Est de l’Afrique

9 novembre 2011

La pluie, bénédiction ou malédiction pour la Somalie ?

Après une période de sécheresse de plusieurs mois la pluie est enfin tombée dans le sud et le centre de la Somalie. Une bénédiction, semblerait-il. Mais à y regarder de plus près, la pluie n’amène pas que de bonnes nouvelles.

Bien que l’arrivée de la pluie soit considérée comme une bénédiction pour les victimes de la sécheresse, les travailleurs humanitaires s’inquiètent de la propagation possible d’épidémies. Les conséquences d’une telle évolution seraient catastrophiques, certainement dans les camps surpeuplés de la capitale somalienne Mogadiscio.

Geno Teofilo, collaborateur d’Oxfam en Somalie, ne peut que confirmer ces craintes : « La pluie va permettre d’adoucir quelque peu les conséquences de la sécheresse, mais elle augmente en même temps le risque d’apparition de maladies transmises par l’eau. La diarrhée aiguë par exemple, peut être fatale en Somalie. Cette affection a d’ ailleurs déjà coûté la vie cette année à plusieurs centaines d’enfants. »

Soins de santé insuffisants

Selon SAACID, une organisation non gouvernementale de femmes en Somalie appuyée par Oxfam, le nombre d’enfants sous-alimentés à Mogadiscio a augmenté de plus d’un tiers ces deux derniers mois. Maryan, une infirmière de 21 ans, travaille pour SAACID à Mogadiscio : « Dès le lever du jour des femmes et leurs enfants sous-alimentés se pressent contre les portes du centre de soins d’urgence pour recevoir de l’assistance. »

« Le système de soins de santé s’est effondré en 1991 au moment de la chute du régime Somalien. De nombreux hôpitaux publics ne sont plus utilisés », explique Myryam. Cette situation inquiète également Geno Teofilo : « Des cas de choléra ont déjà été constatés. En l’absence d’un système de soins de santé efficace les futures victimes de maladies propagées par l’eau ne pourront pas être soignées. »

Une vision à long terme indispensable

« La pluie sera suffisante pour la période de semis actuelle. Le pic de la sécheresse est passé, mais la famine continuera à sévir. La crise alimentaire ne sera pas résorbée avant les récoltes de décembre, », explique Geno Teofilo.

Mais que se passera-t-il quand la situation se sera stabilisée ? En prônant une vision à long terme, Oxfam soutient les communautés pastorales afin qu’elles soient mieux armées pour faire face aux futures sécheresses, mais aussi contre les conséquences négatives des pluies abondantes.

Le projet de l’ONG Candlelight, partenaire d’Oxfam à Ga’an Libah (Somaliland) illsutre parfaitement cette vision : sur les terrains déboisés des murets sont construits pour éviter que les pluies abondantes n’emportent la couche supérieure – la plus fertile – de la terre.

« Les actions mises sur pied par les organisations humanitaires lors de telles catastrophes sont très coûteuses et sont dés lors intenables à long terme », explique Geno Teofilo. « Le projet soutenu par Oxfam dans le Ga’an Libah prouve que les populations peuvent être mieux préparées à faire face à ces conditions météorologiques extrêmes. Nous allons certainement mettre en œuvre des projets similaires dans d’autres régions du pays. »


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Plus d’infos :

- Lisez la brochure Réduction des Risques de Catastrophes 
- Lisez le blog d’Oxfam international Conflits et Urgences
- Découvrez le projet commun d’Oxfam et de Candlelight au Ga’an Libah (Somaliland)