L’UE doit agir pour la paix dans l’Est du Congo

Oxfam a appelé aujourd’hui les leaders européens à agir plus efficacement pour amener une paix durable dans l’Est du Congo. Cet appel intervient au moment où les ministres des Affaires Etrangères de l’Union européenne se réunissent à Bruxelles pour revoir les missions de réforme de la police et de l’armée sur le terrain.
Tout en accueillant positivement les efforts faits par l’UE, Oxfam a rappelé aux ministres de ne pas perdre de vue l’ensemble du problème : l’extension du mandat est certes vital mais ne sera en aucun cas suffisant pour sécuriser la paix fragile au Congo.
Juliette Prodhan, la responsable des programmes d’Oxfam en RDC, affirme :
“Cela fait froid dans le dos de penser qu’une telle misère humaine se prolonge pendant que la communauté internationale concentre son attention ailleurs. Ce conflit est le plus meurtrier que la planète ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale. Au moins 100.000 personnes ont été contraintes de fuir leurs habitations, plusieurs centaines ont été violées et plus encore tuées depuis l’accord de paix signé à Goma en janvier de cette année ”.
“Durant les élections de 2006, l’Union européenne constituait une force positive de renforcement pour le Congo. Les congolais tentent aujourd’hui d’accrocher une paix durable ; les européens se doivent de les aider davantage dans la poursuite ce cet objectif ”.
Presque six mois après la signature d’un accord de paix historique, la terreur règne toujours dans l’Est du Congo. 881 faits de viol furent rapportés dans la province du Nord-Kivu pour le seul mois d’avril, et ils ne constituent probablement que la pointe de l’iceberg. Le pillage commis par des hommes en armes est toujours un fait courant et des enfants soldats continuent d’être recrutés.
Les missions européennes EUSEC et EUPOL assurent le soutien et la formation de la police et de l’armée congolaises afin de leur permettre de mieux protéger les civils. Mais dans de nombreuses zones la police et l’armée constituent pour les civils une menace équivalente aux milices. Les soldats pratiquent l’extorsion de façon si courante que dans certaines zones les citoyens préparent leurs « taxes » à l’avance pour éviter l’humiliation des fouilles et des coups.
Oxfam encourage l’Union européenne à :
maintenir la pression diplomatique sur tous les groupes armés et à tenter de fermer les frontières orientales du Congo au trafic d’armes, au commerce illégal et à l’entrée de nouvelles recrues pour les milices.
soutenir la nomination d’un Rapporteur spécial indépendant sur les Droits de l’Homme dans l’Est d la RDC.
s’assurer que les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration des milices fassent partie d’une stratégie à long terme de soutien au retour à la vie civile.
Notes :
1. La situation humanitaire dans l’Est du Congo est l’une des pires au monde. Plus de 5 millions de personnes ont péri depuis le déclenchement de la guerre en 1998, la grande majorité en raison d’un manque d’accès à la nourriture ou aux soins de santé. Il s’agit de la guerre la plus meurtrière dans le monde aujourd’hui. Le viol y est endémique. Selon les Nations unies, 14.200 cas de viols furent enregistrés entre 2005 et 2007 dans la province du Sud-Kivu. Seulement 287 ont été jugés.
2. Un accord de paix a été signé au Congo en 2003. La paix s’est alors imposée dans une grande partie du pays, mais les provinces du Kivu restèrent victimes d’un conflit meurtrier. En janvier 2008, suite à des semaines de négociations, un accord de cessez-le-feu fut signé entre le gouvernement et 22 groupes armés dans la ville de Goma. Suite à cette signature, le gouvernement congolais mit en place le programme Amani (« Paix ») pour l’Est du Congo, et nomma le très respecté Abbé Malu Malu, un prêtre catholique, pour mener les efforts en direction de la paix.
3. En 2006, malgré le contexte de violences, le Congo connut des élections historiques, permettant pour la première fois au peuple d’élire librement ses dirigeants. Le taux de participation fut de 70%. La participation de l’Union européenne fut déterminante pour le bon déroulement de ces élections.
Pour plus d’information :
Thierry Dethier, Responasble Plaidoyer Humanitaire d’Oxfam-Solidarité, au 02/ 501 67 42 ou par mail à l’adresse tde(at)oxfamsol.be
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- RAEK : l’association des agriculteurs et éleveurs de Kabare (RD Congo)
- PADEBU, organisation d’appui et de renforcement de la société civile
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- APIDE, ONG de développement durable et d’actions humanitaires


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