social

Pour un commerce équitable

26 juin 2006

L’OMC recherche désespérément un accord (mais pas le travail digne ni le développement durable)

Les Ministres du commerce et les Hauts représentants des différents Etats membres de l’Organisation Mondiale du Commerce se rencontrent cette semaine à Genève. C’est la dernière chance pour forcer un accord et finaliser le Cycle de Doha à la fin de l’année. La CSC, FGTB, le CNCD-11.11.11 et Oxfam Solidarité demandent que les dimensions sociales et de développement soient enfin pleinement considérées dans le Cycle.

“Depuis le début du Cycle de développement de Doha, des vagues promesses sont faites aux pays en développement, et ne se sont toujours pas concrétisées”, déclare Daniel Van Daele, du front commun FGTB/CSC, “Les travailleurs doivent bien constater que les droits sociaux ne sont pas du tout à l’ordre du jour ”.

Les propositions de négociations qui se retrouvent aujourd’hui sur la table - et qui portent les secteurs de l’agriculture, des produits non-agricoles (AMNA) et les services (AGCS) - auront des conséquences très néfastes, tant pour les travailleurs que pour le développement général de nombreux pays.

Les plus influents membres de l’OMC tenteront de se mettre d’accord lors de réunions informelles, dont la principale sera la réunion mini-ministérielle où seule une trentaine de ministres pourront participer. Les autres pays membres n’auront que le choix d’approuver les conclusions.

Pour Francisco Padilla, du CNCD-11.11.11, “les négociations sont beaucoup trop opaques. Il n’y a pas assez de participation. L’impact de ces négociations est pourtant énorme et concerne tout le monde : l’ensemble des membres de l’OMC bien sûr, mais aussi les syndicats et les autres organisations de la société civile. Toutefois, ce sont surtout les intérêts industriels et commerciaux nationaux qui pèsent dans les négociations. Cela vaut aussi pour l’Union Européenne et la Belgique. ”

“Les vrais enjeux de l’agriculture ne sont pas réglés”, poursuit Thierry Kesteloot d’Oxfam-Solidarité. “Les négociations de l’OMC n’offrent pas de perspective pour une agriculture durable dans le monde ou pour la sécurité alimentaire au Sud. Les soutiens aux exportations devraient être éliminés, mais cela n’empêchera pas les Etats-Unis et l’Union Européenne de maintenir leurs exportations en dessous des coûts de production. L’accès aux marchés reste l’objectif majeur de la diminution des tarifs. Les pays du monde pourront de moins en moins se protéger contre les importations bon marché. Cette compétition accrue a pour conséquence la disparition progressive de l’agriculture familiale, au Nord comme au Sud. ”

En échange de plus d’accès à leurs marchés agricoles, les pays industrialisés demandent une libéralisation brutale du commerce des services et des produits industriels avec des pays émergeants comme le Brésil ou l’Afrique du Sud. Daniel Van Daele de la FGTB/CSC partage l’inquiétude des syndicats de ces pays : “L’impact sur les industries à fort coefficient de travail sera très fort. Beaucoup d’emplois formels risquent d’être perdus, et par conséquence les travailleurs devront se tourner vers le secteur informel, sans protection sociale, et sans droit du travail. A terme, cela aura aussi des conséquences au sein de l’Union européenne. La pression à la baisse des salaires et sur les conditions de travail sera encore renforcée ”.

“La Commission européenne a indiqué dans une récente communication que le travail digne devait avoir une place plus grande au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce”, poursuit-il. “Il est donc temps de passer des paroles aux actes”.

Pour plus d’informations, contactez

Daniel Van Daele, FGTB, 0475/24.50.86
Francisco Padilla, CNCD-11.11.11, 0478/28.33.17
Thierry Ketseloot, Oxfam-Solidarité, 0475/54.37.23