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Partenariat sud

2 juillet 2009

Grupo guatemalteco de Mujeres

Au Guatemala, la violence faite aux femmes est un phénomène d’une ampleur saisissante. Deux femmes en meurent chaque jour... Aujourd’hui, les voix s’élèvent pour en finir avec l’impunité.

La loi du silence

Pour bien comprendre l’origine du problème, il faut revenir à la guerre civile qui secoua le pays entre 1960 et 1996. Cette période fut marquée par un niveau très élevé de violences contre les femmes. Un phénomène qui s’est ensuite poursuivi une fois le conflit terminé. Les victimes de prédilection sont des femmes mayas (40 à 55% de la population est d’ascendance maya), jeunes et issues de milieux défavorisés.

Cette violence à l’encontre des femmes va de pair avec une impunité quasi totale. Les dossiers sont généralement classés sans suite, et ce pour plusieurs raisons : preuves insuffisantes, crainte de représailles pour les témoins, voire même retrait de la plainte par les familles.
Dans 97% des cas, il n’y a aucune arrestation, et dans 70% des cas, il n’y a même pas d’enquête. La loi du silence s’impose trop souvent, notamment parce que de nombreux viols et violences sont commis par des proches de la victime...

Au niveau légal, le Guatemala est signataire plusieurs conventions contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes. Mais dans la pratique, les choses bougent peu. Les victimes de violences conjugales ne disposent pas d’un soutien adéquat de la part des autorités guatémaltèques, même lorsque leur agresseur a été dénoncé.

Interpeler le monde politique

Les femmes s’organisent donc elles-mêmes pour faire pression sur les autorités afin que celles-ci accordent plus d’attention à cette problématique criante.

C’est dans cette optique qu’est né le GGM (Grupo Guatemalteco de Mujeres) en 1988. Ce groupe d’une quarantaine de membres lutte à tous les niveaux contre la violence faite aux femmes (légal, accueil...). Il dispose d’un centre d’accueil à Ciudad de Guatemala qui offre aux femmes victimes de violences un accompagnement social, légal, médical et psychologique.

Mais la grande force de GGM, c’est le plaidoyer politique. Le groupe a notamment appuyé la création (en 2000) de la Coordination Nationale pour la Prévention de la Violence Intrafamiliale et à l’encontre des femmes (CONAPREVI), un organe de concertation mixte (État-société civile) qui coordonne des actions de la lutte contre la violence faite aux femmes. Par la suite, il a plaidé pour une augmentation conséquente de son budget.

En avril 2008, le Congrès du Guatemala a adopté une loi contre le féminicide, qui s’est toutefois avérée inapplicable en vertu du code pénal en vigueur. GGM a depuis élaboré des propositions de modifications du code pénal afin que la loi puisse être appliquée.

Oxfam-Solidarité soutient GGM depuis 2008 :
- dans son travail de systématisation des méthodes d’accueil de qualité pour les victimes de violences.
- dans son plaidoyer politique
- dans le renforcement de son fonctionnement institutionnel

 
 

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