Le deal européen ne répond pas au défi du changement climatique

En adoptant aujourd’hui un deal marqué par la défense d’intérêts très personnels, l’Europe a mis à mal le combat global à mener contre le changement climatique.
L’Europe va devoir revoir sa copie. Dès la semaine prochaine, le Parlement européen devra améliorer des parties fondamentales du “paquet”. Quant à la Commission européenne, elle devra proposer un mandat international bien plus ambitieux pour l’Europe dans le Livre vert à paraître le mois prochain.
Un résultat décevant
« Alors que les mesures du paquet ’climat et énergie’ de l’UE étaient au départ ambitieuses et pleines de promesses, l’accord survenu aujourd’hui entre États membres n’offre pour sa part que trop peu de résultats. La vie de millions de personnes va être mise en danger pour la seule raison que les responsables européens ont plié sous la pression des lobbys économiques et n’ont pas réussi à franchir un pas pourtant historique », déclare Brigitte Gloire, spécialiste d’Oxfam-Solidarité sur les questions climatiques.
« Les négociateurs internationaux réunis en Pologne pour mettre sur pied les bases d’un nouvel accord global sur le climat vont bien entendu regarder cette décision européenne et en tirer des conclusions. Le paquet européen n’est rien d’autre que du ’business as usual’ entouré d’un joli ruban vert. »
L’Europe a accepté de réduire de 20% ses émissions et de passer à 30% si un accord global est trouvé. Toutefois, le paquet européen permet aux principaux pollueurs européens d’effectuer plus de la moitié de ces réductions en dehors de leurs frontières, en achetant des permis d’émission. L’Europe ne tente donc même pas de réduire correctement ses émissions chez elle. « Ce paquet offre trop d’exemptions à trop d’industries dans trop de pays », résume la spécialiste d’Oxfam-Solidarité.
Une promesse non tenue
Les pays en développement attendaient de l’Europe qu’elle honore sa promesse d’assurer un financement massif et prévisible afin de les aider à s’adapter au changement climatique et à poursuivre leur développement pauvre en carbone.
« La proposition du parlement européen d’affecter l’argent issu de la vente aux enchères des permis d’émission en faveur des pays en développement a été balayée de la table », poursuit Brigitte Gloire. « Les ministres des finances européens ont fait le choix explicite d’exclure les pays en développement de l’équation, et ce sans même sourciller. »
Le paquet actuel ne doit certainement pas être celui que l’Europe présentera à Copenhague en décembre 2009. Les États membres, le Parlement et la Commission doivent saisir l’occasion ultime qui se présentera l’année prochaine afin de redorer le blason d’une Europe dont la réputation est aujourd’hui en lambeaux. »
Plus d’informations :
Brigitte Gloire, Oxfam-Solidarité, à Poznan jusqu’au 12 décembre.
Tél. : +32 (0) 494 588 606 — brigitte.gloire@gmail.be
Angela Corbalan, Oxfam International, +32 (0)2 231 16 63 - +32 (0)473 562 260 (Bruxelles) - +32 (0)487 28 63 77 67 (Poznan) - Angela.corbalan@oxfaminternational.org


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