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Forums sociaux

22 janvier 2007

Forum Social Mondial 2007 en vue...

Du 20 au 25 janvier se tiendra le 7ème Forum Social Mondial à Nairobi, au Kenya. L’occasion pour les mouvements altermondialistes du monde entier - dont Oxfam-Solidarité - de créer des alliances et réflechir aux enjeux sociaux globaux. La tâche est grande, les défis de taille...

Un Forum Social Mondial en Afrique
Ce ne sera pas la première fois que le Forum Social Mondial (FSM) se tiendra en Afrique. En 2006 il avait eu lieu successivement sur trois continent : en Afrique (Mali), en Amérique latine (Vénézuela) et en Asie (Pakistan). Durant cette édition “polycentrique” de 2006, chaque forum avait à l’agenda des préoccupations propres au continent sur lequel il se déroulait et, logiquement, abordait des sujets universels selon le point de vue propre à sa région. Déjà, durant le Forum Social Mondial (FSM) tenu en Inde en 2004, les inégalités avaient été traitées lors de nombreux débats par le prisme des classes et des castes.

Durant le FSM 2007, les mouvements sociaux du monde entier se réuniront en Afrique et traiteront des questions qui se posent de façon particulièrement aiguë pour ce continent : le VIH/SIDA, les Accords de Partenariat Économique (APE), le secteur informel, le genre, etc.

En filigrane de ces thèmes apparaissent bien entendu des enjeux plus globaux, comme les relations commerciales internationales, le rôle des institutions financières ou le développement durable. Le tout dans une perspective d’opposition à la mondialisation néo-libérale.

Des défis de taille
Les défis du FSM 2007 sont nombreux et le premier est certainement d’ordre organisationnel. Le Kenya sera-t-il prêt à recevoir les dizaines de milliers de personnes attendues à Nairobi ? Les organisateurs et les bénévoles parviendront-ils à gérer l’événement, notamment la traduction des centaines de conférences, ateliers ou activités proposés ? A en voir le site web www.wsf2007.org, l’organisation semble bien prise en main. Mais ce n’est que sur place que les participants pourront en juger...

A côté de ces aspects pratiques, un autre grand enjeu sera de coordonner tous les mouvement sociaux présents. Et ils sont nombreux en Afrique : syndicats, mouvements paysans, mouvements de femmes, jeunes,... L’enjeu est de taille. Comme le remarque le journaliste Sékouba Savané, “les lacunes dans la mobilisation des forces sociales en Afrique font le lit des pratiques néo-libérales” [1] . Ce forum pourra donc être l’occasion pour les mouvements sociaux africains de puiser la force et l’énergie requises pour devenir un réel levier de changement sur le continent.

Au niveau plus local, une question se pose quant aux effets de ce FSM sur les populations les plus démunies. Les habitants de Kibera, le grand bidonville en bordure de Nairobi, voient en effet avec ambiguïté la tenue de ce FSM à côté de chez eux. S’ils se réjouissent de la venue de milliers de personnes unies par l’objectif d’un monde meilleur, ils se demandent aussi si ces internationaux vont réellement changer quelque chose pour eux. “C’est quoi le FSM ? Quelque chose qui va me donner des médicaments ?”, titrait ainsi un article paru dans un journal sud-africain [2]. La question, délicate, est légitime.

Tourne-t-on en rond ?
Enfin, plus généralement, c’est la question des objectifs des FSM qui se pose. Après six années de forums, certains se demandent si on ne commence pas à tourner en rond. Lors des premières éditions, le défi consistait à faire converger toutes les alternatives au système dominant et à prouver que ces alternatives existaient. Et ce fut un succès. Mais aujourd’hui, doit-on continuer sur cette voie ? Faut-il dépasser ce stade ? Le FSM, lieu de prises de décisions ? La charte des principes du FSM ne va pas dans ce sens : “le FSM ne se revendique pas représentatif de la société civile mondiale (...), et personne ne sera autorisé à exprimer au nom du Forum des prises de position prétendant être celles de tous les participants. Le FSM ne constitue donc pas d’instance de pouvoir ni ne prétend constituer l’unique alternative” [3].

Dans ces conditions, le défi à relever pour les prochaines éditions sera de maintenir la tension inhérente aux FSM, entre forum comme lieu d’échange et de discussion et forum comme occasion de mettre en place les stratégies permettant un réel changement.

Les défis du FSM ne reposent pas que sur les organisateurs : ce sont surtout les participants qui devront les relever. Bien plus que des participants, ils devront être de véritables acteurs du Forum. Car ce sont eux qui devront proposer des activités, veiller à leur bonne préparation, prendre une part active aux séminaires, sessions, ateliers, conférences, ... Le travail ne manque pas. Les idées et l’énergie non plus !

Pour toute interview ou matériel photo :

- Xavier Declercq, directeur de la Mobilisation d’Oxfam-Solidarité : +32 (0)475 880 791 ou +254 (0)728 896 827
- Chantal Nijssen, responsable de la communication d’Oxfam-Solidarité : +32 (0)473 500 386 ou +254 (0)728 896 829

- Plus d’informations sur les forums sociaux sur notre page spéciale
- Lisez notre Globo de mars 2006 sur la thématique des Forums sociaux
- Visitez le site officiel du Forum Social Mondial 2007