Il faut éviter une catastrophe humanitaire au Mozambique

Si rien n’est fait, les récentes inondations au Mozambique pourraient faire des milliers de victimes. Il faut donc contribuer à la mise en oeuvre des plans de prévention et de préparation avec les autorités et les organisations locales afin de fournir suffisamment de nourriture, d’eau potable et d’abris aux victimes.
Photo : Les leçons tirées des grandes inondations précédentes ont été mises à profit pour élaborer des plans de prévention et préparation. Il s’agit donc de les mettre en oeuvre le plus efficacement possible
Depuis le début du mois de février, la région du cours inférieur du fleuve Zambèze est en alerte. Les stations hydrométriques des rivières du bassin du Zambèze et de son cours supérieur indiquent que les cotes d’alerte sont atteintes. D’après l’Institut National de Gestion des Calamités (INGC), les inondations de la vallée du Zambèze pourraient menacer quelque 300.000 personnes. En plus des soins de santé de base, on peut s’attendre à ce que les gens aient besoin, dans les prochains mois, de nourriture, d’eau potable et d’un toit.
Mettre en oeuvre les plans de prévention
Jusqu’à présent près de 60.000 personnes ont été évacuées par le gouvernement mozambicain. Beaucoup d’habitations, de bâtiments scolaires, de centres ou postes de santé ont été détruits ou endommagés par l’eau, qui a fait aussi plusieurs dizaines de victimes.
« Oxfam vient d’étoffer son équipe sur place, avec des spécialistes en aide d’urgence », annonce Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité. « Des moyens financiers supplémentaires viennent compléter un fonds d’urgence, pour se rendre avec des partenaires locaux dans les régions affectées et évaluer à temps les besoins de la population touchée ou menacée. »
« Les leçons tirées des grandes inondations précédentes (en particulier celles de 2000 et 2002) ont été mises à profit pour élaborer des plans de prévention et préparation, notamment avec les associations paysannes. Il s’agit donc de les mettre en oeuvre le plus efficacement possible », poursuit Stefaan Declercq.
Les barrages vont-ils suffire ?
Selon la Direction Nationale de l’Eau, les prochains jours seront cruciaux. Les barrages du cours supérieur du Zambèze, et surtout celui de Cabora Bassa dans la province de Tete, subissent une énorme pression. Depuis le 9 février, le débit du fleuve est passé de 7.000 à 8.400 m3 par seconde. Mais le débit entrant approche désormais les 10 000 m3/s, ce qui pourrait conduire, en milieu de semaine, à devoir libérer un débit plus important. Augmentant dès lors les risques d’inondations en aval. Ces prochains jours sont donc critiques.
Plusieurs organisations de secours, nationales et internationales, sont en train de préparer des interventions et assistances. Dans les régions concernées, des équipes d’Oxfam ont souligné que dans la seule région de Zumbu, 15.000 personnes étaient affectées dans des endroits n’étant plus accessibles par la route. A Mutarara (au Nord-Ouest du pays), plus de 6.000 personnes ayant dû être évacuées subissent des problèmes d’eau potable et d’hygiène. Au total, plus de 26.000 personnes ont été évacuées vers des centres temporaires et 42.000 vers des logis plus permanents.
« Ces chiffres vont encore certainement s’aggraver », précise Stefaan Declercq. « Oxfam est en train de mobiliser du personnel et des moyens pour fournir une aide dans les temps. On ne peut admettre que des gens déjà lourdement affectés par les inondations dans le passé se retrouvent à nouveau sans moyens d’existence. »
« Il est déjà quasi certain que les récoltes sont en grande partie compromises dans la basse vallée du Zambèze. Mais il n’est pas trop tard pour en tenir compte et veiller à ce que le Mozambique ne souffre pas de la faim ».
Pour aider les victimes
Vous pouvez assister les victimes de ces inondations au Mozambique, en versant au CCP 00-00028-28 d’Oxfam-Solidarité, en mentionnant, « Aide Mozambique - code 9088 ».
Plus d’information :
Eric Callier, chargé de programme pour le Mozambique, Bruxelles
02 501 67 50 - 0484 954 442
Ann Bouckaert, représentante d’Oxfam-Solidarité au Mozambique, Maputo
+ 32 258 21 486 806, oxfam.belgica(at)tvcabo.co.mz


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