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Changements climatiques

3 juillet 2009

Le G8 doit faire face au coût humain du changement climatique

Le changement climatique pourrait réduire à néant les résultats de 50 ans de lutte contre la pauvreté. Tel est le cri d’alarme lancé par Oxfam International dans son nouveau rapport « Le coût humain du changement climatique ».

Publié à la veille du sommet du G8 en Italie, le rapport d’Oxfam International démontre que le changement climatique aggrave de façon dramatique de nombreux facteurs à la base de la pauvreté, et en premier lieu le problème agricole. Une action décisive sur les fronts du climat et de l’agriculture s’impose donc au plus vite.

Saisons bouleversées et baisse des rendements
Les témoignages de paysans issus de nombreux pays font état d’une modification claire du rythme des saisons. Beaucoup constatent que les pluies se font plus rares et plus violentes. Au Bangladesh, en Ouganda ou au Nicaragua, les mauvaises récoltes se succèdent année après année. Ne pouvant plus recourir aux pratiques agricoles des générations précédentes, les paysans n’ont d’autre choix que d’espérer : espérer que la prochaine récolte ne sera pas anéantie par une longue sécheresse ou des pluies torrentielles.

On sait aujourd’hui que le riz et le maïs – deux cultures dont dépendent des centaines de millions de personnes – vont connaître des baisses de rendement spectaculaires d’ici 2020, principalement en Afrique subsaharienne et en Inde. Les changements de température ont également un impact sur la quantité et la qualité de produits d’exportation comme le café ou le thé, ce qui risque donc d’affecter les revenus de nombreuses familles de producteurs.

Au final, les famines provoquées par le changement climatique pourraient constituer la principale tragédie de ce siècle. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) vient d’annoncer que le nombre de personnes souffrant de la faim touche aujourd’hui une personne sur six, et augmente de 100 millions chaque année.

Il faut agir maintenant !
« L’année 2009 sera cruciale dans la lutte contre le changement climatique », explique Brigitte Gloire, d’Oxfam-Solidarité. « En décembre, le sommet de l’ONU sur le climat se tiendra à Copenhague. Mais beaucoup d’observateurs doutent qu’il existe une volonté politique suffisante dans le chef du G8 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit là d’une véritable injustice : les pays du G8 ont basé leur développement industriel sur un recours massif au carbone. Ils sont donc à l’origine de la crise climatique actuelle, tout comme leurs politiques commerciales et agricoles sont au cœur du problème de la faim. »

De nombreux gouvernements axent leur stratégie climatique sur un réchauffement climatique de 2°, considéré par eux comme « économiquement acceptable ». Mais même avec un tel seuil, au moins 660 millions de personnes se retrouveront en situation de pauvreté extrême.

« Face à ce constat, les dirigeants du G8 doivent prendre leurs responsabilités et parvenir à un accord équitable en matière de changement climatique », poursuit Brigitte Gloire. « Seul un engagement politique au plus haut niveau peut éviter une tragédie humaine. Les pays industrialisés sont historiquement responsables de la crise climatique. Ils disposent des ressources pour s’y attaquer. D’ici 2020, ils doivent réduire leurs émissions d’au moins 40 % par rapport aux niveaux de 1990 et mobiliser 150 milliards de dollars par an pour financer la réduction des émissions dans les pays pauvres et leur adaptation à un changement désormais inévitable. ».

Investir dans l’agriculture
Outre une action décisive sur le climat, Oxfam appelle également les dirigeants du G8 à investir plus et mieux dans l’agriculture familiale des pays en développement. Les membres du G8 doivent consacrer au moins 30 milliards de dollars par an au soutien de l’agriculture durable afin que les pays pauvres puissent sécuriser leur production alimentaire, faire face aux chocs climatiques et aux fluctuations des prix alimentaires.

Les pays du G8 doivent aussi réformer leurs politiques agricoles et commerciales. Jusqu’à présent, celles-ci empêchent les pays en développement de protéger leurs marchés agricoles, d’assurer des revenus suffisants pour les producteurs et de garantir une alimentation abordable pour les consommateurs.

Plus d’infos :
- Brigitte Gloire, Responsable du plaidoyer ’Climat et développement durable’, Oxfam-Solidarité
Tél. : 02 501 67 53 – 0494 58 86 06 – e-mail : bgl(at)oxfamsol.be
- Xavier Declercq, directeur du programme Nord d’Oxfam-Solidarité
Tél. : 02 501 67 13 – 0475 22 07 91 – e-mail : xde(at)oxfamsol.be
- Le rapport « Le coût humain du changement climatique » (en anglais) et son résumé en français
- "Investir dans l’agriculture, une stratégie qui rapporte"