L’urgence médicale s’accroît à Gaza

Le 27 février dernier, le bureau central de PMRS, organisation partenaire d’Oxfam dans la bande de Gaza, a été détruit suite au bombardement par l’armée israélienne du Ministère de l’Intérieur. Une clinique mobile a été sévèrement endommagée, ainsi que la pharmacie, le générateur et d’autres installations de base. Une catastrophe à un moment où les besoins en soins de santé se font chaque jour plus pressants.
De plus en plus de Gazaouis font appel aux services du Palestinian Medical Relief Society (PMRS). Depuis la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007, la bande de Gaza a été coupée du monde par Israël. L’entrée et la sortie de personnes ou de marchandises sont plus que restreintes. Les principaux acteurs internationaux ont en outre mis fin au soutien financier des institutions gérées par le Hamas, parmi lesquelles le Ministère de la Santé Publique.
En conséquence, il est presque impossible d’avoir accès à des soins médicaux spécialisés. Et les médicaments se font rares, surtout pour les personnes n’ayant pas accès aux cliniques privées. C’est à ces besoins que PMRS tente de répondre.
Un vide à combler
PMRS est l’une des principales ONG actives dans le domaine de la santé à Gaza. L’année passée, pas moins de 130.000 personnes ont fait appel à ses cliniques mobiles, ses pharmacies ou ses centres de soins médicaux. Ces derniers mois ont vu un accroissement brutal de la demande en soins. A cause de la fermeture de l’hôpital public, du manque de médecins et de médicaments, la clinique du village d’Abu Tueimeh a connu une affluence accrue de 300% le mois dernier.
Avant le blocage de la bande de Gaza, PMRS soignait environ 45 patients atteints de maladies chroniques par mois. Etant donné l’état de déliquescence dans lequel se trouvent les services médicaux publics, ce nombre s’élève aujourd’hui à près de 500 patients. « Les trois principales maladies chroniques que nous traitons sont l’hypertension, le diabète et les problèmes cardio-vasculaires. Mais nous soignons également d’autres patients », affirme le Dr Aed Yaghi du PMRS. « Depuis la prise du pouvoir par le Hamas, le Ministère de la Santé Publique et les services médicaux de l’armée se trouvent confrontés à une pénurie de médicaments. Les patients présentant des maladies chroniques sont les premières victimes de cette carence.
De plus, il est de plus en plus difficile pour une majorité de Gazaouis de supporter les frais qu’entraînent les examens médicaux ou les prescriptions de médicaments. Le chômage atteint des sommets et accroît la pauvreté de la population. Les hôpitaux publics, moins chers, ne sont plus en état d’assurer leurs services comme il se doit. Dans une clinique privée, une simple prescription coûte jusque 40 shekels (plus de 7 euros) alors que chez PMRS, cette même prescription ne coûte que 4 shekels (70 centimes d’euro). Et cette somme n’est réclamée qu’à ceux qui peuvent se le permettre.
Tout reconstruire
Suite au bombardement de ses locaux par l’armée israélienne, l’équipe du PMRS s’est immédiatement lancée à la recherche d’un nouveau siège central . Aed raconte : « Nous ne voulions pas abandonner les bureaux sans réparer les dégâts les plus importants. La moitié d’entre nous a pris en charge le nettoyage des locaux bombardés, tandis que les autres se mettaient à la recherche d’un nouvel endroit pour travailler. »
« Nous savons d’expérience que lorsqu’un site gouvernemental est attaqué une première fois, il est très probable qu’il le soit à nouveau peu après. Nous voulions donc trouver un bâtiment sûr, aussi éloigné que possible de tout bâtiment gouvernemental. »
Tout l’équipe s’est mobilisée pour trouver un nouvel endroit, travaillant depuis les domiciles et utilisant les portables personnels pour récolter du matériel médical. Trois jours après les attaques israéliennes, PMRS avait trouvé de nouveaux bâtiments où établir son siège ainsi que son nouveau centre de soins. Un mois plus tard, l’équipe se remettrait à travailler.
Malgré le loyer plus cher et l’ensemble des difficultés rencontrées dans la mise sur pied du nouveau centre, PMRS reste déterminé à aider ceux qui en ont le plus besoin. La première clinique mobile circulera à nouveau en avril. En raison du blocus, il est devenu difficile de trouver des véhicules à vendre dans la bande de Gaza. C’est pourquoi l’équipe de PMRS envisage de transformer une vieille voiture en nouvelle clinique et ainsi atteindre un public plus large.
« Nous vivons dans des conditions difficiles », dit Aed. « Nous espérons une reprise officielle des discussions de paix. La vie ici est pire qu’en prison. Au moins, en prison, on connaît la date de sa libération. Nous ne savons pas quand Gaza pourra à nouveau s’ouvrir. Nous ne nous sentons absolument pas libres. »
Plus d’informations
Evelyn Lernout, représentante d’Oxfam-Solidarité à Jérusalem
gsm ++972 547 39 57 02 --- lernout_evelyn(at)hotmail.com
Mehdi Maréchal, gestionnaire des projets pour les territoires palestiniens occupés
Tel. : 02 501 67 81 --- mehdi.marechal(at)oxfamsol.be
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