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Paix et sécurité

14 mai 2009

Kivu : les opérations militaires mettent les civils en danger

La MONUC (Nations Unies) s’apprête à appuyer l’armée congolaise dans une nouvelle offensive contre les rebelles FDLR du Sud-Kivu. Des plans militaires qui risquent de faire de nombreuses victimes parmi les civils, avertit Oxfam.

Bien qu’Oxfam soit consciente de la nécessité de mettre un terme aux effroyables violations des droits de l’Homme commises par les rebelles armés, elle rappelle que la réponse à fournir ne peut en aucun cas empirer la situation de la population.

Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité, revient tout juste de la région : « Il y a quatre mois, l’offensive menée contre les FDLR au Nord-Kivu a entrainé les civils dans une spirale de violence, contraignant 250.000 personnes à abandonner leur foyer depuis le mois de janvier. Ces gens fuyaient les représailles des rebelles et les abus commis par l’armée congolaise. Les pillages et les viols ont été extrêmement nombreux, et des milliers de maisons ont été incendiées. »

Oxfam a souvent rappelé que toute action militaire doit réduire au strict minimum les risques pour les civils, et doit se conformer au droit international humanitaire. Nous avons également réclamé des sanctions appropriées pour toute violation du droit de la guerre. Les violations des droits humains – y compris celles commises par les soldats du gouvernement – restent impunies depuis bien trop longtemps.

Soutenir, mais pas à n’importe quel prix
« La première priorité de la force des Nations unies au Congo doit être de protéger la vie de civils innocents. L’ONU doit être consciente des conséquences qu’implique son soutien à l’intervention militaire dans le contexte actuel », poursuit Van Damme.

Oxfam exhorte les Nations unies à établir des conditions préalables claires quant au soutien apporté par la MONUC - la Force de maintien de la paix de l’ONU en République Démocratique du Congo - aux actions de l’armée congolaise (FARDC). Ces conditions doivent être basées sur le strict respect du droit international humanitaire et la protection des civils. Oxfam demande en outre que des efforts non-militaires plus importants soient déployés en vue de désarmer les groupes rebelles ; bien qu’elle présente moins de risques pour les civils, cette option n’a toujours pas reçu suffisamment d’attention.

Entre le marteau et l’enclume
« Au vu des conséquences humanitaires qu’ont eu les opérations militaires au Nord-Kivu, on peut légitimement s’inquiéter pour le Sud-Kivu », déplore Van Damme.

« Alors que l’offensive militaire n’a pas encore vraiment débuté, 100.000 personnes ont déjà fui leurs foyers, cherchant à rejoindre des endroits un peu plus sûrs. A Bunyakiri, la région qui souffre le plus des opérations militaires, les populations sont prises au piège : d’un côté, les rebelles des FDLR et les groupes armés dans les bois, dans les montagnes et dans les champs entourant les villages ; de l’autre, l’armée congolaise installée dans les villages... »

Les organisations humanitaires s’attendent à ce que 400.000 personnes prennent la fuite au Sud-Kivu. A l’issue de la première offensive, Oxfam a étendu ses programmes afin de prêter assistance à 85.000 personnes supplémentaires au Nord-Kivu. Oxfam a également renforcé son bureau de Bukavu, au Sud-Kivu, en vue d’assurer de l’aide humanitaire au cours des opérations militaires. Oxfam exhorte les principaux pays donateurs à accorder de l’attention à la crise humanitaire qui fait rage depuis le mois de janvier.

Plus d’infos :
- Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 42 - E-mail : sva(at)oxfamsol.be
- Soutenez les populations de l’est du Congo

Notes :
1. Le 20 janvier, les armées rwandaise et congolaise et la milice du CNDP ont lancé une offensive conjointe visant à désarmer le groupe rebelle du FDLR par la force. L’armée rwandaise a quitté le sud du Congo à la fin du mois de février dernier, mais l’offensive se poursuit dans le Nord-Kivu et s’étend au Sud-Kivu.

2. Fin 2008, les combats entre le gouvernement congolais et le groupe rebelle CNDP ont provoqué le déplacement de plus de 250.000 personnes.

3. Oxfam a lancé un appel d’urgence en faveur de la RDC et apporte son assistance à plus de 500.000 personnes touchées par le conflit.