IDEA : l’Association Indépendante et Démocratique de l’Économie Informelle

Motos-taxis, vendeurs de rue, beer girls, tenanciers d’échoppes devant les temples... Les travailleurs de l’économie informelle sont nombreux au Cambodge. Souvent harcelés par les autorités et victimes de la corruption ambiante, ils ont peu de moyens pour se défendre. Pour changer les choses, IDEA a vu le jour.
Statut précaire et sans protection
Le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants actifs dans l’économie informelle s’accroît de jour en jour au Cambodge. Malheureusement, la loi sur le travail ne leur offre ni droits ni protection sociale. Pour les autorités, ces travailleurs gênent et devraient à terme disparaître au nom de la « modernisation » du pays.
Ainsi, les conducteurs de moto-taxis (« motodop ») et de tuk tuks (moto-taxis tractant une carriole pour les transports groupés) doivent aujourd’hui faire face à l’émergence de compagnies de taxis privées (étrangères) soutenues par les autorités. Les policiers et les gros hôtels refusent aux moto-taxis de stationner aux meilleurs emplacements, et de nombreux conducteurs se voient confisquer leurs engins sans raison valable, devant payer de fortes amendes pour les récupérer.
Même calvaire pour les vendeurs de rue : s’ils ne soudoient pas la police, ils se voient chassés des lieux les plus attractifs ou voient leur échoppe confisquée contre paiement d’une amende totalement arbitraire... et catastrophique face à l’explosion du coût de la vie au Cambodge.
Négocier ensemble
C’est pour lutter contre cette situation de non-droit que l’association IDEA (Independent Democratic Informal Economic Association) a vu le jour en avril 2005.
IDEA organise les travailleurs de l’informel, les aide en cas de problème avec les autorités et élabore avec eux des stratégies destinées à améliorer leur vie quotidienne : formations à la sécurité routière pour être irréprochables face à la police, formations sur les droits fondamentaux, les lois et les vrais prix à payer en cas d’infraction, participation à des campagnes anti-corruption, envoi des lettres aux autorités pour discuter des problèmes et négocier les emplacements...
Implantée à Phnom Penh, Siem Reap et Poi Pot, IDEA compte aujourd’hui moins de 2.000 membres. Cette jeune organisation a face à elle de grands défis à relever : obtenir un statut légal pour les travailleurs de l’informel afin qu’ils puissent avoir leur mot à dire, bénéficier d’une sécurité et d’une protection sociale, et ainsi améliorer leurs conditions de vie.
Témoignages
Ha Sam An, 36 ans, conducteur de tuk tuk à Phnom Penh
"Pendant 12 ans, j’étais conducteur de motodop. Ce n’est que très récemment que j’ai pu réunir l’argent nécessaire pour m’acheter un tuk tuk. En général, je travaille 10 heures par jour, de 6h00 du matin à 16h00. Les bons jours, je peux gagner jusqu’à 5 dollars en un jour."
"Le principal problème pour nous, c’est la police. Elle nous arrête sans cesse pour exiger de l’argent. Si on ne paie pas, elle nous refuse l’accès aux bons endroits. Pour attendre les touristes près des hôtels, il faut payer. Ca devient très difficile, vu le prix de l’essence et la compétition avec les taxis chinois... C’est pour ça que j’ai rejoint IDEA : pour en finir avec ces extorsions. La corruption est peut-être générale au Cambodge, mais nous, nous n’avons pas les moyens de payer !"
Narey, 25 ans, vendeuse devant le temple Ta Prohm, Angkor
"Aujourd’hui, beaucoup de touristes n’achètent plus de souvenirs quand ils viennent au temple. Mais moi, je dois continuer à payer la police ! Avant, ça allait, ils ne demandaient que 2 dollars. mais aujourd’hui, le tarif est passé à 5... "
"Les bons jours, je peux gagner 5 à 10 dollars. Mais les mauvais, je ne gagne rien. Il y a un an, j’ai été chassée d’un temple et j’ai décidé d’aller voir IDEA pour voir ce que je pouvais faire. Depuis, je me forme, j’apprends à négocier, à connaître mes droits. C’est très important pour moi !"
Actions et projets
- « Nous avons droit à des jours de congé, mais ne pouvons jamais les prendre »
- Faites vos jeux... rien ne va plus !
- La grève se poursuit chez Kings Land
- Les travailleuses de Kings Land en lutte pour leurs droits
- Salaire et pouvoir d’achat dans le secteur textile au Cambodge
- Une journée dans la peau d’un syndicaliste cambodgien
- Améliorer les conditions de travail
- Amélioration des conditions de travail
Partenaires
- Cambodge : Les ouvrières du textile s’unissent
- C.CAWDU : des vêtements, décemment !
- Fédération Syndicale des Travailleurs du secteur de l’Alimentation et des Services (CFSWF)
- C.CAWDU : la fédération indépendante de syndicats du textile
- CICA : l’Association Indépendante des Fonctionnaires du Cambodge
- CTSWF : la Fédération Cambodgienne des Travailleurs du Tourisme et des Services


FR |
Facebook
Twitter
YouTube
Flickr
Newsletter
