Femmes battues, sociétés perdues

Au Nord et au Sud, la violence faite aux femmes reste une violation majeure des droits humains. A l’occasion de la journée internationale des femmes ce 8 mars, Oxfam met l’accent sur cette injustice et sur ses conséquences dramatiques pour les sociétés et leur développement.
Lisez notre magazine "Globo" du mois de mars 2009 : "Femmes battues, sociétés perdues"
L’injustice est mère de pauvreté. Oxfam ne peut donc fermer les yeux sur l’une des injustices les plus répandues dans le monde : la violence faite aux femmes. Chaque jour, des millions de femmes et de filles font face à la violence ou à la peur de cette violence, que ce soit à leur travail, dans leur quartier, dans leurs relations avec l’État (police, armée...) ou, surtout, dans leur couple et dans la famille. Sur terre, on estime qu’une femme sur trois connaîtra un jour une forme de violence.
Le coût des coups
Longtemps considérée comme une question d’ordre
privé, la violence contre les femmes est désormais
reconnue comme un problème de santé publique et
un frein majeur au développement. Comment en effet
avancer vers un développement durable avec des personnes
humiliées, blessées, déprimées ou n’osant
s’exprimer car vivant dans la peur ? Comment entrevoir
un avenir meilleur lorsque la violence contribue
à la propagation du VIH/SIDA, empêche les femmes
d’aller aux champs ou les fillettes d’aller à l’école ?
Les partenaires d’Oxfam agissent
Depuis une dizaine d’années, Oxfam-Solidarité intègre
donc cette problématique dans ses programmes de
développement en Afrique australe, en
Amérique centrale et dans les Caraïbes, et en
a fait un point d’action spécifique dans son nouveau
plan stratégique.
Mais s’attaquer à ce problème n’est pas des plus aisé. La violence contre les femmes traduit en effet la persistance de relations de pouvoir inégales entre hommes et femmes. Une situation maintenue et renforcée par de nombreux facteurs : culture, représentations, religion, éducation, économie... D’où l’importance d’agir à de multiples niveaux (médical, psychologique, juridique, économique, social...) et de collaborer avec des partenaires actifs tant au sein des communautés de base qu’auprès des autorités nationales. L’activisme de nos partenaires du Sud a d’ailleurs de quoi impressionner.
L’incroyable énergie qu’ils déploient jour après jour pour encourager les femmes à être actrices de changement, pour sensibiliser les communautés aux conséquences de la violence, pour pousser les parlements à légiférer ou pour former la police laisse sans voix. Tant au niveau légal qu’au niveau des mentalités, des résultats substantiels ont pu être obtenus.
Un défi quotidien
Pour autant, le combat d’Oxfam contre la violence faite
aux femmes reste un défi quotidien. La remise en question
de rapports de force traditionnels entraîne souvent
une violence accrue à l’encontre des femmes, et de
nouvelles formes de violence émergent régulièrement
aux quatre coins de la planète. En outre, les crises et catastrophes humanitaires à répétition sont
particulièrement propices aux actes de violence contre
les femmes, nécessitant la mise en place d’approches
spécifiques dans nos projets humanitaires.
Pour accroître notre expertise et l’efficacité de nos actions, partager les expériences s’avère fondamental. Oxfam-Solidarité a donc mis sur pied un groupe de travail spécifique en son sein et collabore à des réseaux nationaux et internationaux afin d’affiner ses analyses et faire connaître les actions de ses partenaires du Sud. Tisser des liens Nord-Sud sur cette problématique s’avère d’ailleurs très utile.
Si le niveau de violence en Afrique du Sud est bien sûr difficilement comparable à celui prévalant en Belgique, il n’en reste pas moins l’illustration d’une injustice aux racines communes : celui du déni de droits à la moitié de la population mondiale. Une réalité à garder à l’esprit bien plus qu’une fois par an...
Stefaan Declercq
Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité
Plus d’infos :
Le magazine Globo du mois de mars 2009 est entièrement consacré à cette question : "Femmes battues, sociétés perdues"


FR |
Facebook
Twitter
YouTube
Flickr
Newsletter
