social

Objectifs du Millénaire pour le développement

2 juin 2010

L’aide du 21ème siècle

Dans le rapport « L’aide du 21ème siècle », Oxfam répond aux sceptiques de l’aide. Ceux-ci veulent remettre en question toute forme d’aide, en s’appuyant sur des exemples où l’aide au développement a échoué. Une attitude à la fois infondée et irresponsable.

L’aide qui réussit...
Le rapport « L’aide du 21ème siècle - Reconnaître les réussites et corriger les failles » fait la distinction entre la ’bonne’ et la ’mauvaise’ aide, et analyse ce qui exactement fait la différence entre les eux. L’aide de qualité a déjà contribué à d’énormes progrès en matière de développement et de lutte contre la pauvreté. Au Mozambique par exemple, elle a mené à un doublement des investissements publics dans les soins de santé, ce qui a mené à une baisse de 20% de mortalité infantile dans ce pays.

Malgré ces exemples incontestables de succès, il est vrai qu’ 1,4 milliard de personnes vivent toujours dans une situation de pauvreté extrême. Face à ce constat, les ’sceptiques de l’aide’ mettent en doute l’efficacité de l’aide au développement dans son ensemble.

Le rapport d’Oxfam se veut une réaction à ce mouvement, qui considère que les pays pauvres devraient refuser l’aide et se compter plutôt sur les investissements étrangers, les prêts publics et les revenus fiscaux. Mais Oxfam estime que, si ces formes de financement sont importantes, elles ne suffisent pas à répondre pas aux besoins de développement des pays pauvres.

... et celle qui échoue
Certes, l’aide échoue parfois, et elle pourrait souvent être mieux gérée. Une aide dirigée par des intérêts géopolitiques et mise en œuvre par de coûteux consultants a toutes les chances d’échouer. On peut en dire de même des programmes d’aide mis en place par de soi-disant experts de Bruxelles, Washington ou Genève, et imposés au pays bénéficiaire sans réelle consultation ou participation de celui-ci.

Mais ceci est un argument pour adapter cet instrument, et non pour le supprimer. Une aide efficace est plus que jamais nécessaire, à l’heure ou les pays pauvres sont ébranlés par les crises – alimentaire, économique, climatique – successives !

L’aide doit s’accompagner de réformes
En revanche, il faut souligner que l’aide au développement ne suffit pas à elle seule pour combattre la pauvreté et l’injustice : des relations commerciales équitables, ou encore la lutte contre la fraude fiscale jouent aussi un rôle crucial. Des réformes sont nécessaires à ce niveau. Combinées à une aide financière efficace, elles peuvent contribuer à l’amélioration des conditions de vie de millions de personnes et constituer un levier pour le développement d’un pays.

Le rôle de la société civile
Au Mozambique, le GMD (Groupe Mozambicain contre la Dette), partenaire d’Oxfam-Solidarité, s’investit pour un contrôle civil des dépenses publiques. Comme une grande partie de l’aide étrangère vient s’ajouter directement au budget public, GMD veille également au bon usage de l’aide au développement. En mettant le gouvernement devant ses responsabilités, GMD constitue un allié précieux dans la promotion d’une bonne gestion au Mozambique.

Plus d’infos :
-  Katrien Vervoort, responsable du plaidoyer ’services sociaux de base’ pour Oxfam-Solidarité : tel. 02 501 67 56 - katrien.vervoort(at)oxfamsol.be
- Résumé du rapport « L’aide du XXIe siècle - Reconnaître les réussites et corriger les failles »

  • (PDF - 128.9 ko)