Haïti

2 mars 2010

Les grands défis de Haïti

Haïti fait désormais face à de grands défis. Avec l’aide de la communauté internationale, les instances nationales, locales et la population doivent parvenir à construire un pays plus fort et plus juste qu’avant le tremblement de terre.

Depuis des siècles, les Haïtiens vivent chaque jour une situation d’inégalité, de pauvreté et de violation de leurs droits. Mais depuis peu, les autorités tentent de changer les choses en mettant notamment en place des systèmes de soins de santé et d’éducation convenables. Le pays avait d’ailleurs fait beaucoup de progrès avant que le séisme ne survienne.

Deux défis majeurs se posent dans l’immédiat : reloger les sinistrés et relancer l’économie.

Reloger les victimes
Le tremblement de terre à fait fuir beaucoup d’habitants de Port-au-Prince vers d’autres régions du pays. Des milliers d’hommes, femmes et enfants espèrent ainsi pouvoir trouver de quoi se loger dans leur famille ou chez leurs amis, mais également pouvoir aller à l’école et accéder aux services de santé.

Les besoins en matière de logement et de services essentiels sont en effet criants dans la capitale. Actuellement, des plans de relogement temporaire sont établis et des évaluations sont en cours quant à la réhabilitation de certaines maisons.

La question est donc de savoir si la communauté internationale et les autorités haïtiennes vont aider à l’installation des milliers de personnes ayant fui Port-au-Prince. Une réinstallation définitive hors de la ville permettrait en effet de donner un peu d’oxygène à cette capitale surpeuplée. Construite à la base pour 50.000 habitants, elle en abritait plus de 3 millions au moment du séisme. Et ce, dans une zone fragile de collines déboisées, sensibles à l’érosion et entourées de cours d’eau.

Bâtir une économie dynamique
Plusieurs pistes s’offrent pour le développement économique de Haïti :

- Le développement du secteur textile : celui-ci emploie pour le moment 25.000 Haïtiens. Le pays pourrait-il suivre l’exemple du Bangladesh, où 4.000 usines textiles ont ouvert depuis les années ’90 ? Mais encore faudrait-il que les droits des travailleurs y soient respectés, comme c’est trop peu le cas en Asie.
- Le développement du tourisme : Haïti présente des atouts touristiques similaires à la République dominicaine voisine, dont l’économie a fortement bénéficié de l’essor du tourisme.
- Investissements dans l’agriculture : un énorme travail doit être fourni pour rétablir un certain équilibre au niveau écologique : reboiser les collines, protéger et aménager les zones fluviales... Il faut également améliorer l’infrastructure du secteur agricole et trouver des débouchés pour la production haïtienne : développer les marchés internes, mais également les exportations vers les États-Unis, l’Amérique latine et les Caraïbes (de riz, de café, de canne à sucre, de rhum et de fruits secs).

Le rôle-clé de la société civile
La société civile joue un rôle essentiel dans la reconstruction du pays. Ces 30 dernières années, toutes sortes d’associations et d’organisations à but non lucratif, très dynamiques, ont fleuri en Haïti. Oxfam collabore avec nombre d’entre elles depuis bien avant le séisme.

Elles auront un rôle important à jouer dans les mois à venir, lors des différentes réunions de donateurs. La société civile s’y prépare déjà en organisant des réunions préparatoires et en développant des plans.

Où en est l’aide d’Oxfam ?
Oxfam a aidé plus de 200.000 personnes à Port-au-Prince, Delmas, Carrefour Feuille, Leogane, Jacmel, Croix-des Bouquets et Bainet.

- Équipements sanitaires pour plus de 130.000 personnes. Installation de près de 700 latrines et 100 lavoirs.
- Service d’aide médicale et psychologique dans une clinique mobile à Delmas.
- Accès à l’eau potable pour plus de 100.000 personnes. Installation de points d’eau supplémentaires et de canalisations.
- Programme ’argent contre travail’ : plus de 2.000 personnes nettoient les déchets dans les camps et fabriquent des abris.


- Oxfam a mis au point une cuisine de village avec un partenaire local : ce projet soutient 54 petits vendeurs de nourriture et fournira des repas quotidiens à presque 4.000 personnes parmi les plus vulnérables à Carrefour-Feuille.
- Oxfam prévoit des bourses pour plus de 32.500 personnes. Un soutien financier est également prévu pour 60 à 100 petits entrepreneurs, tels que des plombiers, peintres, électriciens et boulangers. Ils peuvent ainsi reprendre le travail et soutenir la communauté. D’importants marchés (légumes, matériaux de construction) sont aussi soutenus.
- Protection des groupes vulnérables : Oxfam travaille à la sensibilisation autour des personnes âgées et handicapées, des femmes et du VIH/sida. Le programme humanitaire comprend donc un volet formation et mobilisation de la population. Nous collaborons aussi avec les autorités.
- Une ligne téléphonique gratuite a été installée. Elle sert tant de ligne d’assistance (violence contre les femmes) qu’à donner un retour d’informations sur les conditions de vie dans les camps et l’aide proposée.

Plus d’infos
Anne-Catherine Vaes, Gestionnaire de programmes humanitaires pour l’Amérique centrale et les Caraïbes :Tél. 02 501 67 61 — ava(at)oxfamsol.be

 
 

Actions et projets

 

Partenaires