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Partenariat sud

7 janvier 2010

Ha Tinh et Hoa Binh Farmer’s Union

Dans les province de Ha Tinh et Hoa Binh, au nord du Vietnam, les unions paysannes tentent de mettre en place des techniques agricoles alternatives et encouragent la production de semences locales afin d’assurer des revenus plus stables aux agriculteurs.

Depuis une dizaine d’années – et plus encore depuis son entrée à l’Organisation Mondiale du Commerce en 2006 – le Vietnam a décidé de s’imposer comme un exportateur majeur de produits agricoles sur le marché international : riz, café, poivre, noix de cajou, caoutchouc... Pour stimuler la production, les autorités encouragent des pratiques agricoles intensives, un recours croissant aux intrants chimiques et la surexploitation des ressources naturelles.

Si la production a effectivement augmenté de façon spectaculaire, il n’en a pas été de même du bien-être des populations rurales (75% de la population vietnamienne). Outre l’industrialisation et l’urbanisation galopantes, ces dernières subissent en effet de plein fouet les réformes agraires mises en place par les autorités.

Conjuguées à une croissance démographique très importante, ces réformes ont accru la pression sur les terres et ont rendu les paysans de plus en plus dépendants des fertilisants et pesticides chimiques onéreux.

Pour améliorer durablement les revenus des paysans, Oxfam-Solidarité soutient deux branches provinciales de l’union nationale des paysans vietnamiens (Farmer’s Union), une organisation de masse* servant d’interface entre les autorités et les paysans.

Ha Tinh Farmer’s Union (HTFU)

Dans la province de Ha Tinh, Oxfam-Solidarité soutient l’union provinciale dans 5 aspects de son travail :

1. Analyse : Oxfam-Solidarité soutient une étude de HTFU sur la situation des producteurs de riz et sur les alternatives à l’utilisation de pesticides et fertilisants chimiques.

2. Mise en place de techniques alternatives : Oxfam-Solidarité appuie HTFU dans la promotion de techniques agricoles productives et pauvres en pesticides, eau et semences.

Ce travail passe par la mise en place de champs expérimentaux (fournis par l’État ou par les paysans sur base volontaire) où les paysans peuvent tester de nouvelles techniques, évaluer leur potentiel et déterminer s’ils sont capables de les appliquer dans leurs propres champs. Les champs expérimentaux sont généralement situés dans des endroits bien visibles afin de susciter la curiosité d’autres paysans et leur expliquer l’objectif poursuivi.

3. Plaidoyer politique : HTFU encourage les groupes de base à revendiquer auprès des autorités locales et provinciales un soutien à ces techniques alternatives : attribution de terres pour les expérimentations, mise à disposition de classes pour les réunions, soutien financier, mise en place de politiques provinciales favorables à ces initiatives... Ce travail de plaidoyer vise à ce que les paysans qui ne sont pas directement concernés par le projet puissent eux aussi bénéficier d’un appui dans la transition vers des modèles agricoles plus durables.

4. Échange : HTFU appuie la formation de groupes paysans intéressés par les techniques alternatives et les encourage à échanger des pratiques entre eux, à discuter des modalités de mise en œuvre, etc.

5. Genre : HTFU mène un travail de recherche sur l’impact des techniques agricoles alternatives sur la répartition des tâches entre hommes et femmes. Ces techniques peuvent en effet entraîner une surcharge pour les femmes du fait du travail manuel requis pour désherber les champs (les désherbants chimiques étant abandonnés).

Ce risque de surcharge est d’autant plus grand que nombre d’hommes choisissent de quitter les champs pour trouver un emploi dans ou hors de la province, et ainsi fournir un revenu complémentaire à la famille. L’activité agricole est donc de plus en plus féminisée dans le pays, et il convient donc d’identifier les moyens de renforcer le pouvoir des femmes dans les campagnes.

Hoa Binh Farmer’s Union (HBFU)

Dans la province de Hoa Binh, outre l’appui à la formation de groupes paysans et à la recherche en genre (voir points 4 et 5 ci-dessus) Oxfam-Solidarité soutient l’union provinciale dans les activités suivantes :

1. Analyse : HBFU mène une étude sur la situation des paysans et la production de semences locales dans la province : initiatives, connaissances, capacité à relancer la production de semences traditionnelles...

2. Production de semences locales : HBFU appuie la production de semences locales adaptées aux conditions géo-climatiques et au goût des consommateurs locaux. L’objectif est de préserver et de réhabiliter les variétés locales de production de riz, d’accroître la capacité des paysans à produire et reproduire eux-mêmes leurs semences et de diminuer ainsi leur dépendance vis-à-vis des semences imposées ou promues par l’État (semences hybrides à haut rendement importées de Chine, très gourmandes en intrants et aux résultats aléatoires).

Ce travail, qui passe également par l’établissement de liens entre producteurs de semences et communautés locales (via des foires aux semences, des échanges, etc.) vise au final à assurer des revenus plus stables aux paysans et à réduire la dépendance des paysans vis-à-vis de l’agrobusiness pour écouler leurs produits.

3. Plaidoyer politique : HBFU et les groupes de base plaident pour une augmentation de la production locale de semences et l’obtention d’un soutien de l’État.

Tant à Ha Tinh qu’à Hoa Binh, l’objectif de ce partenariat est d’aider les partenaires à mieux comprendre les besoins de leurs membres, à soutenir ces derniers par la proposition d’alternatives et à obtenir une plus grande reconnaissance locale à travers un agenda politique.


* Au Vietnam, plusieurs « organisations de masse » servent à assurer la représentation de leurs membres (femmes, paysans, etc.) auprès de l’État et à faire connaître les politiques étatiques auprès des citoyens

 
 

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