social

STOP ! Les travailleurs ne sont pas des outils

5 août 2009

Des ouvriers jouets des actionnaires

Fin juillet, alors qu’en Europe, l’on s’insurgeait contre un accord de libre échange pour l’industrie automobile entre la Corée du Sud et l’Europe, un grand mouvement de grève éclatait précisément en Corée dans le secteur de l’automobile. Un mouvement violemment réprimé par les forces de police.

La France et l’Italie, parmi d’autres pays, craignent les conséquences de l’accord de libre échange entre la Corée du Sud et l’Union européenne sur l’industrie automobile. On pense que cet accord pourrait porter un autre coup fatal au secteur automobile européen déjà durement touché par la crise économique.

Mais le secteur automobile coréen est tout aussi touché par la crise mondiale, comme l’a montré la grande grève de deux jours initiée par la confédération des syndicats coréens (KCTU) et le syndicat coréen du secteur métallurgique.

Les créanciers exigent des licenciements en masse
Cette grève se voulait une protestation entre autres contre la réaction brutale de la police coréenne face à l’occupation de l’usine Ssanyong Motors. Dans cette entreprise d’assemblage en difficultés financières, 36% des ouvriers ont été récemment licenciés suite à des restructurations exigées par les créanciers. Craignant de perdre leur emploi, six cents travailleurs ont décidé d’occuper une partie de l’usine.

Le 20 juillet, la police anti-émeutes a tenté de pénétrer l’usine de force. De son côté, la direction a coupé l’accès à l’eau et à l’électricité. Impossible aussi d’introduire des vivres ou médicaments. Des milliers d’étudiants, membres de syndicats, religieux et autres ont mené des actions de soutien et marches de protestations, toutes durement réprimées.

Les appels de la Confédération syndicale internationale et de l’Organisation internationale du Travail ne furent pas davantage entendus. D’aucuns craignent une fin dramatique à cette occupation.

Vendre les entreprises n’est pas une solution
La crise n’est pas la seule coupable de cette situation. Ainsi, l’usine et ses dettes avaient été vendues à un prix très bas au fabricant de voitures chinois Shanghai Motors. Le but étant de récupérer la valeur réelle de la dette dès que l’entreprise irait mieux (c’est ce qu’on appelle un “fonds vautour” dans les milieux financiers).

En outre, Shanghai Motors en aurait profité pour récolter des informations technologiques quant au développement de voitures hybrides, qui auraient servi à des entreprises chinoises.

Le syndicat estime que les travailleurs ont déjà suffisamment fait de concessions. Seul un investissement des autorités pourrait sauver l’usine et ses travailleurs. Par ailleurs, Shanghai Motors et les autres actionnaires doivent être mis face à leurs responsabilités.

Il est temps que le gouvernement coréen reconnaisse que sa stratégie de revente des entreprises-clés à des investisseurs étrangers ne tenait pas la route. Mais comment amorcer le dialogue si tout mouvement de protestation est réprimé par la force ?

Plus d’infos :
- Histoire complète : http://www.labourstart.org/cgi-bin/...

- Photos de l’action contre les ouvriers de Ssangyong Motors et les groupes de soutien : http://kctu.org/3668