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Territoire palestinien occupé / Israël

9 novembre 2009

Il reste encore un Mur à démanteler

La nuit du 9 au 10 novembre 1989, au moment de la chute du mur de Berlin, le temps s’est brusquement arrêté. Cette chute symbolisait la fin de la séparation imposée au peuple allemand, un pas significatif vers l’unification de l’Europe. Vingt ans plus tard, un autre Mur attend lui aussi de tomber en Cisjordanie, dans le territoire palestinien occupé par Israël.

Chaque jour, la construction du Mur dans le territoire palestinien occupé se poursuit. Le Mur et la mise en place de son régime associé (systèmes de permis, points de contrôle, portes, etc.) ont pour conséquence directe une paupérisation et un « dé-développement » croissants de la population palestinienne. Les paysans sont séparés de leurs champs, les ouvriers n’obtiennent pas l’autorisation d’aller travailler de l’autre côté du Mur, les femmes enceintes ne peuvent pas se rendre à l’hôpital et les villages souffrent d’un accès insuffisant à l’eau.

L’isolement total
Les habitants du village Hizma se trouvent ainsi coupés de Jérusalem par le Mur et les colonies israéliennes. Leur accès à l’eau pose problème car l’eau est réservée en priorité aux colonies environnantes. En outre, la construction du Mur a isolé une centaine d’habitants de Hizma du reste du village.

Ahmed et sa famille témoignent : « L’isolement total a commencé en 2006, lors de l’achèvement du Mur. Nous avons été coupés de nos familles. Pour rentrer chez nous, nous devons désormais subir le contrôle des soldats israéliens. Nous n’avons pas le droit de retourner chez nous en voiture, ce qui signifie qu’il faut tout porter sur le dos : des sacs remplis de légumes, des bidons d’eau, des bonbonnes de gaz... Même si vous avez des chaises roulantes, vous ne pouvez pas les mettre dans la voiture. Ma sœur est handicapée, et à chaque fois, nous devons la porter sur notre dos. ».

La Cisjordanie coupée en trois
Il y a cinq ans déjà, la Cour Internationale de Justice de La Haye déclarait illégale l’édification du Mur et de son régime associé par les Israéliens, et demandait son démantèlement immédiat. Pourtant, constate Oxfam, cet avis reste lettre morte. Pire : la construction du Mur se poursuit.

- Une fois terminé, le Mur sera long d’environ 790 kilomètres.
- Jérusalem Est sera intégralement isolée du reste de la Cisjordanie.
- Le tracé du Mur enfermera entièrement 42 villages palestiniens (10,2% de la Cisjordanie).
- Le Mur intègrera plus de 414.000 colons israéliens – jusqu’à 90% de la population totale des colons dans le Territoire palestinien occupé – à l’ouest de son tracé.

Il s’agit donc bien d’une séparation de facto de la Cisjordanie en trois parties, ce qui aura de lourdes répercussions sur la viabilité d’un futur État palestinien.

Le droit avant tout
Qu’Israël veuille assurer la sécurité de ses citoyens est légitime. Néanmoins, cette sécurité ne peut d’aucune façon s’obtenir au détriment du droit international humanitaire. En tant que puissance occupante, Israël a l’obligation de garantir les droits fondamentaux des Palestiniens.

A l’heure actuelle, la communauté internationale commémore la chute du mur de Berlin dans une ambiance festive. Cependant, elle doit également, conformément à son respect du droit international, contester le Mur des Territoires palestiniens occupés. Elle est aussi tenue de se prononcer résolument contre la construction illégale de colonies israéliennes, la confiscation et le contrôle des richesses naturelles (la terre et l’eau). De fait, tous ces facteurs entraînent des changements dans la composition démographique des Territoires palestiniens occupés et violent le droit humanitaire international.

Pour le bien de tous, Palestiniens comme Israéliens, il est grand temps que le droit triomphe. Sinon, il sera bien difficile d’avancer vers une paix juste, négociée et durable au Moyen-Orient. Une paix que l’on ne peut plus retarder. Le Mur et le régime qui y est associé doivent être démantelés : demain les citoyens palestiniens et israéliens, comme les Allemands il y a vingt ans, doivent pouvoir se réveiller en toute liberté et dignité, et dire : « Die Mauer ist weg ».

Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité
Marc Dascotte, Directeur Général d’Oxfam-Magasins du monde
Koen Van Bockstal, Administrateur délégué d’Oxfam-Wereldwinkels


Pour plus d’infos, lisez le rapport d’Oxfam International "Cinq ans d’illégalité : l’heure est venue de démanteler le Mur" (juillet 2009)


 
Disclaimer concernant le conflit entre la Palestine et Israël