Haïti

14 juillet 2010

Haïti, 6 mois après

L’aide internationale fournie suite au tremblement de terre en Haïti a permis de soutenir la population locale. A ce jour, Oxfam a déjà pu aider plus de 440.000 personnes. Mais la reconstruction du pays est l’un des plus grands défis de notre génération.

Le 12 janvier 2010, un puissant séisme frappait Haïti. Cette catastrophe est survenue dans une zone urbaine surpeuplée où sévissait déjà une pauvreté généralisée et des inégalités sociales criantes. Brutalement, 2 millions de personnes se sont retrouvées entassées dans un paysage urbain anarchique, alors que le pays vivant déjà une situation socio-économique des plus critique.

Avant le tremblement de terre :
- 55 % de la population vivait avec moins de 1,25 dollar par jour ;
- 86 % de la population urbaine vivait dans des taudis ;
- 47 % de la population n’avait pas accès aux services de santé de base ;
- 83 % de la population n’avait pas un accès adéquat aux sanitaires ;
- 58 % de la population n’avait pas accès à de l’eau propre et potable ;
- 70 % du secteur agricole avait été ravagé par des cyclones en 2008.

En outre, les terres de Haïti sont concentrées dans un tout petit nombre de grands propriétaires, et plus de la moitié de la population dépend des importations d’aliments pour se nourrir. Une situation explosive.

L’intervention d’Oxfam

Oxfam était présente en Haïti depuis 32 ans lorsque le tremblement de terre s’est produit. Au cours des 6 derniers mois, nos programmes ont été revus à la hausse à tous les niveaux : approvisionnement en eau et en assainissement, santé et éducation publiques, accès à la nourriture, satisfaction des besoins vitaux au travers des programmes travail contre rémunération (cash-for-work), allocations en espèces (cash grants programs)...

Nous aidons actuellement plus de 440.000 personnes au travers de nos programmes d’aide et de reconstruction. Ce qui représente plus de 20 % des 2 millions de personnes qui ont été affectées par le tremblement de terre. Notre équipe est passée de moins de 100 personnes avant le 12 janvier à environ 700, dont 80 % d’Haïtiens.

Au cours des six derniers mois, Oxfam a :
- Fourni de l’eau potable et des installations sanitaires à plus de 317.000 personnes ;
- Construit plus de 1.400 latrines ;
- Retiré des décombres des canaux de drainage, ce qui a bénéficié à plus de 110.000 personne ;
- Donné des cours d’éducation sanitaire à plus de 210.000 personnes ;
- Distribué des kits d’hygiène (savon, shampooing, brosse à dents, serviettes hygiéniques, serviettes) à plus de 120.000 personnes ;
- Alloué des rémunérations contre travail et des allocations en espèces qui ont bénéficié à plus de 134.000 personnes ;
- Développé des partenariats avec plus de 30 organisations haïtiennes nationales et locales ;
- Fourni des bâches et des tentes à plus de 98.000 personnes.

Le bilan de la catastrophe

Le volume d’aide humanitaire répond à l’ampleur de la catastrophe :
- Les dégâts et les pertes causés par le tremblement de terre sont estimés à 7,8 milliards de dollars, soit l’équivalent de plus de 120 % du produit intérieur brut de l’année 2009. Au niveau de l’impact sur les revenus nationaux, il s’agit là du plus lourd impact d’une catastrophe jamais enregistré dans le monde au cours de 35 dernières années.
- Le tremblement de terre a produit 19 millions de mètres cubes de décombres qui doivent être évacués. Un camion standard devrait faire plus de 8 millions de voyages pour transporter ces décombres vers une décharge publique. La plupart des Haïtiens retirent les décombres de leur terrain à main nue.
- Le tremblement de terre a frappé une zone plus densément peuplée que la zone affectée par le tsunami en Asie du Sud-Est (2004) ou la zone affectée par le tremblement de terre de Bam en Iran (2003) : plus de 1.000 personnes au kilomètre carré à Port-au-Prince (entre 250 et 1.000 personnes au kilomètre carré au Sri Lanka, en Inde, et en Iran).
- Le gouvernement haïtien a perdu une grande partie de sa capacité opérationnelle : 13 des 15 bureaux ministériels ont été détruits et le tiers des 60.000 fonctionnaires d’Haïti a péri.

Elsie Delva participe à une cantine communautaire.

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Elsie Delva
"Avec cet argent j’ai acheté quelques marchandises et j’ai ouvert cette échoppe". Photo : Kateryna Perus

Elsie vit dans le quartier Carrefour Feuilles, à Port-au-Prince, et s’occupe de 2 orphelines. Elle a participé à l’une des toutes premières cantines communautaires d’Oxfam.

« Après le séisme, tout était très difficile. Quand Oxfam a mis en place les cantines, nous avons pu manger chaque jour pendant deux mois. Depuis, Oxfam m’a aussi donné de l’argent pour rembourser mes dettes et faire manger les enfants. J’ai pu acheter quelques marchandises et j’ai ouvert cette échoppe. »

Plus d’infos sur les actions d’Oxfam en Haïti
- Julie Kesteloot, collaboratrice humanitaire pour Haïti
Tél. : 02 501 67 96 — E-mail : juk(a)oxfamsol.be