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Changements climatiques

17 avril 2009

Inaction climatique ? "La faute à la crise !"

L’année 2009 sera particulièrement cruciale dans la lutte à mener contre le réchauffement climatique. En Belgique et ailleurs dans le monde, Oxfam entend bien agir pour faire bouger les dirigeants.

Depuis janvier 2009, il n’est pas une réunion de chefs d’États où la question climatique n’est pas abordée. Du Forum Économique Mondial de Davos (Suisse), au G20 de Londres en passant par les sommets européens, les déclarations d’intention des pays riches n’ont cessé de se multiplier. Malheureusement, pour ce qui est de l’adoption de mesures concrètes et ambitieuses, il en va tout autrement. La crise économique est là, et offre un prétexte tout trouvé à l’inaction...

Réduction des émissions
Alors que les dernières études des experts confirment les scénarios les plus pessimistes en matière de réchauffement, les réductions d’émissions de CO2 proposées par les pays riches restent honteusement insuffisantes. L’Union européenne envisage par exemple de réduire ses émissions de 20% d’ici 2020, alors que plus du double s’impose. En outre, l’UE compte atteindre cette faible réduction en recourant notamment à l’achat de crédits d’émission dans le Sud, au lieu de mener les efforts de réduction sur son propre territoire. Nous sommes donc bien loin de la demande de réduction de 45% exprimée fin mars par l’alliance des petits pays insulaires, rejoints en cela par une douzaine de pays africains et latino-américains.

Money, money, money...
Même topo en matière de financement : réunis les 19 et 20 mars à Bruxelles, les chefs d’État de l’UE ont reconnu l’importance d’octroyer des financements aux pays du Sud afin qu’ils s’adaptent à un changement climatique. Mais une fois encore, aucun accord n’a pu être trouvé quant aux fonds à dégager, alors que ces pays ont d’urgence besoin de dizaines de milliards de dollars (entre 30 et 80 chaque année, selon les agences).


"L’adaptation dont nous parlons est une adaptation à des changements climatiques principalement causés par les pays développés. Assez logiquement, c’est à ceux qui ont causé le problème qu’il revient de payer pour réparer ou prévenir les catastrophes. Les pays développés devraient donc dépenser beaucoup plus d’argent que ce qu’ils ne font maintenant dans le cadre de leur coopération au développement ou des fonds pour l’adaptation. Les montants sont beaucoup trop faibles." — Jean-Pascal van Ypersele, climatologue et vice-président du GIEC, s’exprimant dans notre magazine Globo de mars 2007.


En route vers Copenhague
Pour en finir avec les blocages dont se rendent coupables certains gouvernements, une mobilisation générale est nécessaire. Il faudra agir pour faire bouger nos propres gouvernements, mais aussi pour changer nos propres comportements et habitudes de consommation.

Le temps presse : la conférence de Copenhague, capitale pour l’avenir de la planète, aura lieu en décembre 2009. D’ici là, Oxfam entend bien lutter pour davantage de justice climatique en poursuivant son travail de plaidoyer auprès des instances belges et internationales, et en menant des actions avec ses partenaires de la « Coalition Climat » et du réseau « Climat et Justice Sociale ». Le mois de décembre sera particulièrement marqué par les mobilisations, notamment en Belgique. Nous y serons. Et vous ?

Plus d’infos :
- Brigitte Gloire, spécialiste d’Oxfam-Solidarité sur le développement durable et les changements climatiques
Tél. : +32 2 501 67 53 --- GSM : 0494 58 86 06 --- bgl(at)oxfamsol.be