Les habitants des camps doivent avoir leur mot à dire !

Le gouvernement haïtien prévoit de construire de nouveaux camps hors de Port-au-Prince pour loger les sinistrés. Des plans qui ne sont pas du goût des victimes, comme le révèle une enquête d’Oxfam.
Une enquête* menée par Oxfam le 3 février à Petionville révèle que moins d’un tiers des Haïtiens qui habitent actuellement dans les camps de Port-au-Prince souhaitent s’installer dans les nouveaux camps devant être construits hors de la ville. Ceux-ci sont en effet trop éloignés de leurs anciennes habitations, de leur travail, des infrastructures sanitaires et des écoles. Les 3/4 des personnes interrogées souhaitent pouvoir loger dans des camps proches de leur ancien quartier. Mais les plans de relogement gouvernementaux ont été mis sur pied sans consulter les sinistrés.
Il faut agir au plus vite
Pour Marcel Stoessel, responsable de l’action humanitaire d’Oxfam en Haïti, il est également urgent d’améliorer les conditions de vie dans les camps actuels. "La plupart des camps ne sont pas capables de faire face à la prochaine saison des pluies. Sans systèmes sanitaires et d’évacuation des eaux, les abris temporaires seront tout simplement balayés et les maladies risquent de se propager."
"Les victimes ne peuvent être contraintes à s’installer dans les nouveaux camps, poursuit-il. Et il faut assurer un niveau suffisant de sécurité, notamment pour les femmes et les enfants qui sont des cibles faciles de la criminalité. Les camps ne peuvent constituer qu’une réponse temporaire. Ils ne doivent en aucun cas se transformer en bidonvilles permanents."
Oxfam International déplore le manque de clarté dans les plans gouvernementaux, et rappelle que les habitants des camps doivent être impliqués afin de disposer de toutes les informations requises pour faire leur choix.
Que fait Oxfam ?
Oxfam a déjà fourni de l’eau et des installations sanitaires à 100.000 personnes à Port-au-Prince, Carrefour, Jacmel et Delmas. Dans le cadre d’un programme « argent contre travail », les habitants des camps évacuent les déchets et dégagent les canaux d’évacuation afin d’éviter la propagation des maladies et des diarrhées.
Au cours des 6 prochains mois, Oxfam assurera l’hébergement de 28.000 personnes (tentes et bâches).
Oxfam est également active dans les campagnes où près de 500.000 personnes auraient trouvé refuge depuis Port-au-Prince. A un mois de la période des plantations, l’aide ne doit en effet pas oublier ces victimes et les familles d’accueil des zones rurales. Soutenir les paysans afin qu’ils puissent assurer la production alimentaire est un enjeu majeur.
Oxfam fait également pression pour annuler la dette extérieure de Haïti, véritable frein à la reconstruction.
Oxfam soutient l’organisation d’une rencontre qui aura lieu fin février où la population pourra faire connaître ses revendications. L’aide et la reconstruction doivent en effet se baser sur les besoins exprimés par la population.
Où travaillons-nous ?
Infos :
Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 08 — GSM : 0476 463 053
Anne-Catherine Vaes, gestionnaire de programmes humanitaires pour l’Amérique centrale et les Caraïbes
Tél. : 02 501 67 61 — ava(at)oxfamsol.be
* L’enquête d’Oxfam s’est déroulée le 3 février 2010 dans le camp de Petionville (Delmas/Port-au-Prince). 110 personnes ont été interrogées (56 femmes, 54 hommes). Par le biais de cette enquête, Oxfam souhaitait connaître l’avis des sinistrés quant aux plans de relogement gouvernementaux.


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