Investir dans l’agriculture, une stratégie qui rapporte

Le manque d’investissements efficaces dans l’agriculture fragilise les populations rurales de plus en plus démunies face aux changements climatiques et aux crises économiques. Un état de fait qui risque d’aggraver encore la crise alimentaire.
Avec 75% d’investissements en moins ces dernières années, l’agriculture est en bien mauvaise posture. Dans son rapport “Investing in Poor Farmers Pays : Rethinking how to invest in Agriculture” Oxfam souligne l’importance de réinvestir rapidement et efficacement dans l’agriculture, avec une attention particulière pour les paysans pauvres, dont les 2/3 ne reçoivent actuellement aucune aide.
Le G8 doit opter pour des solutions long terme
“Ces dernières décennies, on a trop négligé le secteur agricole des pays en développement,” affirme Emily Alpert, auteur du rapport. “Investir dans l’agriculture, c’est pourtant favoriser une solution long terme aux crises alimentaire, financière et climatique.”
La semaine prochaine se tient en Italie le sommet des huit pays les plus riches au monde. A cette occasion, Oxfam veut attirer l’attention sur l’importance vitale du secteur agricole. Nous demandons que le soutien au développement agricole soit ramené au niveau de 1980, soit 20 milliards de dollars (contre 5 milliards aujourd’hui). Leurs politiques agricoles, commerciales et climatiques doivent également être revues afin de ne plus défavoriser les agriculteurs des pays pauvres.
Lors du récent sommet du G8 sur l’agriculture, les ministres compétents n’ont pas remis en question les politiques commerciales injustes actuellement en vigueur. Toutefois, la conclusion évoquait quelques recommandations que le G8 devrait sérieusement considérer et étudier, comme :
les facteurs qui provoquent les fluctuations de prix sur les marchés agricoles ;
la possibilité dune gestion de stocks internationale pour limiter les fluctuations de prix ;
les moyens d’éviter les conflits fonciers ;
le renforcement du rôle des petits agriculteurs
Femmes et petits paysans, acteurs-clé du développement agricole
“Nous devons cesser de nous attaquer séparément à chaque problème causé par la faim ”, poursuit Emily Alpert. “Il est temps de s’en prendre aux causes de la faim, de la vulnérabilité et de la pauvreté. Les femmes ont un rôle essentiel à jouer dans le renforcement de la sécurité alimentaire. Pour améliorer la production agricole et combattre la pauvreté, nous devons développer la capacité des femmes à s’intégrer dans l’agriculture. Et pour cela, nous avons besoin de moyens financiers. ”
“ Une attention particulière doit également aller aux paysans et bergers de régions isolées, quasiment privés d’accès au marché, mais aussi au crédit agricole, aux semences, aux terres fertiles ou même aux opportunités de travail en dehors de l’agriculture. Ces paysans et bergers contribuent au maintien de la biodiversité et à la protection des terres plus fragiles. Ils pourraient devenir de précieux alliés dans la lutte contre les changements climatiques. ”
“ Ces territoires isolés ne pourront jamais être compétitifs sur le marché agricole international, mais jouent un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté dans les pays en voie de développement”, conclut Alpert. “Un secteur agricole qui se porte bien contribue en effet au succès de l’économie locale, à de meilleurs salaires et à un marché local dynamique où les paysans et les ouvriers peuvent dépenser leurs revenus.”
Pour plus d’infos :
Thierry Kesteloot, responsable du plaidoyer souveraineté alimentaire
Tel. 02 501 67 55 — gsm : 0475 543 723 — thierry.kesteloot (at) oxfamsol.be
Rapport “Investing in Poor Farmers Pays : Rethinking how to invest in Agriculture” en anglais
Résumé du rapport en français


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