Faits et chiffres sur le travail décent

Qu’est-ce que le travail décent ? Comment cette notion se traduit-elle dans les chiffres ? Quels sont les concepts-clés et les acteurs de la campagne ? Petit panorama.
Travail décent ?
Selon l’Organisation Internationale du Travail, un travail est considéré
comme décent lorsqu’il répond aux caractéristiques suivantes :
Être librement consenti,
Procurer un revenu couvrant les besoins de la famille,
Respecter les droits fondamentaux et les conventions
internationales du travail (liberté syndicale, nondiscrimination,
travail forcé et travail des enfants),
Permettre aux travailleurs de défendre leurs droits
par l’intermédiaire d’organisations représentatives,
démocratiques et autonomes.
Ces caractéristiques sont d’application pour tous les travailleurs : femmes et hommes, salariés ou indépendants, dans le secteur privé ou public, dans l’économie formelle ou informelle, migrants ou nationaux, pour toutes les activités économiques, y compris la manufacture, l’agriculture, le travail de bureau, le travail intérimaire ou à domicile.
Quelques chiffres
Revenu décent ? Dans le monde, près d’un travailleur sur deux touche
moins de 1,5 € par jour, et plus de 550 millions de personnes gagnent
l’équivalent de 0,75 €. En Belgique, un travailleur sur vingt vit sous le seuil
de pauvreté.
Syndicats ? Quatre pays sur dix connaissent de sérieux problèmes de liberté
syndicale. En 2007, 91 syndicalistes ont été tués et 73 emprisonnés.
Librement consenti ? 12 millions de personnes sont contraintes à un
travail forcé.
Sécurité ? 6.000 personnes meurent chaque jour des suites d’accidents
ou de maladies du travail.
Égalité ? Les femmes sont majoritaires dans l’économie informelle, càd
l’économie non régulée par les pouvoirs publics et n’offrant donc ni
sécurité ni protection sociale. En outre, l’écart salarial entre hommes
et femmes reste persistant dans le monde. Dans l’UE, où cet écart est
le moins marqué, il reste de l’ordre de 17,4%.
Protection sociale ? seulement 20 % de la population mondiale bénéficie
d’une couverture sociale correcte et plus de 50 % n’en a aucune.
Crise ! A cause de la crise économique, le nombre de travailleurs pauvres va s’accroître de 200 millions d’ici fin 2009, dont 140 millions
rien qu’en Asie.

Trois concepts-clés
Investissement direct à l’étranger (IDE) : activité par laquelle un
investisseur résidant dans un pays obtient un intérêt durable et une
influence significative dans la gestion d’une entreprise résidant dans
un autre pays (création d’une entreprise, acquisition, fusion...).
Zone économique spéciale (ZES) : région géographique d’un pays
destinée à attirer les IDE en offrant aux entreprises des avantages
supérieurs à ceux en vigueur dans le reste du pays : exemptions
fiscales, infrastructures de qualité, main-d’oeuvre à bas prix... Dans
le monde, 40 millions de personnes travaillent dans ces zones.
« Course vers le bas » : spirale mondiale de dérégulation (fiscale,
salariale, environnementale...) engendrée par la mise en concurrence
des États par les entreprises. Pour attirer ou conserver les IDE, les
gouvernements du Nord et du Sud réduisent les « contraintes » à
l’investissement et les réglementations considérées comme un frein
aux affaires. Cela passe notamment par la multiplication des ZES.
Ce phénomène a un impact direct sur les conditions de travail des
travailleurs.
Acteurs
Organisation Internationale du Travail (OIT) : fondée en 1919, cette
agence des Nations Unies réunit les représentants des gouvernements,
des employeurs et des travailleurs de 178 Etats membres afin de
promouvoir les droits du travail, encourager la création d’emplois
décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue
social. A cette fin, l’OIT élabore les normes internationales du travail,
veille à leur application et mène des programmes d’appui technique
dans les pays. www.ilo.org
Campagne « Travail décent, vie décente » : unissant plus de 50
organisations des tous les continents, cette campagne lancée au
Forum Social Mondial de Nairobi en janvier 2007 pousse les dirigeants
mondiaux à tenir les promesses faites lors du Sommet Mondial de l’ONU
de septembre 2005. A cette occasion, les leaders de 150 pays s’étaient
en effet engagés à placer l’emploi et le travail décent au cœur de leurs
politiques nationales et internationales. www.decentwork.org
Campagne belge pour le travail décent : sous l’impulsion et la coordination
des coupoles d’ONG CNCD-11.11.11
et 11.11.11-Koepel van de Vlaamse
Noord-Zuidbeweging, la campagne belge pour le travail décent assure chez nous le prolongement de la campagne mondiale. Elle unit une quinzaine de syndicats, d’ONG de développement et d’associations afin de faire connaître le concept de travail décent au public, de collaborer avec des organisations partenaires dans le Sud et de convaincre les décideurs de placer le « travail décent » au centre des politiques internationales de la Belgique et de l’UE. www.travaildecent.be
Sources : OIT, Confédération Syndicale Internationale, Eurostat
Données tirées du magazine Globo n°26 "STOP ! Les travailleurs ne sont pas des outils", juin 2009.


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