Les photos ci-dessous parlent d’elles-mêmes. Et les récits des habitants de Turkana confirment l’urgence qu’il y a à leur venir en aide pour lutter contre la famine actuelle. Mais la pluie n’est pas la seule chose qui manque dans cette région. Elle manque également d’investissements à long terme dans les moyens de subsistance durables ainsi que dans les infrastructures qui auraient permis de mieux préparer la population à faire face à cette catastrophe.
Les nomades ont vu mourir leur bétail et les paysans ne sont plus à même d’assurer leur propre sécurité alimentaire. Les conflits incessants obligent les femmes et les enfants à fuir, à la recherche de nourriture et d’eau, de soins ou encore de possibilités de suivre un enseignement. Il faut s’attaquer rapidement aux causes de cette crise. Des projets à long terme doivent être mis en place pour permettre aux populations de faire valoir leurs droits et d’être mieux armées pour faire face aux catastrophes climatiques toujours plus fréquentes. Les responsables politiques et la communauté internationale doivent agir sans tarder.
- Le chameau, l’un des animaux les plus résistants à la sécheresse, permet habituellement aux familles de se nourrir pendant la saison sèche en leur fournissant du lait, de la viande et de la graisse. Mais aujourd’hui, après les vaches, les chèvres et les moutons, même les chameaux meurent. Les communautés pastorales savent alors qu’avec lui disparaît leur dernier espoir.
- L’eau manque et le sol est tellement sec qu’il se craquelle sous les pas. Les pâturages pour le bétail ont disparu. Il ne reste plus qu’à attendre la pluie, qui ne devrait pas arriver avant plusieurs mois. D’ici là, les quelques animaux qui auront survécu seront si faibles qu’ils ne pourront même plus servir de monnaie d’échange.
- Les habitants de la région creusent des puits dans le lit asséché des rivières. Un liquide brun vaseux finira par apparaître : il sera consommé aussi bien par les hommes que par les bêtes. C’est la seule source d’eau potable encore disponible pour de nombreuses communautés de Turkana, une région marginalisée qui n’a reçu aucun investissement pour le développement de points d’eau ou de forages.
- Conçus par la communauté pour collecter les eaux pluviales, ces réservoirs sont désespérément vides depuis des années et sont devenus le terrain de jeu des enfants. Certains d’entre eux n’ont encore jamais vu de vraie pluie de leur vie. Aujourd’hui, ils dépendent de l’aide alimentaire qu’ils reçoivent à l’école, où ils se rendent chaque jour, pour recevoir leur ration quotidienne de bouillie de céréales.
- De nombreuses familles se nourrissent depuis des semaines de baies sauvages. Celles-ci doivent être bouillies pendant plusieurs jours avant d’être consommées. Les peaux d’animaux séchées servent également à tromper la faim durant quelques heures.
- La tradition veut que les hommes de Turkana se marient après avoir versé une dot, constituée d’un nombre précis de têtes de bétail, à la famille de sa future épouse. La sécheresse et la mort du bétail ont paralysé ces célébrations, élément essentiel de la culture des communautés pastorales.
- La distribution alimentaire du Programme alimentaire mondial mise en place par Oxfam n’est disponible, depuis quelques mois, que pour les familles les plus vulnérables. Celle-ci est loin d’être suffisante. Des milliers de familles dépendent des distributions mensuelles des centres de distribution. Les bénéficiaires répartissent ensuite les rations dans de petits sacs pour pouvoir les transporter, la plupart des communautés concernées vivant dans des lieux reculés.
- Dans le village de Kaaleng, alimenté en eau grâce à la pompe solaire installée par Oxfam, des jardins potagers familiaux ont vu le jour. Benson Kore cultive du maïs, des tomates, des oignons et quelques autres plantes potagères, avec l’aide de sa famille. La famille est unie pour palier à la perte de leur bétail qui, autrefois, leur permettait de survivre. Benson possède encore 5 chèvres qui se nourrissent des résidus de cultures.
- L’école de bergers Akadeli est un projet pilote développé par Oxfam pour permettre la partage de connaissances et d’expériences entre les bergers de la région de Turkana. La plupart d’entre eux ont perdu leur bétail et tentent, grâce aux microcrédits communautaires, de développer de nouvelles activités, telle que la pêche dans le lac Turkuna. Ils obtiennent ainsi de nouvelles sources de revenus et diversifient leur alimentation.
Copyright photos : Irina Fuhrmann/Oxfam