Conventions de Genève : joyeux anniversaire ?

Ce mercredi 12 août, le monde célèbre le 60ème anniversaire des Conventions de Genève, qui ont déterminé les bases du droit international humanitaire. Mais pour les millions de civils victimes de conflits armés partout dans le monde, il y a peu de raisons de faire la fête : 60 ans après la mise en place des Conventions, celles-ci restent trop régulièrement bafouées.
Depuis 60 ans, les Conventions de Genève visent à limiter les effets des guerres pour ceux qui ne participent pas (ou plus) aux hostilités. Elles veulent aussi restreindre les méthodes de guerre. Il s’agit donc de donner une dimension plus « humaine » aux guerres et de garantir juridiquement la protection des civils.
Les humanitaires également visés
Oxfam-Solidarité travaille dans des régions où ces règles sont quotidiennement bafouées, au détriment de vies innocentes. Outre les populations civiles locales, le personnel humanitaire est lui aussi durement touché. Depuis 2001, le nombre d’attaques à l’encontre des humanitaires a presque doublé. Une évolution inquiétante, qui montre un manque de respect accru pour l’aide humanitaire pourtant impartiale et indépendante.
“L’impartialité et l’indépendance sont les principes de base des actions humanitaires d’Oxfam-Solidarité” explique Mirjam Van Belle, responsable du service d’aide d’urgence d’Oxfam-Solidarité. "Nous aidons les gens qui en ont le plus besoin, quelle que soit leur appartenance politique, ethnique, sociale ou religieuse. Quant à notre indépendance, elle nous permet d’accéder à des régions peu sûres pour y aider les civils.”
Une promesse en l’air ?
Oxfam-Solidarité estime qu’il est grand temps pour la communauté internationale d’appliquer les Conventions de Genève. Bien souvent, elles constituent la seule protection légale à laquelle les civils puissent faire appel en situation de conflit armé.
“Tous les États signataires des Conventions de Genève se sont engagés à respecter et faire respecter ces règles en toutes circonstances. Mais dans les faits, cette promesse reste trop souvent lettre morte. Les États négligent trop leur responsabilité de protéger leurs citoyens, et l’âme des Conventions se meurt donc jour après jour” déplore Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire pour Oxfam-Solidarité. “Il faut éviter à tout prix de retourner à une situation où chaque gouvernement peut tuer ou chasser les gens à sa guise sur son territoire.”
Plus d’infos :
Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité : sva(at)oxfamsol.be, 02 501 67 42 ou 0485 442 747.
Document : le droit international humanitaire dans le Territoire palestinien occupé/Israël


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