Le tsunami aurait tué quatre fois plus de femmes que d’hommes

(Trois mois après) D’après des recherches menées par Oxfam, plus de quatre fois plus de femmes que d’hommes auraient été tuées par le tsunami. La communication de ces chiffres est intervenue dans le cadre d’un rapport montrant l’impact du tsunami sur les femmes.
Télécharger le rapport "The Tsunami Impact on Women" (en anglais, pdf, 115 kb)
Le déséquilibre homme/femme a été démontré explicitement par de nouveaux chiffres dans le rapport :
Pour ce rapport, Oxfam a mené son enquête dans huit villages situés dans deux régions d’Aceh en Indonésie.
Dans quatre villages de la région d’Aceh Besar, sur 676 survivants, 189 étaient des femmes. Le nombre d’hommes ayant survécu dépasse celui des femmes à raison de presque 3 pour 1.
Dans quatre villages de la région nord d’Aceh, sur 366 morts, 284 étaient des femmes. Celles-ci représentent 77% (soit plus de trois quart) des décès dans ces villages.
A Kuala Cangkoy, le village qui a été le plus touché, on compte pour un homme décédé, quatre femmes autrement dit 80% des personnes décédées étaient des femmes.
Dans la région de Cuddalore, la deuxième région la plus sinistrée en Inde, près de trois fois plus de femmes que d’hommes ont trouvé la mort, avec un nombre de 391 femmes tuées pour 146 hommes. Dans le village de Pachaankuppam, les seuls décès enregistrés étaient des femmes. C’est également le cas du Sri Lanka qui, d’après une enquête dirigée dans un camp, fait état d’un sérieux déséquilibre entre le nombre d’hommes et de femmes tués.
Le fait que plus de femmes aient été tuées par le tsunami s’explique pour diverses raisons. Elles incluent les femmes restées en arrière pour chercher leurs enfants (dont elles étaient en train de s’occuper lorsque le raz-de-marée est arrivé) et le fait qu’elles savaient moins nager ou grimper dans les palmiers. A Aceh, le taux de participation des femmes à la main d’œuvre est élevé, mais la vague a déferlé un dimanche, lorsqu’elles étaient à la maison et que les hommes étaient partis faire des courses, se trouvaient en mer (là où les vagues étaient les moins violentes) ou travaillaient dans les champs. En Inde, les femmes se trouvaient près des rives, attendant que les pêcheurs reviennent avec leur prise. Dans la région de Batticoloa au Sri Lanka, le tsunami a frappé à l’heure où, sur la côte est, les femmes ont l’habitude d’aller prendre leur bain de mer.
Les données transmises par Oxfam révèlent également d’autres aspects permettant d’expliquer comment les femmes sont particulièrement victimes des conséquences du tsunami.
En voici quelques exemples :
Les femmes sont victimes d’agressions verbales ou physiques de la part des hommes dans les camps et les villages et craignent des abus sexuels dans les zones de relogement qui sont surpeuplées.
Les femmes sont déjà victimes de pressions concernant des mariages précoces.
Les femmes sont surtout touchées par la perte de leur revenu et d’une incapacité à obtenir de l’argent, d’où pour certaines femmes un risque d’exploitation sexuelle ou d’autres formes de dépendance dont elles auront du mal à se remettre.
« Le tsunami a porté un coup terrible aux hommes et aux femmes de la région. Dans certains villages, on s’aperçoit à présent que parmi les décès 80% étaient des femmes. Cette disproportion va avoir des effets négatifs dans les années à venir si les personnes travaillant à l’aide humanitaire ne se penchent pas maintenant sur le problème. On entend déjà parler de viols, d’agressions et de contraintes à des mariages précoces. Il est indispensable que nous soyons tous attentifs à ce genre de problèmes et que nous garantissions la protection, l’insertion et l’autonomisation des femmes qui ont survécu », a déclaré Becky Buell, responsable des politiques d’Oxfam.
Oxfam appelle les gouvernements, les pays donateurs et les ONG à réagir immédiatement et à prendre le problème en main par les mesures suivantes :
Rassembler et utiliser les informations relatives à la division sexuelle.
Donner la priorité à la protection des femmes contre les violences et l’exploitation sexuelles notamment dans les camps.
S’assurer que l’accès aux moyens d’existence est possible autant pour les hommes que pour les femmes, que ce soit des projets « argent contre travail » ou des programmes pour des moyens d’existence plus durables.
Travailler à une réelle participation de la part des hommes et des femmes à tous les niveaux en estimant les besoins, en distribuant l’aide ou en évaluant l’efficacité des interventions.
Changer la perception des agences et des gouvernements considérant les femmes comme des « victimes vulnérables » et qu’ils reconnaissent leur statut de citoyennes en adoptant des mesures spécifiques.
Travailler avec les hommes qui ont perdu leur épouse afin de les aider à s’adapter à leurs nouveaux rôles y compris pour la prise en charge des enfants.
· Mettre en place et mener des recherches supplémentaires dans la région.
Oxfam répond au problème sur le terrain en garantissant la pleine consultation et participation des femmes aux moyens de subsistance et aux projets « argent contre travail » pour lesquels les hommes et les femmes reçoivent une rémunération équivalente, en mettant en place des équipements collectifs pour les femmes dans les zones où elles se sentent en sécurité et de s’assurer que des représentantes sont élues dans les communautés où Oxfam travaille.
Notes :
Pour toutes informations, copie du rapport ou pour une interview, merci de contacter :
Brendan Cox - Oxfam Grande Bretagne - +44 1865 312 498 ou +44 7957 120 853 Adrienne Leicester Smith - Oxfam aux Etats-Unis - + 1 617-407-4562
Ou pour avoir des informations spécifiques au pays ou des suggestions d’itinéraires :
Kim Tan - Oxfam à Aceh - +62 815 3059178 Nathaniel Raymond- Oxfam au Sri Lanka - + 1 617 407 4612 Aditi Kapoor - Oxfam en India -+91 9810 306 200


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