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Partenariat sud

22 mars 2010

LFP : la transformation au service du développement

Le Laos est l’un des pays les plus pauvres au monde, et le moins développé d’Asie du Sud-Est. Alors que 80% de la population active travaille dans l’agriculture, les paysans n’arrivent souvent pas à écouler leur produits à un prix juste et à sortir de la pauvreté.


Article issu du magazine Globo n°29 "Quelles solutions à la crise alimentaire ?", mars 2010.


Si la plupart des paysans du Laos sont auto-suffisants, ils sont loin de pouvoir tirer un revenu suffisant de leur production pour pouvoir vivre dignement. Un problème majeur se pose au niveau de la commercialisation. Tandis que les principales villes marchandes se situent autour du fleuve Mékong, de nombreuses régions restent difficilement accessibles du fait des mauvaises infrastructures routières et de la géographie montagneuse. En outre, les paysans subissent une lourde concurrence des produits bon marché importés de Thaïlande.

Lao Farmers’ Products (LFP), un partenaire d’Oxfam-Solidarité et d’Oxfam-Magasins du monde , est une coopérative qui soutient les communautés paysannes. Oxfam aide LFP à mettre sur pied et soutenir des groupes de production locaux.

A ses débuts en 1994, LFP axait surtout ses efforts sur l’augmentation de la production. A cet effet, elle accordait des micro-crédits, construisait des petits barrages et développait des systèmes d’irrigation. Ces barrages ont permis de récolter presque toute l’année, alors qu’avant les agriculteurs ne pouvaient récolter que deux fois par an.

Transformer pour ne plus jeter
Toutefois, LFP a bien vite remarqué que les paysans n’arrivaient pas à vendre leurs surplus de production. A Kasi par exemple, ils se voyaient même obligés de laisser pourrir leurs fruits. LFP a donc entrepris de chercher un marché pour ces produits. « Des représentants du réseau du commerce équitable en Europe sont venus voir quels produits nous avions et ce que nous pouvions en faire », explique Sisalio Svengsuksa, directeur de Lao Farmers’ Products.

« Ensemble, nous avons développé l’idée de mettre sur pied un atelier de transformation. Désormais, les surplus de la récolte sont transformés en confiture et en jus de fruits », poursuit-t-il. « Au début, nous ne savions pas du tout comment procéder. Notre confiture n’avait jamais la même couleur ! Des étudiants français nous ont aidé lors de ce processus. Avec les années, nous avons développé nos compétences dans chacune des étapes : production, contrôle et distribution. Ces stratégies ont permis aux paysans de sortir de la pauvreté. Aujourd’hui , notre objectif est de les former et de les accompagner, ainsi que d’effectuer le contrôle de qualité. Nous nous assurons également qu’ils touchent un prix équitable pour leurs produits et que le travail et les revenus soient équitablement répartis. »

Du bio, emballé sur place
Lao Farmers’ Products opte résolument pour une agriculture biologique. Ses membres n’utilisent pas d’intrants chimiques polluants. Une solution à la fois plus saine et moins coûteuse pour les paysans.

D’après Sisalio Svengsuksa, l’agriculture biologique constitue un important facteur de développement : « Produire bio, c’est pour nous le seul moyen de vendre nos produits, en proposant une alternative aux produits bon marché de nos concurrents voisins. » En effet, le Laos est entouré de grands exportateurs comme la Thaïlande, la Chine et le Vietnam qui exploitent de vastes territoires pour l’agro-business en recourant à des intrants chimiques pour assurer des rendements élevés.

Alors qu’au Laos, l’industrie de transformation est quasi inexistante, LFP tient à assurer elle-même l’emballage des produits afin de créer encore plus d’opportunités d’emploi. Un choix qui n’est pourtant pas évident, comme l’explique le directeur de la coopérative : « Pour emballer nos jus de fruits, nous devons importer des bouteilles vides de Thaïlande. Elles parcourent 500km avant d’arriver ici, et refont ces 500km après avoir été remplies. Le Laos n’a pas d’accès direct à la mer, et pour exporter vers l’Europe nous devons donc passer par la Thaïlande. Au final, nos produits coûtent donc trois fois plus cher en Europe. Heureusement qu’Oxfam et les autres acteurs du commerce équitable nous permettent de les vendre ! »

Aujourd’hui, LFP est le seul producteur laotien à exporter des produits bio transformés vers l’Europe. Le thé bio est récemment venu s’ajouter aux jus de fruits, à la confiture et au riz, grâce à une collaboration avec Batieng Products. LFP est la première organisation laotienne à proposer un thé de qualité suffisante pour être accepté sur le marché international. Les revenus de LFP retournent aux communautés. Ils ont déjà permis la construction d’une dizaine d’écoles et de quelques bibliothèques.

Hanne Stevens


Les produits de Lao Farmers’ Products sont en vente dans les Magasins du Monde Oxfam.


 
 

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