social

Changements climatiques

7 décembre 2009

Globo 28 : "Le climat en jeu à Copenhague"

Les témoignages de nos partenaires du Sud sont alarmants : multiplication des inondations et des sécheresses, bouleversement des saisons, pertes répétées des récoltes... Sans action efficace contre le réchauffement planétaire, tous les efforts de lutte contre la pauvreté risquent bien d’être réduits à néant. Notre magazine Globo de décembre 2009 se penche sur cette question et donne la parole à nos partenaires.

Du fait de sa collaboration avec des partenaires dans le Sud, Oxfam constate chaque jour ce que d’innombrables rapports scientifiques affirment depuis belle lurette : la terre se réchauffe rapidement, et les conséquences de cette évolution sont tout simplement catastrophiques. Dans leurs rapports précédents, les expert du GIEC soulignaient déjà que les plus pauvres de la planète seraient les premières victimes du réchauffement climatique. Cette prévision est aujourd’hui devenue réalité, et les effets se font ressentir de façon bien plus rapide que prévu. (voir interview de Jean-Pascal van Ypersele)

L’injustice climatique
Chez nous, le réchauffement climatique se résumera à devoir augmenter l’air conditionné durant l’été et à être attentifs à notre consommation d’eau. Mais au Sud, le phénomène est bien plus dramatique : difficulté croissante à produire de la nourriture (voir article "Urgence climatique au Sahel" ), destruction de maisons (voir article "Cuba, un exemple d’adaptation"), propagation accélérée de maladies, raréfaction de l’eau potable... Le changement climatique met donc en péril des années de lutte contre la pauvreté et rend quasi impossible la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, pourtant peu ambitieux. (voir p. 7 du Globo)

Les 2,5 milliards de personnes les plus pauvres de la planète vivent dans des conditions très différentes les unes des autres. Mais elles partagent toutes la même vulnérabilité face au climat. Elles vivent en effet dans les régions les plus durement affectées par le réchauffement climatique, ce qui compromet l’exploitation de ressources naturelles comme l’eau ou la terre, souvent uniques sources de survie. Il y a là une injustice : alors qu’elles ne sont pas responsables du réchauffement planétaire, les populations pauvres en sont les premières victimes.

La crise climatique démontre que le modèle de développement actuel est intenable. Si tout le monde adoptait le mode de vie d’un Belge moyen, trois planètes seraient nécessaires pour répondre aux besoins de l’humanité. Si nous souhaitons vraiment permettre au reste de la population mondiale d’échapper à la pauvreté, il nous faut donc d’urgence passer à un modèle de développement durable ne reposant plus sur les énergies fossiles.

Pour un accord juste à Copenhague
A l’approche du sommet de Copenhague, Oxfam exige des pays riches qu’ils prennent enfin leurs responsabilités : ils doivent réduire de façon drastique leurs émissions de gaz à effet de serre et soutenir financièrement les pays en développement, afin que ces derniers puissent s’adapter à la situation et mettre en place des modèles de développement pauvres en énergies fossiles.

La réduction des émissions doit se faire en priorité au niveau domestique. Se contenter d’acheter des droits d’émission à l’étranger – comme le font la Belgique (voir p.8 du Globo) et de nombreux pays européens – ne peut suffire. Cette attitude des pays riches envoie un bien mauvais signal aux pays du Sud, et en particulier aux économies émergentes comme l’Inde ou la Chine (voir p. 9 du Globo) qui attendent de l’UE et des États-Unis qu’ils montrent le bon exemple.

Si nos responsables politiques veulent tenir leurs promesses et réaliser les Objectifs du Millénaire d’ici 2015, ils vont devoir ouvrir leur portefeuille et financer l’adaptation des pays pauvres en plus des 0,7% du RNB déjà promis pour l’aide au développement. Il serait en effet intolérable de financer la réponse au climat avec de l’argent devant servir au départ à la construction d’écoles ou d’hôpitaux.

Les moyens nécessaires pour faire face au défi climatique ne manquent pas. Aujourd’hui, c’est donc aux dirigeants de faire preuve de volonté politique et d’agir. Chacun d’entre nous peut aussi contribuer à la lutte. De petits gestes peuvent faire la différence, comme diminuer le thermostat d’un ou deux degrés ou manger moins de viande. Oxfam-Solidarité tente elle aussi de donner le bon exemple en réduisant son empreinte écologique et en travaillant à l’obtention du label environnemental européen EMAS. (voir p. 6 du Globo)

Le changement climatique est un défi titanesque. Mais ensemble, nous avons la capacité et même le devoir de le relever. L’échec ne peut être une option.

Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité

Brigitte Gloire, Responsable du plaidoyer “Climat et développement durable”


Lisez le magazine Globo 28 "Le climat en jeu à Copenhague", décembre 2009