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Forums sociaux

25 janvier 2006

Forum social mondial de Bamako - Premier bilan

L’organisation d’un forum social mondial est une véritable gageure, surtout pour un pays pauvre comme le Mali. Mais, pour le mouvement social malien, le bénéfice est énorme. Cela a permis de créer de véritables ponts entre toutes ces organisations, d’augmenter la solidarité dans les luttes et de renforcer la cohésion du mouvement social.

Organiser un forum mondial, cela représente un travail titanesque. Avec le peu de moyens dont elles disposent, les organisations maliennes ont dû mobiliser toutes les ressources disponibles pendant plus de neuf mois. Cette aventure n’a pas été sans grosses frayeurs. Quelques jours à peine avant l’ouverture du forum, la majeure partie des fonds manquait encore cruellement. L’équipe malienne s’est sentie bien seule. L’appui in extremis de collègues sénégalais et de quelques ONG européennes ont permis au forum d’avoir lieu tant bien que mal. Pour Mamadou Goïta, l’un des coordinateurs, si on veut conserver la nature non institutionnelle et non hiérarchique du forum, « il faut que chacun, chacune, individu ou organisation se sente réellement acteur et non pas seulement participant ».

Néanmoins, pour le mouvement social malien, les bénéfices de ce travail sont énormes. Comme l’explique Aminata Touré Barry du CAD-Mali (Coalitions des alternatives dette et développement), alors qu’elles n’étaient qu’une quarantaine au départ, plus de 300 organisations ont finalement participé à l’organisation de l’événement. Cela a permis de créer de véritables ponts entre toutes ces organisations, d’augmenter la solidarité dans les luttes et de renforcer la cohésion du mouvement social. Un véritable coup de pouce pour le travail à venir. Par ailleurs, avec ses films, ses séminaires, ses marches et ses concerts, le Forum a réalisé au Mali un véritable travail de formation et d’information, et continue à augmenter la conscience collective concernant les dérives du système.

Faire le bilan c’est aussi préparer l’avenir. Et les défis, selon, François Houtart, représentant du Forum mondial des alternatives, sont de taille. « Il faut s’assurer que la construction des forums soit réellement collective », nous dit-il. « Mais il faut aussi renforcer la présence des exclus et se tourner vers les régions du monde encore peu représentées comme la Chine et l’Asie du Sud-est. » Un premier pas vers ces régions sera réalisé à Karachi au Pakistan dans quelques mois.

Sarah Turine et Deborah Myaux, représentantes d’Oxfam-Solidarité à Bamako