de distribution d’eau) sans autorisation israélienne préalable. Une autorisation très difficile à obtenir. Toute infrastructure installée sans autorisation est immédiatement détruite par l’armée israélienne.

Que fait Oxfam ?
Oxfam a rencontré divers membres de communautés d’éleveurs de cette région. Selon ces derniers, les limitations israéliennes relatives à l’accès à l’eau ont un impact négatif majeur sur leur vie quotidienne. Les éleveurs n’ont pas accès à l’eau et sont contraints d’acheter de l’eau en réservoirs qui coute 3 à 5 fois plus cher que l’eau des canalisations. Ils ne sont pas uniquement vulnérables au prix volatile de l’eau, mais aussi à celui du carburant, nécessaire pour transporter l’eau. De plus, la qualité de l’eau en réservoirs est bien plus médiocre, rendant alors les communautés plus vulnérables face aux maladies.

Oxfam fournit de l’aide d’urgence aux paysans et aux éleveurs qui souffrent de ce manque d’eau dans la zone C (fourrage et graines). Cette aide est cruciale pour la survie des communautés concernées, mais n’est en soi pas durable. Afin de les aider à plus long terme, la communauté internationale doit avant tout inciter Israël à rendre l’eau suffisamment accessible aux Palestiniens et à leur octroyer le contrôle de leurs propres infrastructures de distribution d’eau.


En savoir plus ?
- Retrouvez ici le rapport complet d’Oxfam ‘Hung Out to Dry (en anglais).
- Contactez Mehdi Maréchal, Gestionnaire de programme Moyen-Orient pour Oxfam-Solidarité, mehdi.marechal(at)oxfamsol.be - 02 501 67 81


Zone C : Faits & Chiffres
- La division de la Cisjordanie en 3 zones A, B et C avec leur propre juridiction a été définie en 1995 par les accords d’Oslo II.
- L’armée israélienne exerce un contrôle total sur la zone C qui recouvre environ 61% de la Cisjordanie, dont 33% constituent une zone militaire fermée.
- La zone C représente 63% des terres agricoles de la Cisjordanie. La vallée du Jourdain se situe principalement dans cette zone.
- 300.000 colons israéliens vivent au sein de 135 colonies et 100 ‘postes avancés’ de la zone C. 150.000 Palestiniens vivent également dans cette zone.

  • (PDF - 645.3 ko)
 
 

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