social

Territoire palestinien occupé / Israël

28 janvier 2008

Le blocus israélien menace gravement la vie des Gazaouis

Le blocus qu’impose Israël à la bande de Gaza depuis sept mois est de plus en plus catastrophique pour le système de santé de la bande de Gaza. Et l’assouplissement temporaire du blocus ne suffit pas pour répondre aux besoins des 1,5 million de Gazaouis, tout particulièrement les malades, blessés et les plus vulnérables.

Israël a réduit son approvisionnement en carburant et en électricité à Gaza ces derniers mois. Avant même le blocus complet imposé le 17 janvier, les cliniques et les hôpitaux de Gaza dépendaient déjà largement de génératrices d’urgence, en raison des fréquentes pannes d’électricité.

Pénuries à tous niveaux
L’instabilité de l’approvisionnement en électricité et la pénurie de carburant pour les génératrices d’urgence perturbent le fonctionnement de l’équipement aux soins intensifs comme les incubateurs pour les nouveaux nés, les moniteurs cardiaques, les appareils de dialyse, ainsi que les appareils d’éclairage et ceux utilisés en chirurgie. D’autres services cruciaux, comme l’équipement pour les soins prénataux et le chauffage dans les salles des hôpitaux, sont menacés. Le week-end dernier, alors qu’Israël interrompait complètement l’approvisionnement en carburant, la plupart des hôpitaux ont été forcés de fermer leurs salles d’opération, tandis que les cliniques et centres de soins primaires devaient réduire leur prestation de services au minimum absolu.

À l’hôpital Shifa, dans la ville de Gaza, 135 patients cancéreux ne peuvent actuellement pas recevoir de traitement en raison de la pénurie de médicaments essentiels. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 105 des médicaments figurant sur la liste des 460 médicaments essentiels n’étaient plus disponibles dans les pharmacies de Gaza en date du 12 janvier 2008. Depuis juin 2007, 72 patients qui avaient besoin d’être transférés à l’extérieur de Gaza pour obtenir un traitement médical d’urgence sont morts en raison de la fermeture du passage de Rafah et du refus d’Israël d’accorder le permis nécessaire (ou du délai pour ce faire) pour traverser le passage d’Erez. Les brèches percées dans le mur qui permettent à des milliers de Gazaouis de pénétrer en Égypte pour se procurer du carburant, des denrées et d’autres articles ne constituent en rien une solution à la situation.

La Palestinian Medical Relief Society (PMRS), un partenaire d’Oxfam-Solidarité, exploite plusieurs cliniques de soins de santé primaires dans la bande de Gaza. Le Dr Aed El-Yaghi de la PMRS explique : "Le blocus strict auquel nous a soumis Israël a causé une grave pénurie de médicaments essentiels. Les hôpitaux manquent de fonds et un nombre croissant de personnes s’en remettent aux ONG pour leurs soins. Étant donné la détérioration de la situation économique des gens, les prestataires de services médicaux ont cessé de demander des frais minimaux. Les ONG ont en conséquence de plus en plus de difficulté à maintenir la prestation de soins de santé."

De nombreux appareils médicaux et pièces de rechange essentiels sont également interdits d’entrée dans la bande de Gaza depuis juin 2007. L’hôpital Al-Awda, à Jabaliya, est tenu par le partenaire d’Oxfam Union of Health Work Committees (UHWC). L’hôpital attend depuis des mois la livraison des ventilateurs dont il a besoin pour son unité des soins intensifs, de deux nouveaux appareils de radiographie et des pièces de rechange pour son compteur de cellules sanguines défectueux (essentiel pour les patients atteints de leucémie et d’anémie). Des pièces d’un nouvel appareil d’endoscopie commandé en mars 2007 sont arrivées à l’hôpital Al-Awda en novembre 2007, alors que l’autorisation d’entrer à Gaza n’a pas encore été accordée pour le reste des pièces de l’appareil.

Hôpitaux et ONG débordés
L’intensification des attaques militaires israéliennes contre Gaza a naturellement accru la pression sur les salles d’urgence et les autres services médicaux. Aux prises avec des conditions lamentables, une pénurie de fournitures essentielles et l’augmentation du nombre des blessés, les hôpitaux sont complètement dépassés. Étant donné la pénurie d’essence depuis le week-end dernier, les ambulances ne peuvent plus circuler et le personnel médical ne peut se rendre au travail.

Stefaan Declercq, secrétaire général d’Oxfam-Solidarité : "Oxfam-Solidarité est profondément préoccupée par les conditions de vie et de sécurité de la population civile dans la bande de Gaza, tout autant qu’elle l’est pour les civils israéliens menacés par les tirs de roquettes en provenance des territoires palestiniens occupés. Mais, c’est à Gaza que 1,5 million de personnes subissent une punition collective. Devant la ruée des Gazaouis en Égypte, à Rafah, pour se procurer des médicaments, des denrées et des vêtements, il est impératif que la communauté internationale assume son obligation légale et morale, et exige d’Israël la levée immédiate du siège inhumain et illégal qu’il impose. En vertu du droit humanitaire international, Israël demeure l’occupant et il lui incombe, de ce fait, de répondre aux besoins essentiels de la population occupée. Le défaut de se conformer constitue une violation grave de leurs droits fondamentaux."

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
- Evelyn Lernout, Oxfam-Solidarité (Jérusalem)
Tél :+972-2-656.89.32 ou +972-547-39.57.03
E-mail : lernout_evelyn@hotmail.com
- Stefaan Declercq, Oxfam-Solidarité (Bruxelles)
Tél : +32 (0)2 501 67 08
E-mail : sde@oxfamsol.be

 
Disclaimer concernant le conflit entre la Palestine et Israël