Inondations au Mozambique : tout reconstruire...

« J’ai tout perdu dans les inondations, c’est pourquoi je n’envisage pas de retourner d’où je viens. Nous en avons tous assez de souffrir des inondations », explique Maria Paulo, résidente au camp temporaire de Chueza au Mozambique.
« Lorsque nous sommes venus vivre dans ce centre, nous savions que l’eau du Zambèze était impropre à la consommation. Mais nous n’avions pas d’alternative. Grâce à Oxfam, nous avons aujourd’hui accès à une eau propre et de bonne qualité. » Maria Paulo, résidente au camp temporaire de Chueza.
Il est très difficile d’oublier les traumatismes du passé mais il est possible de construire l’espoir d’un avenir meilleur. C’est probablement la meilleure manière de décrire l’état d’esprit de milliers d’hommes et de femmes touchés directement par les inondations du mois de janvier au Mozambique.
La création de services durables
Les inondations répétitives qui ont récemment frappé le pays ont poussé les personnes touchées à envisager les changements climatiques et leur vulnérabilité face aux catastrophes naturelles d’une façon différente. Plus important, elles les ont décidé à sortir de leur situation.
Le gouvernement a officiellement annoncé la fin de la « période d’urgence » dans le pays, ce qui signifie que tous le efforts se concentrent maintenant sur la création de services durables destinés à aider au redressement des populations touchées qui vivent dans les centres pour déplacés.
« Il est temps de construire le futur », entend-on dans les camps temporaires basés à Marromeu, dans la province de Sofala, l’une des plus touchées par les inondations de janvier 2008. Il est temps d’agir sur la capacité de résistance locale aux impacts des sécheresses et des inondations. En effet, des phénomènes météorologiques exceptionnels ne constituent pas nécessairement en eux-mêmes des désastres, ceci dépendant du degré de vulnérabilité des populations.
Selon les chiffres officiels, le nombre total de personnes déplacées dans le pays en raison du désastre s’élève à 115.000. Les dégâts les plus sérieux ont été causés dans les provinces de Sofala, Zambezia, Tete et Inhambane, où beaucoup de déplacés ont tout perdu : maison, cultures et matériel.
Le travail d’Oxfam
Oxfam International soutient directement et par l’intermédiaire de partenaires locaux plus de 48.000 personnes au travers d’interventions combinées visant à la normalisation immédiate de la vie des déplacés dans les centres. De telles interventions comprennent notamment l’approvisionnement en eau, ustensiles de ménage, bâches de plastique pour la construction d’abris de fortune et autres dispositifs d’urgence.
« Nous sommes conscients du fait que le processus de déplacement des populations devrait être aussi flexible que possible, afin d’aider au mieux les personnes touchées à ne pas retourner d’où elles viennent. », affirme Michael Tizora, ancien Responsable des programmes d’action humanitaire d’Oxfam au Mozambique.
Oxfam a une base opérationnelle dans le district de Marromeu, avec une équipe humanitaire de terrain pour assister les personnes déplacées dans les camps temporaires de Chueza 1 et 2, Nhapirundo, Chapa 30 et Zona C (en aval du fleuve Zambèze) ainsi que dans les sites de réinstallation de Chupanga, Chiburiburi et Amambos.
Quel avenir pour les déplacés ?
« Notre besoin immédiat est d’obtenir des semences pour pouvoir produire de la nourriture en quantité suffisante pour nourrir nos familles. Nous promettons au gouvernement de ne pas retourner dans nos maisons, mais nous avons toujours besoin d’aide et d’assistance pour oublier ce qu’il nous est arrivé et aller de l’avant. », a déclaré Paulo Chueza, chef traditionnel du centre éponyme.
Oxfam est également active dans le district de Mutarara, au coeur de la province de Tete. Elle y développe un programme aidant les agriculteurs à retrouver un moyen de subsistance. Un programme d’accès à l’eau, qui a ciblé 30.000 hommes et femmes, y a également été mis en oeuvre. A Tambara, dans la province de Manica, Oxfam a travaillé avec Magariro, une organisation locale qui intervient auprès de 13.500 personnes en matière d’eau et d’installations sanitaires. Elle les aide également a redémarrer une activité agricole après les inondations.
Dans presque tous les camps, l’accès aux services élémentaires est garanti : toilettes, eau potable, soins de santé et écoles. Oxfam a assuré la formation d’auxiliaires locaux en matière d’hygiène afin de guider les bénéficiaires du programme vers une utilisation adéquate de ces installations et d’éviter ainsi la propagation de maladies, telles que la diarrhée.
Cependant, le futur demeure relativement incertain pour de nombreuses personnes. Ils en sont au stade du bilan après avoir été victimes durant plusieurs années de catastrophes naturelles et d’inondations sans précédents (2001, 2007 et 2008 surtout). Le défi est maintenant de renforcer les populations locales afin de les rendre moins vulnérables face aux conditions météorologiques extrêmes.
De nombreuses personnes ont tout perdu. Mais pas l’espoir de changer le présent et de construire le futur. L’amélioration de leur situation demandera beaucoup de confiance et de travail.


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