Est de l’Afrique

12 septembre 2011

Le périple d’une veuve en Somalie

Habibo, 45 ans, est veuve et mère de trois enfants. Elle a décidé de quitter son village où sévit la famine après que ses animaux, légués par son défunt mari, aient succombé un à un.

Habibo loge avec sa famille dans le nouveau camp de réfugiés de Badbado à Mogadiscio. Elle vient de s’y réinstaller après avoir fui le camp une première fois quand des violences ont éclaté lors d’une distribution alimentaire.

À Badbado, Oxfam travaille avec son partenaire SAACID. Cette organisation envoie du personnel humanitaire local dans ce camp pour informer les familles de l’existence d’un programme de distribution de nourriture spécialement adapté aux besoins des enfants sous-alimentés. « Dès que nous constatons que des enfants présentent des signes de sous-alimentation, nous approchons les mères et les informons de la présence d’un centre SAACID tout proche où elles peuvent faire diagnostiquer et soigner leurs enfants », raconte un collaborateur de SAACID.

Surpris par ce soutien

« Mon mari est mort il y a cinq ans », explique Habibo. « Il nous a laissé des chèvres et quelques autres animaux, mais ils sont tous morts des suites de la sécheresse. Après le décès d’un de mes enfants suite à un manque chronique de nourriture, nous avons dû nous résoudre à quitter le village. J’ai décidé d’aller à Mogadiscio, là où nos voisins avaient également émigré. »

« Nous ne comptions pas vraiment trouver de l’aide dans la capitale, et j’étais dès lors très étonnée de voir la communauté locale, mais aussi internationale, nous venir en aide. »

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Habibo est Somalienne. La voici devant son abri dans le camp de Badbabo à Mogadiscio. Cette veuve et mère de trois enfants a fui la région où elle vivait, touchée de plein fouet par la crise alimentaire. Tous les animaux de son village ont péri à cause de la sécheresse. Elle a décidé de quitter son village et de chercher refuge à Mogadiscio quand un des ses fils est mort des suites de la famine.

Les femmes somaliennes qui ont fui les conséquences de la crise alimentaire, attendent patiemment la distribution d’aide humanitaire à Badbabo. Des milliers de Somaliens ont quitté leurs villages pour Mogadiscio afin de se rapprocher de l’aide humanitaire. Mais ces réfugiés sont très nombreux, ils vivent dans des conditions souvent très difficiles, et le nombre de réfugiés qu’abritent ces camps augmente encore quotidiennement.

La famine s’étend

Selon le service de sécurité alimentaire de l’Union africaine (FSNAU) la famine continuera à s’étendre jusqu’en décembre de cette année. Dans le Sud de la Somalie, OCHA (Office de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies) a mis en place des programmes ’argent-contre-travail’ pour permettre à la population de gagner de quoi s’acheter l’essentiel. Les Nations Unies envoient également de l’aide alimentaire dans cette région, qui sera distribuée par des partenaires locaux. Cette aide humanitaire a été augmentée, mais celle-ci est encore insuffisant pour satisfaire à tous les besoins.


La situation en Somalie

Selon OCHA, l’Office de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, la situation en Somalie empire de jour en jour. La famine dans le Sud du pays continue a s’étendre.
- Bien que le nombre de réfugiés arrivant quotidiennement diminue, ceux-ci sont de plus en plus gravement sous-alimentés. Plus de 4 millions de personnes ont besoin d’assistance et près de 3,3 millions d’entre elles dépendent entièrement de l’aide humanitaire pour leur survie.
- Le nombre de personnes malades et de décès ne cesse d’augmenter, et la moitié de ces décès concernent des enfants.
- Dans le camp de réfugiés éthiopien de Kobe, la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans est passée de 12,9 à 15,3 pour 10.000.
- L’apparition de la rougeole est en partie responsable de cette hausse de la mortalité infantile.
- Rien que cette année, 120.000 réfugiés sont arrivés dans les quatre camps de Dollo Ado en Éthiopie, dont 80.000 en provenance de la Somalie voisine. Souvent, leur état de santé est très préoccupant. Un terrain a été acquis pour permettre la construction d’un cinquième camp qui devrait pouvoir accueillir 18.000 réfugiés.


Plus d’infos :
- Geno Teofillo, Collaborateur Oxfam en Somalie
Portable : +254 737 500 035 - Bureau : +254 20 374 1951