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Territoire palestinien occupé / Israël

17 octobre 2010

Les limitations israéliennes et de faibles méthodes de production freinent les producteurs palestiniens d’huile d’olive

La récolte des olives débutait ce vendredi en Cisjordanie. Un nouveau rapport d’Oxfam sur le secteur de l’huile d’olive dans les territoires palestiniens occupés démontre que ce secteur est prometteur en terme d’emploi et de revenus. Mais de nombreux obstacles lui mettent des bâtons dans les roues.

Le rapport, The road to olive farming - Challenges to developing the economy of olive oil in the West Bank, souligne que le secteur de l’huile d’olive pourrait assurer un avenir meilleur à l’économie palestinienne. En effet, ce secteur génère environ 100 millions de dollars de revenus pour certaines des communautés palestiniennes les plus pauvres. Cependant, il devrait pouvoir se développer davantage.

« Avec des investissements limités et de simples adaptations des méthodes de production, les oléiculteurs palestiniens pourraient produire constamment de l’huile d’olive de haute qualité, capable de rivaliser avec les concurrents palestiniens et étrangers », explique Koen Van Bockstal, directeur délégué d’Oxfam-Wereldwinkels et Oxfam Fairtrade. « Toutefois, si Israël n’arrête pas d’imposer de nombreuses limitations aux cultivateurs palestiniens et continue à leur interdire l’accès à leurs terres, et donc à leur source de revenus, tous ces investissements mèneront à de faibles résultats. L’accès aux marchés étrangers est également limité », ajoute-t-il.

Abolir les limitations et investir davantage
Oxfam appelle les autorités israéliennes à mettre fin à cet accès restreint aux terres et aux marchés, imposé aux producteurs palestiniens. Des obstacles physiques, tels des postes de contrôle ou des barrières routières, entravent la libre circulation des biens et des personnes en Cisjordanie. Par conséquent, les produits agricoles palestiniens, dont les olives et l’huile d’olive, ne peuvent atteindre les marchés palestinien, israélien et étrangers. En Cisjordanie, nombre de colonies et d’avant-postes israéliens sont - selon le droit international - illégaux. Les oléiculteurs palestiniens sont ainsi souvent victimes d’attaques ou de tracasseries. Et, en période de récoltes, ces dernières augmentent. De plus, le blocus de la bande de Gaza imposé par Israël touche l’exportation des olives et de l’huile d’olive de la Cisjordanie vers Gaza.

Oxfam demande également aux autorités palestiniennes et donateurs internationaux de soutenir les producteurs d’huile d’olive ainsi que leurs familles en investissant davantage dans le secteur. Créer des coopératives, améliorer les méthodes agricoles et les techniques de presse sont autant d’exemples de l’aide nécessaire. Selon le rapport, les petits producteurs pourront ainsi assurer une production constante d’huile d’olive de bonne qualité, répondant aux exigences des marchés d’Europe, des États-Unis et des pays arabes.

Commerce équitable avec les producteurs palestiniens
L’huile d’olive issue du commerce équitable et l’huile d’olive biologique sont d’importantes niches de marché pour l’exportation d’huile d’olive palestinienne. Depuis des années, Oxfam-Wereldwinkels/Oxfam Fairtrade importe de l’huile d’olive issue du commerce équitable provenant de coopératives de Cisjordanie occupée. Les partenaires les plus importants sont PARC (Palestinian Agricultural Relief Committees) et UAWC (Union of Agricultural Work Committees). Chaque année, Oxfam Wereldwinkels vend entre 30 000 et 40 000 litres d’huile d’olive.

“Faire du commerce avec des territoires occupés n’est pas évident, affirme Koen Van Bockstal. Le commerce équitable est une bonne manière d’assurer une coopération durable avec les oléiculteurs palestiniens et de soutenir ainsi l’agriculture et le commerce palestinien. Grâce au commerce équitable, nous pouvons offrir à nos partenaires palestiniens des débouchés, des prix garantis ainsi qu’une relation de confiance à long terme. De plus, nous essayons sans cesse d’augmenter la qualité de l’huile et d’obtenir une bonne huile extra vierge. »

Lisez le rapport complet : The road to olive farming - Challenges to developing the economy of olive oil in the West Bank.


Plus d’infos :
• Environ 45 % de la superficie agricole en Cisjordanie et à Gaza est composée de 10 millions d’oliviers. Si l’année est bonne, ces terres peuvent produire jusqu’à 34.000 tonnes d’huile d’olive ; mais si l’année est mauvaise ce chiffre chute à 5.000 tonnes. Entre 2001 et 2009, la production annuelle moyenne était de 17.000 tonnes.
• Si l’année est bonne, le secteur oléicole peut représenter de 15 % à 19 % de la production agricole palestinienne, ce qui correspond à un montant de 160 à 191 millions de dollars. Les olives et l’huile d’olive font partie des produits palestiniens d’exportation les plus importants.
• L’oléiculture assure de l’emploi et des revenus pour environ 100.000 cultivateurs.
• Environ 95 % de la récolte des olives est utilisée pour la production d’huile d’olive ; le reste est mis en conserves ou bocaux, ou sert à la fabrication de chips et de savon.
• Le plus grand consommateur d’huile d’olive palestinienne est le marché local, qui représente en moyenne 12.000 tonnes par an.
• Actuellement, l’huile d’olive palestinienne est exportée vers les émirats du Golfe, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie orientale. En 2008, l’exportation d’huile d’olive issue des territoires palestiniens occupés s’élevait à 2352,24 tonnes (soit 13 % de la production) ; l’exportation d’olives pour conserves était de 787,39 tonnes.
• Selon les Nations Unies, dans les premiers six mois de 2010, des centaines de dunum de terres agricoles, des milliers d’oliviers et d’autres plantes ont été abîmés lors d’incidents impliquant des colons. L’ONG israélienne Yesh Din, partenaire d’Oxfam, a récemment publié une étude de laquelle il ressort que les autorités israéliennes n’ont pris aucunes mesures pour porter les responsables de ces divers incidents devant la justice. (1 dunum = 1000 m2)

 
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