L’eau n’est pas à vendre
Oxfam-Solidarité mène depuis plus d’un an une campagne dont l’élément liquide est le thème central. L’eau et les services qui lui sont liés – captation, traitement, distribution, assainissement – nous concernent tous. Ils sont aujourd’hui menacés.
La vie passe avant le profit
Nos partenaires dans le Sud luttent depuis toujours pour l’accès aux droits sociaux de base : soins de santé, éducation, emploi, eau. Cette dernière, par sa valeur symbolique et les menaces qui pèsent sur elle, est devenue notre cheval de bataille, notre angle d’attaque pour aborder un sujet plus global mais aussi beaucoup plus abstrait et plus lointain en apparence : la marchandisation effrénée de tous les services sociaux de base. Ce processus est en cours dans les coulisses de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le cadre de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), des décisions lourdes de conséquences pour l’avenir de tous les citoyens de la planète sont prises à huis clos. Notre vie quotidienne en sera – et est déjà – bouleversée.
Tout à vendre ?
L’AGCS permet le bradage général des services sociaux de base tels la distribution de l’eau, les soins de santé, l’éducation, l’électricité, les communications… dans la majorité des pays du Nord comme du Sud. Les pouvoirs publics, souvent sous pression d’institutions internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, délaissent de plus en plus leurs responsabilités face à la collectivité et délèguent la gestion des services aux entreprises privées. Une fois aux commandes, ces entreprises souvent multinationales appliquent une seule règle : la loi du libre marché et du profit. Si la tendance actuelle se poursuit, d’ici peu seules les personnes disposant des moyens nécessaires seront susceptibles de se payer l’accès à ces services essentiels.
La Commission européenne joue un rôle central dans les négociations en cours au sein de l’OMC. Elle est un des fers de lance de la politique agressive de libéralisation – et donc de privatisation – des services, l’eau en tête. Et ce n’est pas un hasard : les trois multinationales qui dominent à elles seules le marché mondial de l’eau (Suez, Vivendi, RWE) sont européennes.
Vent contraire
Face à l’AGCS et la perspective de nouvelles négociations, une mobilisation grandissante s’organise. Organisations non-gouvernementales, syndicats, associations et mouvements sociaux se sont regroupés dans notre pays sous le Forum social de Belgique. Ensemble, nous définissons des stratégies et des actions concrètes à mener conjointement face à la privatisation des services publics. Si nous avons obtenu en 1999 d’arrêter la dynamique de l’AMI (Accord Multinational sur l’Investissement), nous devons faire de même aujourd’hui pour arrêter l’AGCS. Et nous y veillerons…


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