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Souveraineté alimentaire

16 novembre 2009

Le sommet de Rome face au défi de la faim

Du 16 au 18 novembre se tiendra à Rome le Sommet Mondial des Nations Unies sur la Sécurité Alimentaire. A cette occasion, les chefs d’État se pencheront sur les moyens de répondre à la crise alimentaire. De vraies solutions sortiront-elles de la rencontre ?

Dans un nouveau rapport intitulé "Au-delà des clivages", Oxfam International rappelle que le Sommet de Rome offre une opportunité unique de mettre en place un système de gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire permettant de concilier les visions et les intérêts divergents des organes politiques, financiers et techniques mondiaux.

24.000 morts par jour
L’enjeu du sommet de Rome est de taille. Même si les prix agricoles sur les marchés internationaux ont fortement diminué, la faim dans le monde a atteint des niveaux incomparables : plus d’un milliard de personnes souffrent désormais de faim chronique, et 24.000 personne meurent chaque jour de faim ou de problèmes de sous-alimentation.

Le constat est amer : les causes profondes de la crise alimentaire sont restées sans réponses, et d’autres crises – économique, financière, climatique – viennent aggraver la situation.

Que font les États ?
« Les causes de la crise alimentaire sont multiples, mais se résument en réalité à l’incapacité des États et institutions régionales et mondiales à mettre en œuvre des politiques agricoles et alimentaires qui donnent la priorité à l’intérêt public », explique Thierry Kesteloot, responsable du plaidoyer d’Oxfam-Solidarité en matière d’agriculture et de souveraineté alimentaire.

« La marchandisation et la spéculation sur la terre et les produits alimentaires se poursuivent, traduisant la primauté des intérêts privés. Pourtant, des solutions réelles existent pour faire face à la crise. Elles reposent sur le principe de la souveraineté alimentaire. Mais ces solutions n’ont jusqu’à présent pas été assez développées par les responsables politiques. »

Un Forum de la Souveraineté Alimentaire des Peuples
En 1996, le Forum de la Souveraineté Alimentaire des Peuples appelait les responsables politiques à privilégier le principe de la « souveraineté alimentaire » comme réponse à la sous-alimentation qui frappait à l’époque 850 millions de personnes.

Ce principe repose sur le droit des populations et des nations à définir leurs propres politiques alimentaires et à promouvoir des systèmes d’alimentation locaux, respectueux des moyens de subsistance des populations, des cultures et de l’environnement.

« Actuellement, de nombreux pays riches veulent augmenter la production agricole en recourant à davantage de fertilisants chimiques et à de nouvelles technologies, en particulier en Afrique, poursuit Kesteloot. Ceci pourrait certes offrir un soulagement à court terme pour quelques agriculteurs, mais cela ne répond en rien aux problèmes structurels de la faim. Cela ne fera que condamner les pays en développement à des crises à répétition et à une dégradation de l’environnement encore plus poussée. »

Stop aux fausses solutions !
Plutôt que d’investir dans ces solutions techniques, Oxfam appelle les leaders mondiaux à investir dans de meilleures politiques, institutions, services et formations afin d’encourager une agriculture durable adaptée aux environnements agro-écologiques. Les petits agriculteurs – des femmes, dans la plupart des cas – sont en première ligne dans la lutte à mener contre la pauvreté, la faim et le changement climatique. Nous ne pouvons continuer à les ignorer, prévient l’ONG

En 2009, après des années de fausses solutions qui n’ont fait qu’aggraver les crises, le Forum de la Souveraineté Alimentaire des Peuples continuera à travailler :
- à la modification des politiques agricoles et alimentaires,
- pour le développement d’une agriculture paysanne,
- pour le rapprochement des urbains et des paysans,
- la lutte pour l’accès au moyens de production et contre l’accaparement des terres.

Ces positions seront portées au Sommet mondial de l’alimentation de la FAO.

Plus d’infos :
- Thierry Kesteloot, Oxfam-Solidarité : 0475 543 723 - tke(at)oxfamsol.be
- Lire le rapport "Au-delà des clivages"

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