Inondations au Pakistan

19 novembre 2010

L’hiver menace 7 millions de Pakistanais sans abri

Trois mois après les inondations, les cas de maladies augmentent au Pakistan. Dans la province de Sindh, de nombreuses zones sont encore sous l’eau. Pourtant, malgré l’ampleur de la catastrophe, les dons ont encore du mal à arriver. C’est la reconstruction du pays qui est alors compromise.

Sindh, dans le Sud du Pakistan, compte plus d’un million de personnes déplacées suite à la destruction de leurs maisons lors des inondations. Des dizaines de milliers de familles qui s’étaient réfugiées dans les écoles doivent à présent déménager au vu de leur réouverture. À l’approche de l’hiver, sept millions de personnes se retrouvent sans logement convenable.

À côté de cela, de vastes étendues de terres sont toujours inondées et certains villages totalement encerclés par les eaux. De nombreux agriculteurs ne seront donc pas en mesure de semer leurs cultures d’hiver. Selon les autorités pakistanaises, les zones les plus touchées demanderaient jusqu’à six mois pour sécher.

« La crise est loin d’être terminée, explique Neva Khan, directeur d’Oxfam au Pakistan. La province de Sindh reste la zone la plus affectée. Il y a encore quelques temps, lorsque l’attention de la communauté internationale était fixée sur ces inondations, l’espoir d’une aide financière considérable existait. Mais, alors que l’eau se retire peu à peu, les promesses d’aide financière s’affaiblissent. Trop de pays riches ont déjà abandonné les victimes de ces inondations… »

La santé en danger

- Selon les Nations Unies, 10 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire immédiate. Mais, par manque de moyens financiers, l’arrivée de rations alimentaires normalement prévues pour 3,5 millions de personnes est compromise.

- Le Programme alimentaire mondial (PAM) fait actuellement face à un déficit de 70 millions de dollars. Dès novembre, il devra commencer à réduire les rations alimentaires, et le financement de ses programmes pour 2011 reste très incertain.

- Depuis le début des inondations, 99 cas de choléra ont été confirmés. Le nombre de cas de polio a, quant à lui, augmenté de 26% par rapport à l’an passé, alors que cette maladie est pratiquement éradiquée au niveau mondial.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avertit par ailleurs qu’elle devra, dès novembre également, radicalement réduire ses effectifs dans 5 centres des zones les plus affectées. En outre, il n’est pas certain qu’elle puisse continuer ses opérations en 2011, à moins que des moyens financiers supplémentaires n’arrivent.

- Près de deux millions de logements ont été endommagés ou détruits ; suite à quoi sept millions de personnes ne disposent pour l’instant pas d’un logement convenable. Avec l’hiver qui arrive, c’est la malnutrition, des pneumonies ainsi que d’autres infections respiratoires qui sont à craindre.

Oxfam dénonce le manque d’appui financier

Jusqu’ici, l’effort d’aide financière a déjà permis de sauver des vies et de répondre aux besoins les plus urgents. Mais ces premiers pas réalisés risquent d’être fortement compromis par manque de moyens financiers supplémentaires. Malgré la générosité de certains donateurs, les dons actuels recouvrent à peine 38% de l’appel initial de l’ONU, qui était d’environ 2 milliards de dollars.

Dans les régions les plus touchées du Pakistan, Oxfam et ses partenaires ont débuté le travail de reconstruction. Ils appuient actuellement plus de 1,2 million de personnes. Ils fournissent de l’eau potable, des sanitaires, des kits d’hygiène ainsi que des bons pour permettre aux familles d’acheter elles-mêmes les produits alimentaires de base.

Oxfam a également lancé un programme de « argent contre travail ». De cette manière, la population peut gagner un peu d’argent tout en aidant à nettoyer les maisons et villages endommagés. Enfin, l’ONG distribue des semences et de l’engrais dans les zones où les agriculteurs peuvent à nouveau semer.


Au total, 1,7 milliard de dollars a été consacré pour aider le Pakistan, via des contributions liées ou non à l’appel des Nations Unies. Cela représente environ 40 $ par personne.
À titre de comparaison : en 2005, suite au tremblement de terre au Cachemire, les dons versés au cours du premier mois s’élevaient à 570 $ par personne !

Nous avons encore besoin de votre appui afin d’aider les familles pakistanaises à retrouver une vie décente !


Contact :

- au Pakistan : Caroline Gluck, Responsable de la presse humanitaire pour Oxfam
+92 (0)308 555 7219 - +44 7867 976 041 - cgluck(at)oxfam.org