Injustices climatiques et droits de l’homme

Les pays riches doivent baser leurs politiques relatives aux changements climatiques sur les principes reconnus des droits de l’homme et cesser de se cacher derrière des prétextes économiques pour fuir leurs responsabilités. C’est là l’une des principales conclusions du rapport intitulé « Les injustices climatiques et les droits de l’homme » qu’Oxfam International a publié ce 9 septembre.
Oxfam a communiqué son rapport au Bureau du Haut Représentant des Nations Unies pour les droits de l’homme, qui travaille actuellement sur la question et publiera ses conclusions en mars 2009. Oxfam estime qu’il s’agit d’une véritable opportunité pour la communauté internationale de démontrer l’adaptabilité des droits de l’homme aux défis d’aujourd’hui.
Dans ce rapport, Oxfam International dénonce le fait que les émissions massives de CO2 émanant des pays riches violent les droits de millions de personnes dans les pays pauvres : droit à la vie, à la sécurité, à l’alimentation, à la santé et au logement. « Le changement climatique était dans un premier temps considéré comme un problème scientifique. Il a ensuite été vu comme un enjeu économique. Aujourd’hui, il s’agit clairement d’une question de justice internationale », a déclaré Brigitte Gloire, responsable changement climatique et développement durable d’Oxfam-Solidarité.
Une exigence morale
« Les principes des droits de l’homme fournissent une alternative à l’acceptation que tout – du dioxyde de carbone à la malnutrition – a un prix, et peut-être comparé ou troqué », continue Brigitte Gloire. « Les droits de l’homme représentent une exigence morale fondamentale dont dispose tout individu. Le droit a l’alimentation, à l’eau ou au logement, par exemple, doivent se trouver au coeur des débats sur les changements climatiques. »
Oxfam soutient que le calcul implicite en vigueur actuellement entre coût humain et bénéfice économique est profondément immoral et fait peser sur la planète la menace d’un réchauffement – tant redouté – de plus de deux degrés. « Les pays riches, et ceux du G8 principalement, se contentent d’avancer une réduction de la moitié des émissions d’ici à 2050. C’est d’un accord garantissant une baisse d’au moins 80% dont le monde a besoin. Les faux arguments économiques mis en avant vont à l’encontre de l’éthique, de la science et des droits de l’homme, qui exigent une action radicale et immédiate », conclut Brigitte Gloire.
Plus d’info ?
Brigitte Gloire, responsable changement climatique et développement durable d’Oxfam-Solidarité au 02 501 67 53 ou à l’adresse bgl(at)oxfamsol.be
- Rapport ’Les injustices climatiques et les droits de l’homme’ (PDF - 386.4 ko)


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