lait

Lait

20 juin 2008

Fête de la Musique : les vaches d’Oxfam sur le devant de la scène


La flambée actuelle des prix agricoles est un signal d’alarme. Elle rappelle avec force la nécessité d’instaurer des politiques publiques qui soutiennent l’agriculture paysanne locale. Afin de faire passer le message, les vaches d’Oxfam feront le tour des festivals d’été. Première étape : dimanche 22 juin à Bruxelles.


Croiser des vaches au beau milieu de la ville, voila qui n’est pas commun. C’est pourtant le drôle de spectacle auquel les bruxellois auront l’occasion d’assister lors de la fête de la musique ! Pour les dizaines de bénévoles qui accompagnent la campagne « Le commerce du lait, un concentré d’injustices ! », l’objectif est clair. « A la fête de la musique, nous voulons avant tout informer les bruxellois des enjeux actuels en matière d’agriculture, tant en Belgique que dans les pays pauvres, où se nourrir est pour beaucoup un problème au quotidien », précise Deborah Myaux, responsable des Campagnes d’Oxfam-Solidarité.

« Avec cette campagne nous voulons aussi faire découvrir différentes manières de soutenir l’agriculture paysanne en Belgique : changer nos habitudes de consommation, favoriser les liens directs entre producteurs et consommateurs, promouvoir le commerce équitable et, bien sûr, découvrir les mille et une manière de soutenir notre campagne », poursuit Deborah Myaux.

Pourquoi cette campagne ?

La flambée actuelle des prix agricoles s’explique par des raisons conjoncturelles, comme de mauvaises récoltes et une hausse de la demande dans certaines parties du monde. Mais un élément plus fondamental à prendre en compte est le démantèlement des politiques agricoles. La libéralisation et la suppression des instruments de contrôle publics rendent les gouvernements incapables de réguler le marché et de répondre durablement aux problèmes actuels. Comme l’explique Thierry Kesteloot, responsable des questions agricoles chez Oxfam-Solidarité : « En agriculture, le libre-échange n’offre aucune solution pour assurer le droit à l’alimentation. Dans les pays où Oxfam est présente, nous voyons bien l’impact néfaste de la flambée des prix sur les plus pauvres. Ceux-ci consacraient déjà plus de la moitié de leurs revenus en nourriture auparavant. Avec les petits agriculteurs, ils sont les grandes victimes de la crise actuelle ». Si ce constat vaut pour l’agriculture en général, il est parfaitement illustré par le secteur du lait. En témoigne la colère des producteurs de lait, sous pression depuis plusieurs années et dont les activités sont actuellement menacées par la suppression des quotas laitiers au niveau européen.

Le commerce du lait : un concentré d’injustices !

Ces 15 dernières années, l’Union européenne a régulièrement augmenté les quotas de production de lait. Pourtant, on compte en Europe deux fois moins d’agriculteurs qu’il y a 15 ans. La baisse du prix du lait, la multiplication des normes sanitaires et les investissements requis pour être compétitifs ont poussé beaucoup de producteurs à abandonner la partie. En moyenne toutes les 60 secondes, une ferme disparaît dans nos régions.

En Afrique, pendant de nombreuses années, l’exportation des excédents de lait européen vendus à bas prix (sous forme de lait en poudre) a empêché le développement de la production locale. « Plutôt que d’appuyer le développement de la production laitière en Afrique, la suppression des quotas proposée par la Commission européenne risque au contraire d’aggraver la situation en augmentant la production de lait à bas prix. Ces excédents viendront directement concurrencer la production africaine », explique Thierry Kesteloot d’Oxfam-Solidarité.

« Pour que la production laitière européenne ne déstructure plus les filières laitières dans les pays du Sud, l’Europe doit plutôt s’engager à gérer sa production par les quotas et respecter le droit des pays africains à protéger leurs producteurs laitiers d’importations bon marché. »

Au terme de la campagne, la pétition signée par des milliers de personnes sera remise aux autorités belges afin d’obtenir des changements politiques au niveau belge et européen. Comme l’explique Deborah Myaux : « grâce au soutien du grand public, nous espérons pousser les responsables politiques à agir et à développer des politiques fortes pour la promotion de l’agriculture paysanne. »

Sensibiliser par le théâtre

Pour illustrer le propos de la campagne sur le lait, Oxfam-Solidarité s’est associé à la troupe de théâtre de rue les Passeurs de rêves pour la création du spectacle Leila 2541. Ce spectacle raconte l’histoire de Leila, une jeune vache contrainte d’aller travailler dans une usine à lait. Entre l’absurde et le réel, les misères et déboires de Leila font rire... jaune. A l’intérieur d’une laiterie, les spectateurs découvriront les absurdités d’un système qui ne laisse aucune place à l’être humain ou à la nature... De quoi faire réagir et agir !
Leila 2541 sera présenté dimanche 22 juin à 13h45, 15h00, 16h05 et 17h15

Où et quand nous trouver ?
Rue de Moscou à hauteur du Parvis de Saint-Gilles, 1060 Bruxelles fête de la musique - dimanche 22 juin de 13h30 à 19h00

Plus d’informations et interviews
- Le site de campagne www.oxfamsol.be/lait
- Deborah Myaux, responsable des campagnes d’Oxfam-Solidarité, tél. : 02 501 67 25 — gsm : 0479 499 146 — e-mail :deborah.myaux (at) oxfamsol.be
- Thierry Kesteloot, chercheur à Oxfam-Solidarité, Spécialiste des questions agricoles, tél. 02 501 67 55 — gsm : 0475 543 723 — e-mail : thierry.kesteloot (at) oxfamsol.be

Photos
- Tineke D’haese, tél : 02 50167 23 – email : tdh@oxfamsol.be