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Changements climatiques

16 septembre 2009

Face au climat, des fonds additionnels s’imposent

Les pays riches ne doivent pas utiliser l’argent de l’aide au développement pour payer leur dette climatique. Les conséquences en seraient désastreuses. A l’approche des sommets de l’ONU et du G20,un nouveau rapport d’Oxfam tire la sonnette d’alarme.

Dans son nouveau rapport intitulé « Au-delà de l’aide », Oxfam International annonce qu’au moins 4,5 millions d’enfants pourraient mourir si les dirigeants mondiaux n’octroient pas de fonds additionnels aux pays pauvres pour faire face aux conséquences des changements climatiques. Des fonds qui ne peuvent en aucune façon être détournés des promesses d’aide déjà faites en matière d’aide au développement.

Cet avertissement intervient alors que les dirigeants du monde entier se préparent à rejoindre le président Obama le 22 septembre prochain à New York, dans le cadre du Sommet sur le climat des Nations unies. La réunion sera suivie du sommet du G20 le 24 septembre, où la question du financement de l’adaptation climatique sera à l’ordre du jour.

Pour l’heure, seuls le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni se sont engagés à fournir des fonds additionnels pour l’adaptation des pays pauvres. Si aucune mesure n’est prise dès à présent par l’ensemble des chefs d’État, les négociations sur le climat qui se tiendront à Copenhague en décembre risquent bien d’échouer. Une perspective qui inquiète Oxfam.

Les Objectifs du Millénaire en danger
Jusqu’à présent, de grands progrès ont été accomplis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement. En seulement sept ans, 90 % des enfants dans les pays pauvres ont été inscrits à l’école. Entre 1999 et 2005, une baisse de 24 % du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a été enregistrée. Et entre 1990 et 2007, le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans a chuté de 3,6 millions, malgré la croissance démographique.

Mais en dépit de ces améliorations, les pays pauvres ont du mal à atteindre les OMD et de nombreux objectifs sont encore loin d’être réalisés. Détourner les aides en faveur de l’adaptation climatique mettrait plus à mal encore un système déjà fort sollicité, et entrainera donc une plus grande pauvreté et une vulnérabilité accrue. L’absence de financements supplémentaires pour l’adaptation signifie en effet que des populations se verront privées de nourriture, devront retirer leurs enfants de l’école ou seront contraintes de vendre leur bétail et d’autres biens essentiels pour payer les dettes causées par la succession de mauvaises cultures et d’autres chocs climatiques.

Le rapport d’Oxfam estime que :
- Si l’aide destinée à l’adaptation des pays pauvres est prélevée sur l’aide publique au développement, au moins 75 millions d’enfants pourraient être privés d’école et près de 8,6 millions de personnes pourraient être privées de traitements contre le sida.

- Si au moins 50 milliards de dollars par an ne sont pas débloqués en plus des 0,7% du revenu national brut promis par les pays riches pour financer l’aide au développement, les récents progrès vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) risquent de ralentir et de régresser.

Les efforts paient
« Les fonds doivent être augmentés – et non détournés – pour aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques. Et cela ne peut pas être présenté par les responsables politiques comme un accord ‘deux en un’ : les pays riches ne peuvent pas voler l’argent des hôpitaux et des écoles des pays pauvres pour payer leur dette climatique vis-à-vis des pays en développement » explique Brigitte Gloire, chargée du plaidoyer climat au sein d’Oxfam-Solidarité.

Des projets d’Oxfam dans le monde entier démontrent que les efforts visant à aider les collectivités à s’adapter au changement climatique ont fait leurs preuves. A Char Atra (Bangladesh), où la multiplication des inondations a causé la perte de nombreuses maisons et de vies, 70 % des personnes ont désormais accès à l’eau potable durant les inondations. Les décès dus aux diarrhées ont pratiquement disparu et plus de 100 maisons ont été surélevées au-dessus du niveau des inondations.

De même, l’investissement auprès des petits agriculteurs – comme la formation aux nouvelles techniques agricoles, l’utilisation de semences résistantes à la sécheresse, et le recours à des systèmes d’irrigation efficaces – ont permis d’assurer la disponibilité en nourriture, même en période de sécheresse et de mauvaises pluies.

Dans le monde, 20 millions de personnes sont menacées par la hausse du niveau des mers et 26 millions de personnes ont été directement déplacées à cause des changements climatiques. De nombreuses autres, touchées par la faim, voient leur vie menacée par les chocs climatiques. Le double défi de s’attaquer à la pauvreté et d’atténuer le changement climatique n’a donc jamais été plus pressant.

Plus d’informations :
- Brigitte Gloire : 02 501 67 53 – 0494 58 86 06 – e-mail : bgl(at)oxfamsol.be
- Le rapport "Au-delà de l’aide" (pdf, 39 pages)

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