Urgences

23 mai 2008

La population du Myanmar attend de l’aide suite au cyclone

Une estimation des Nations Unies fait état de plus d’un million et demi de personnes touchées par le cyclone Nargis qui a traversé le delta du fleuve Irrawaddy ce samedi 3 mai. On craint que plus de 100.000 personnes aient perdu la vie lors du passage du cyclone.

Une semaine après le passage du cyclone, des centaines de milliers de personnes attendent toujours l’aide d’urgence. Les habitants des villes et villages difficilement accessibles sont livrés à eux-mêmes, alors que les organisations humanitaires internationales font pression pour obtenir les visas d’urgence et ainsi pouvoir délivrer leur aide. La fourniture d’eau saine, d’équipement médical et d’abris temporaires sont urgemment nécessaires afin d’éviter l’apparition d’épidémies.

Besoin d’aide à grande échelle
La situation dans le pays, dirigé par une dictature militaire, est plus que tendue. Les organisations d’aide nationales doivent s’en tenir aux sévères lignes de conduite fixées par l’autorité. L’aide aux populations est rendue encore plus difficile par la destruction d’une grande partie des voies de circulation. De nombreuses personnes se retrouvent sans abri et tentent de quitter les lieux de la catastrophe par tous les moyens imaginables.

Pour la junte militaire au pouvoir, il est quasiment impossible d’organiser l’aide d’urgence dans le pays. C’est la raison pour laquelle le Secrétaire général de l’ONU Ban-Ki Moon a poussé les autorités supérieures du pays à autoriser l’octroi de l’aide de façon prioritaire. Il les a en outre invitées à postposer le référendum populaire prévu ces 10 et 11 mai et à délivrer les visas d’urgence aux organisations internationales humanitaires aussi vite que possible.

Que fait Oxfam ?
Oxfam International ne possède pas de bureau de liaison au Myanmar. Mais des équipes d’une organisation partenaire d’Oxfam sont parties en mission dans les territoires touchés par la catastrophe afin de déterminer l’ampleur des dégâts et de quantifier l’aide nécessaire.

Le partenaire est actif au Myanmar (ancienne Birmanie) depuis 1998. Au coeur des régions les plus pauvres, l’organisation assure l’accès des personnes aux besoins élémentaires comme les soins de santé, la nourriture en suffisance ou les installations sanitaires. En 2005, notre partenaire a fourni une aide d’urgence de taille suite au tsunami, qu’elle compléta ensuite par la mise en oeuvre de programmes de reconstruction.

A côté de ses propres actions, Oxfam se joint aux organisations internationales humanitaires afin de réunir sur place les moyens financiers, l’expertise technique et les kits d’urgence nécessaires. Oxfam s’allie ainsi aux Nations Unies et à d’autres organisations pour répondre au plus vite aux besoins élémentaires de la population et soutenir celle-ci face à la catastrophe.

Depuis la Thaïlande, pays voisin du Myanmar, Oxfam suit de près l’évolution de la situation, notamment en participant aux réunions de coordination. Les installations de distribution d’eau sont prêtes et une équipe de personnes expérimentées est en attente de l’ouverture de la frontière à l’aide extérieure.

« Nous sommes face à un défi énorme. Les territoires qui ont été touchés abritent quelques 24 millions de personnes. Là où le cyclone est passé, tous les moyens de communication ont été rompus. Les liaisons téléphoniques coupées et les routes dévastées rendent difficile l’accès aux victimes. La communauté internationale doit immédiatement se mettre à l’oeuvre afin de soulager les besoins élémentaires des populations les plus pauvres, jusqu’ici laissées totalement démunies », précise Kristien Vliegen, gestionnaire de projets Urgences d’Oxfam-Solidarité.

Entretien

Quelle est l’ampleur de cette catastrophe en comparaison avec le tsunami dans l’océan Indien et le tremblement de terre qui a frappé le Pakistan, par exemple ? Chaque catastrophe est unique et il est difficile de se risquer à des comparaisons. Mais il est clair qu’il s’agit d’une catastrophe humanitaire majeure qui a frappé plus d’un million de personnes dans le Sud-Est asiatique. Il est primordial que les organisations humanitaires internationales collaborent avec les organisations locales et nationales afin de s’assurer que l’aide parvienne bien à la population nécessiteuse.

Combien de temps devra durer l’aide ?
Il est trop tôt pour se prononcer à ce sujet. Mais étant donné qu’un million de personnes ont été touchées par le cyclone, l’aide ne pourra pas durer moins de six mois, ne fut-ce que pour assurer la reconstruction.

Combien de temps cela prendra-t-il pour que l’aide arrive sur place ?
Un certain nombre d’organisations birmanes distribuent d’ores et déjà de l’aide mais celle-ci reste insuffisante. C’est pourquoi le soutien financier ainsi que l’expertise des organisations humanitaires internationales sont absolument nécessaires.

Quels sont les besoins les plus urgents ?
Il s’agit dans un premier temps de sauver des vies humaines. Il faut sans délai fournir de l’eau potable aux populations touchées, mais également des installations sanitaires et du matériel de cuisine. Des bâches et autres matériaux permettant la construction d’abris provisoires sont également nécessaires.

Puis-je aider à mon niveau, en fournissant des couvertures ou du matériel médical ?
Oxfam n’organise pas de collecte car le transport de matériel est trop coûteux en temps et en argent. Il vaut mieux, quand c’est possible, acheter le matériel sur place. Cela fait en plus tourner l’économie locale.

Contact Presse :
- Kristien Vliegen
Gestionnaire de projet au département des urgences d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 740 – gsm : 0474 88 88 08 – kristien.vliegen(at)oxfamsol.be
- Thierry Dethier
Responsable du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 42 – gsm : 0497 45 18 31 – thierry.dethier(at)oxfamsol.be