social

Objectifs du Millénaire pour le développement

19 janvier 2012

Les laissés-pour-compte du G20 ?

Les pays du G20 s’étaient engagés à promouvoir une croissance inclusive et durable. Pourtant, les inégalités au sein des pays-membres ne cessent d’augmenter. Plus de la moitié des personnes vivant sous le seuil de pauvreté vivent dans les pays du G20...

Le G20, qui consomme 95 pour cent des ressources de notre planète, s’était engagé en 2010 à promouvoir une croissance inclusive et durable. Mais à Cannes, en novembre 2011, les états membres n’ont pas tenu leurs engagements. Pourtant, le rapport d’Oxfam montre que des alternatives existent.

Tenir ses engagements…

Le creusement de l’inégalité en général, et de l’inégalité de revenus en particulier, génère plus de pauvreté et est même contreproductif au niveau de la croissance économique. 1,3 milliard de personnes vivent encore aujourd’hui avec moins de 1,25 dollar par jour. Plus de la moitié de ces femmes et hommes vivent dans des pays du G20.

Dans le même temps, l’économie mondiale consomme maintenant les ressources naturelles renouvelables de la planète à un rythme d’entre 20 et 50 pour cent plus élevé que celui qui leur permettrait de se reconstituer. Les pays du G20 exploitent à eux seuls 95 pour cent de la biocapacité de la planète disponible annuellement. Un avenir prospère pour tous est possible, mais la plupart des pays du G20 ne suivent pas actuellement le chemin qui y mène.

Pourtant, le G20 s’était engagé à promouvoir une croissance inclusive et durable. Inclusivité ? Cette notion implique de faire partager au plus grand nombre les fruits de la croissance économique. Durabilité ? Notre vie à tous dépend du capital naturel de la planète – les ressources naturelles que nous utilisons pour produire de la nourriture, de l’eau et de l’énergie. Mais la courbe actuelle de l’utilisation de ces ressources est extrêmement inquiétante.

… c’est possible

Dans son rapport intitulé « Les laissés-pour-compte du G20 ? » (« Left behind by the G20 ? »), Oxfam se base sur des études de cas de politiques menées par certains bons élèves du G20 pour montrer comment une croissance inclusive bénéficie à tous. Parmi les exemples marquants, les cas du Brésil et du Mexique, qui tendent à réduire peu à peu l’inégalité : si celle-ci y était réduite au niveau de celle de l’Indonésie (proche du niveau médian du G20), le nombre de personnes vivant dans la pauvreté pourrait être réduit de 90 pour cent en dix ans.

Et pourtant, l’inégalité s’accroît dans la plupart des pays du G20. Seuls quatre pays du G20 – y compris un seul pays à revenu élevé, la Corée du Sud – ont réduit l’inégalité de revenu depuis 1990. Dans de nombreux pays du G20, la moitié de la population au moins est concernée : la position souvent subordonnée des femmes et des filles se traduit en un accès inférieur à la santé et à l’éducation, des revenus plus bas et une espérance de vie moins importante que les hommes.

Plusieurs pays à revenu intermédiaire sont parvenus à réduire l’intensité de leur consommation en ressources malgré leur croissance économique. Entre 1991 et 2007, le produit intérieur brut (PIB) du Mexique s’est accru quatre fois plus vite que ses émissions de CO2. Celui de la Chine a augmenté deux fois et demie plus rapidement. En revanche, les pays à revenu élevé du G20 ont dans l’ensemble obtenu des résultats très médiocres. Seuls quatre pays du G20 ont réduit leurs émissions de carbone depuis le Sommet de Rio de 1992.

Les membres du G20 :

> les huit principaux pays industrialisés (qui appartiennent au G-8) : Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada et la Russie.

> onze petits pays industrialisés ou pays émergents : Argentine, Australie, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Arabie saoudite, Afrique du Sud, Corée du Sud, Turquie.

> l’Union européenne.

En savoir plus :

> contactez Thierry Kesteloot, responsable Oxfam-Solidarité du plaidoyer sur la souveraineté alimentaire. Au téléphone au 02/501.67.55. ou par mail tke(at)oxfamsol.be

> retrouvez le rapport complet « Les laissés-pour-compte du G20 ».

  • (PDF - 1.4 Mo)