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Partenariat sud

29 mai 2008

La grève se poursuit chez Kings Land

Au Cambodge, les travailleuses de l’usine textile Kings Land sont en grève depuis janvier 2008 pour protester contre leurs conditions de travail et dénoncer le licenciement de militants syndicaux. Elles poursuivront le mouvement jusqu’à ce que le respect de leurs droits fondamentaux soit garanti par le directeur de l’usine.

Depuis le 11 janvier dernier, 600 des 700 ouvrières de l’usine Kings Land sont en grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail et dénoncer le licenciement de militants syndicaux. Une centaine d’ouvrières a continué le travail et la direction a recruté une cinquantaine de personnes en renfort, enfreignant ainsi la loi sur le travail qui interdit de telles pratiques.

Le syndicat démantelé

C.CAWDU, une fédération syndicale du textile active au Cambodge et partenaire d’Oxfam-Solidarité, a instauré un système de représentation syndicale au sein de Kings Land en juillet 2006. Il existait auparavant un syndicat fantoche, payé par la direction de l’usine, qui ne défendait pas les droits des travailleuses. C’est pourquoi celles-ci avaient demandé à C.CAWDU de fonder une véritable cellule syndicale au sein de l’usine. Plus de 570 ouvrières adhérèrent très rapidement au mouvement, mais des mesures de la direction destinées à contrecarrer la mise en place du syndicat suivirent sans délai. Dix-neuf représentants et membres du syndicat furent licenciés.

Aucun dialogue possible

C.CAWDU a, à plusieurs reprises, réclamé un entretien avec la direction. Pour y parvenir, l’organisation a utilisé tous les moyens légaux à sa disposition. Le directeur refusa toute rencontre. Pire encore, il utilisa son influence auprès des autorités pour faire approuver le licenciement des leaders syndicaux. Après avoir épuisé tous les moyens pour tenter d’entrer en discussion avec la direction, les ouvrières ont finalement lancé un mouvement de grève.

Malgré le grand intérêt suscité par cette grève dans le pays, la direction a longtemps refusé de recevoir une délégation de C.CAWDU. Le 6 février, 9 grévistes furent agressés physiquement à l’intérieur de l’usine par un commando payé par la direction et soutenu par la police. L’agression a fait monter la tension d’un cran. Pendant ce temps, l’employeur poursuivit le recrutement de personnel supplémentaire pour remplacer les grévistes.

Tous les jours, les piquets de grève occupent le trottoir devant l’usine Kings Land. La direction a installé d’énormes haut-parleurs crachant, à grand renfort de décibels, des rythmes énervants destinés à faire fuir les grévistes. Le volume en est encore augmenté lorsque les leaders syndicaux viennent en visite ou quand des passants viennent apporter leur soutien aux grévistes. On empêche ainsi aux gens de discuter avec les contestataires. Cela donne une idée des méthodes utilisées par l’employeur...

Rencontre à haute tension

C’est seulement le11 février 2008 que les représentant syndicaux ont pu soumettre leurs exigences à la direction, suite aux pressions exercées par l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et le syndicat international du textile. Sous la pression du Ministère du Travail, le directeur s’est dit prêt à réengager 17 des 19 syndicalistes licenciés. Mais ce fut là sa seule concession, toutes les autres revendications des ouvrières restant lettre morte.

Etant donné le climat tendu et les pressions gouvernementales, C.CAWDU a décidé de ne pas organiser de grève nationale. Le syndicat va tenter d’engranger des résultats en adoptant une attitude constructive à la table des négociations.

Jusqu’à présent, les négociations n’ont permis aucune avancée. La réintégration des deux délégués syndicaux, le paiement des arriérés de salaire et l’indemnisation des ouvrières blessées ne sont pas acceptables pour l’employeur. Il cherche, toujours et de toutes les manières, à contourner la réglementation sur le travail. Les ouvrières sont toujours en grève. Elles refusent de reprendre le travail tant que le respect de leurs droits fondamentaux ne sera pas garanti par le patron de l’usine.

Soutien international

C.CAWDU peut compter, grâce à ses nombreux contacts, sur le soutien de mouvements internationaux comme Clean Clothes Campaign, par exemple. La solidarité internationale constitue l’une de leurs principales forces dans cette lutte pour la défense de leurs droits.

Soutenez les ouvrières de Kings Land dans leur lutte pour des conditions de travail dignes. En signant la pétition, vous augmenterez la pression exercée sur le propriétaire de l’usine.

Plus d’infos :

- Une journée dans la peau d’un syndicaliste cambodgien

- Les travailleuses de Kings Land en lutte pour leurs droits

- Salaire et pouvoir d’achat dans le secteur textile au Cambodge

 
 

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