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Partenariat sud

31 août 2011

Désenclaver les zones rurales en RD Congo

Depuis 1964, Oxfam-Solidarité est de manière ponctuelle en Afrique centrale. Depuis 2005 l’organisation dispose même d’un Bureau de liaison à Bukavu, dans le Sud-Kivu, d’où elle travaille avec différents partenaires locaux pour la mise en œuvre de ses programmes. Voici un aperçu de ceux-ci.

Plusieurs facteurs limitent la capacité d’action d’Oxfam et de ses partenaires dans la région. Parmi ceux-ci la difficile accessibilité de certaines zones et le manque ou le mauvais état des infrastructure, comme les routes.

Un accès particulièrement difficile

La zone des Moyens et Hauts Plateaux de Bunyakiri (au Nord du Sud-Kivu) où Oxfam et son partenaire PADEBU travaillent est très enclavée. La seule route pour y accéder est souvent impraticable, particulièrement lors des grandes pluies tropicales, très fréquente dans cette région. Le seul moyen d’y accéder est de parcourir le trajet à pied. L’acheminement des denrées alimentaires, d’intrants et de biens de première nécessité est dès lors très difficile.

L’état des infrastructures en général laisse également à désirer. Les maisons, les quelques centres de santé et le peu d’écoles sont construites en terre, en paille et/ou en bambou et recouverts d’un toit en tôle. Les places de marché n’ont pas de bâtiments et les marchandises sont vendues à même le sol, avec des conséquences désastreuses pour la qualité des aliments et le développement de maladies. Bien que cette zone regorge de nombreuses rivières, ruisseaux et sources, les points d’eau ne sont ni protégés ni aménagés. Par manque de latrines, de nombreux ménages font leurs besoins aux abords et dans les cours d’eau. Le manque de sensibilisation à l’hygiène sont à l’origine de ce genre de pratiques qui favorisent les maladies hydriques.


Les maux de l’agriculture

La principales cultures dans le Sud et le Nord-Kivu sont le haricot, la pomme de terre, le sorgho, les bananes, les petit pois ou encore l’arachide. À cause de sa topographie spécifique très accidentée, la région présente un risque d’érosion du sol élevé. En outre, le développement de l’agriculture est rendu difficile par un manque d’intrants (semences, outils, noyaux d’élevage), un manque d’encadrement pour les producteurs et les éleveurs et par les maladies qui affectent les cultures et les animaux. Des conditions climatiques fort changeantes (pluies tropicales, tempêtes) et un manque de produits vétérinaires viennent s’ajouter à ces facteurs.

Pour 2011-2012, Oxfam a décidé de poursuivre ses actions humanitaires dans le domaine de la sécurité alimentaire et qui visent principalement les ménages retournés dans leur villages d’origine ou les autochtones extrêmement pauvres. La DG ECHO, le Service d’Aide Humanitaire de la Commission européenne appuie un projet de réhabilitation des populations victimes de conflit dans le territoire de Kalehe au Sud Kivu. La DGD, (Coopération belge au développement) quant à elle soutient un programme de réhabilition pour les populations de Masisi au Nord Kivu et d’Uvira au Sud Kivu, mis en œuvre en partenariat avec ASOP à Uvira et ASPLC à Masisi.

Les activités multiples

Dans le cadre des deux projets susmentionnés, Oxfam-Solidarité et ses partenaires organisent différents projets, dont des formations pour lutter contre l’érosion, la réhabilitation de dessertes agricoles ou encore la mise en place d’activités génératrices de revenus comme une savonnerie ainsi que des unités de transformation de manioc.

Dans les territoires de Masisi, de Kalehe et d’Uvira, les ménages bénéficiaires peuvent choisir un kit composé de semences de haricots ou arachides, d’amarante, de petit bétail (cobayes ou canards) et d’outils aratoires. Ce choix s’effectue en fonction de ce qui leur permettra de relancer leur activité agricole et/ou d’élevage. Tout au long du projet, les ménages sont appuyés techniquement par des agronomes et des vétérinaires, et des formations spécifiques sont également organisées, entre autre en matière de lutte contre l’érosion (Réduction des risques de catastrophes).

Les programmes visent également la réhabilitation de deux axes routiers et la création de quatre marchés via des activités ’argent-contre-travail’. L’objectif est de désenclaver la zone et de faciliter les échanges commerciaux. Un réaménagement des axes routiers permettra également un meilleur accès de l’aide humanitaire à la zone des Hauts Plateaux de Bunyakiri.

Des activités génératrices de revenus sont également prévues. Ainsi, 40 personnes sont formées à Masisi à la pratique des techniques de fabrication des savons et reçoivent un kit de matériel pour se lancer dans la fabrication de savons. A Uvira, trois unités de transformation de manioc seront rendues disponibles dans trois villages et des formations seront dispensées aux meuniers. Des comités de gestion, soutenus pendant les premiers mois du projet, s’occuperont à terme de l’autogestion des unités.
Plus d’infos :
- contactez Elise Steyaert, gestionnaire programme humanitaire RD Congo au 02 501 67 39, ou via est(at)oxfamsol.be
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