De Bali à Bruxelles, agissons pour le climat

A l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le climat organisée à Bali, Oxfam-Solidarité s’associe aux nombreuses organisations qui appellent les décideurs politiques à jeter les bases d’une politique climatique internationale ambitieuse et équitable. Dans ce cadre, Oxfam-Solidarité participera aussi à la grande mobilisation du 8 décembre 2007 à Bruxelles organisée par la Coalition Climat.
Du 3 au 14 décembre 2007, les leaders politiques du monde entier se réunissent à Bali pour y discuter de l’urgence d’une politique internationale en matière de lutte contre les changements climatiques. Les engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto se terminant en 2012, c’est à Bali que la communauté internationale devra se prononcer sur un accord post-2012. Un accord d’une importance capitale donc, et qui devrait être prêt avant la fin 2009.
Pour la plupart des associations, il est impératif de tenir compte des avertissements émis par les scientifiques : les leaders politiques de la planète doivent tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement global sous les 2°C (par rapport à la période préindustrielle) et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 50% à l’horizon 2050 (80 % pour les pays industrialisés).
" Injustice climatique " ?
Au coeur des discussions relatives à l’évolution du climat, Oxfam-Solidarité dénonce " l’injustice climatique " à laquelle nous assistons et plaide pour plus de cohérence et d’engagements des pays riches dans le financement de l’adaptation aux changements climatiques.
"Injustice", car ce sont en effet les pays les moins responsables des GES qui seront les plus touchés par les changements climatiques. Disparition de sols et de forêts, diminution des réserves en eau et des rendements agricoles, multiplication des pluies diluviennes et des parasites... Ce ne sont là que quelques éléments d’un tableau auquel doivent s’attendre de nombreux pays en développement. Un tableau bien inquiétant lorsque l’on sait que l’exploitation des ressources naturelles (agriculture, pêche, foresterie, etc.) représente la principale source de revenus pour la majorité de la population des pays du Sud, et que les impacts négatifs des changements climatiques sur les écosystèmes naturels vont se répercuter fortement sur la population.
"Injustice", car nous savons bien que les pays du Sud ne disposent pas des moyens financiers pour faire face aux changements climatiques et pour s’y adapter. Et les financements dégagés à ce jour pour permettre aux pays du Sud de s’adapter aux changements climatiques sont loin, très loin, d’être suffisants (voir le tout nouveau rapport d’Oxfam International "Financer l’adaptation").
"Injustice", car ce sont les pays ne disposant pas d’accès à l’énergie qui vont devoir subir les conséquences de la surconsommation énergétique des pays les plus riches. Les mécanismes flexibles prévus dans le protocole Kyoto n’ont jusqu’à présent pas (ou très peu) bénéficié aux pays du Sud (2.8 % des projets liés aux "mécanismes de développement propres" sont en Afrique).
Il est temps d’agir !
Les changements climatiques ne sont que l’un des stigmates d’un modèle de développement non durable et hypothèquent fortement la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement auxquels ont pourtant souscrits, dans un bel élan de solidarité, l’ensemble des pays riches.
Il nous faut donc, dès à présent, rendre justice et être cohérents ! Il est plus qu’urgent de réconcilier enfin développement et environnement en diminuant de manière radicale notre production de gaz à effet de serre. Cette diminution est fondamentale si nous voulons que que tous les habitants puissent jouir des droits humains sans porter atteinte à l’avenir de la planète !
Pour cela, Oxfam plaide pour :
un accord Kyoto post-2012 plus ambitieux et plus contraignant,
un modèle et des politiques de développement (dans le Nord et le Sud) plus durables,
des engagements forts des pays riches pour financer l’adaptation des pays en développement aux changements climatiques. Le coût de l’adaptation est estimé à 50 milliards de dollars par an. Ces financements doivent être additionnels à l’aide publique au développement et les contributions de chaque État doivent être calculées en fonction de sa responsabilités aux changements climatiques et de ses capacités. En outre, les programmes d’adaptation doivent être intégrés dans des plans et des politiques de développement élaborés en concertation avec les organisations de la société civile, et répondre en priorité aux besoins des populations les plus vulnérables ainsi qu’à des critères qualitatifs stricts.
Manifestation le 8 décembre : participez !
La journée internationale d’action contre les changements climatiques aura lieu le 8 décembre. A Bruxelles, une grande manifestation partira à 14h30 à la gare de Bruxelles-Midi et se terminera au Mont des Arts où des stands proposant des solutions concrètes pour le climat (entre autres fournisseurs d’électricité verte) formeront un premier "marché climatique". La journée d’action se terminera par un concert au Cirque royal. Et n’oubliez pas d’apporter vos ampoules !
Toutes les infos utiles se trouvent sur le site www.8dec2007.be. Venez nombreux !
Plus d’infos :
Brigitte Gloire, responsable développement durable Oxfam-Solidarité
Tél : 02 501 67 53 - GSM : 0494 58 86 06 - bgl(at)oxfamsol.be
Le rapport d’Oxfam International "Financer l’adaptation"
Oxfam et le climat : questions et réponses
Notre Globo n°17 (mars 2007) "Réchauffement climatique : qui paie l’addition ?"
Le site de la Coalition Climat


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